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24 octobre à Montpellier : 7000 personnes dans les rues malgré un véritable siège policier

Mon, 26 Oct 2026 19:40:52 CET

Révolution Permanente

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Arrêté préfectoral, paralysie des transports, blindés du RAID, hélicoptère et complicité policière avec des militants d'extrême droite : la préfecture de l'Hérault avait sorti le grand jeu pour empêcher la mobilisation ce samedi 24 octobre. Mais l'auto-organisation a permis de déborder ce dispositif.

Après un 17 octobre qui s'était soldé à Montpellier par 63 interpellations et plusieurs comparutions immédiates, la préfecture de l'Hérault a mis en place un dispositif préventif et répressif d'ampleur pour l'acte II, ce samedi 24, dans la continuité de la répression à l'échelle nationale. Malgré le dépôt d'un tracé alternatif et un recours en référé-liberté examiné en urgence, le tribunal administratif a validé l'ensemble des mesures anti-démocratiques.

D'abord, un arrêté préfectoral interdisait tout rassemblement et manifestation, de 8h à 22h, dans le centre-ville. Dans la lignée des déclarations de Laurent Nuñez, l'objectif était d'empêcher toute mobilisation. Pour s'assurer que cette interdiction soit respectée, la préfecture a aussi imposé un couvre-feu pour les mineurs et l'arrêt total de la circulation des trams et des bus du réseau Tam !

Ces mesures autoritaires avaient pour but de décourager et d'intimider le plus possible les personnes mobilisées, afin de vider les rues. Pour compléter le tableau, la préfecture a également interdit le port et le transport de matériel de protection, afin de pouvoir verbaliser toutes les personnes bravant l'interdiction et l'absence de transport pour exercer leur droit à manifester. Autant de mesures qui indiquent la fragilité d'un gouvernement qui use de tous ses outils pour empêcher la colère de la jeunesse et des travailleurs de s'exprimer.

Une ville quasiment militarisée

Ces arrêtés liberticides de la préfecture ont été accompagnés par un déploiement policier hallucinant. Dès le matin, de nombreux montpelliérains ont été réveillés par le bruit d'un hélicoptère de la gendarmerie, qui a survolé le centre-ville jusque dans la soirée. L'ensemble de l'Écusson a été verrouillé à chaque coin de rue par des policiers, accompagnés par des drones, mais aussi des dizaines de véhicules et blindés du RAID. Des contrôles préventifs étaient systématiquement effectués et de nombreuses personnes ont été interpellées avant même le début de la manifestation, partout dans le centre-ville. Des magasins barricadés, des agents de sécurité appelés en renfort pour filtrer les entrées des centres commerciaux dans lesquels étaient postés des CRS, donnaient l'impression que Montpellier était sous siège.

En l'absence de rendez-vous officiel, plusieurs points de regroupement ont donc été donnés. De nombreux manifestants se sont dirigés vers la place de la Comédie sans avoir forcément connaissance de l'interdiction de manifester. Des milliers de personnes se sont également réunies à la place Albert 1er, à proximité du local associatif le Quartier Généreux, avant de s'élancer en direction du Corum. Enfin, près de 1500 personnes se sont regroupées à la fac de sciences occupée, à l'appel de l'AG Interprofessionnelle du jeudi 22 octobre qui avait réuni plus de 600 étudiants, lycéens et travailleurs désireux d'organiser la suite du mouvement.

Le cortège parti de la fac des sciences s'est retrouvé rapidement gazé par la police près du stade Philippidès, alors qu'il essayait de rejoindre l'autre cortège à Albert 1er, lui aussi gazé. Devant le nombre de manifestants et après plusieurs tentatives de bloquer l'accès à l'Écusson, le dispositif policier a fini par craquer et la manifestation a pu accéder à la place de la Comédie, faisant reculer les forces de police, qui ont noyé la place de gaz lacrymogènes. Une véritable défaite pour la préfecture, qui n'aura pas réussi à empêcher la colère de s'exprimer. La manifestation s'est poursuivie jusque dans la soirée, où des centaines de personnes ont continué à défiler, et où la police en a profité pour interpeller plusieurs personnes, portant le nombre d'arrestations de la journée à 30.

Une milice d'extrême droite qui joue les auxiliaires de la police

Si le dispositif répressif n'a pas suffi à contenir la colère, la manifestation à Montpellier a été le théâtre scandaleux des exactions d'une milice d'extrême droite, qui voulait servir d'auxiliaire à la police pour s'attaquer aux manifestants. Plusieurs vidéos témoignent de l'action coordonnée d'une vingtaine de personnes provoquant, frappant au sol des manifestants, côte à côte avec les CRS qui les ont même protégés à plusieurs reprises.

Des scènes aussi choquantes que scandaleuses, qui rappellent l'histoire du commando de la fac de droit qui avait attaqué, en 2018, de manière ultraviolente des étudiants mobilisés, en coordination avec la police.

La colère est toujours là et brave la répression : quelles suites donner au mouvement ?

Mais en dépit de tous les efforts du régime et de l'extrême droite pour empêcher la mobilisation, cette journée du 24 octobre a été une réussite importante et marque un nouvel échec pour le gouvernement et sa brutale contre-offensive autoritaire. Au total, 7000 personnes ont pris la rue à Montpellier et 800 000 au niveau national.

Alors que les principaux syndicats départementaux se sont adaptés aux arrêtés liberticides de la préfecture, à l'image de la CGT qui appelait à manifester à Béziers plutôt qu'à Montpellier, l'initiative de l'AG interprofessionnelle montre une autre voie. En s'organisant à la base, les étudiants et travailleurs mobilisés ont pu résister aux attaques autoritaires du régime. Alors qu'il y a de nombreux appels pour un acte III, samedi 31 octobre, et que la date du 5 novembre se profile à l'horizon de laquelle la CGT à appeler à généraliser la grève, il faut continuer de poursuivre la structuration du mouvement par en bas et prendre la CGT au mot : préparer la grève nationale du 5 novembre pour que la date soit la plus massive possible et militer pour sa reconduction le 6 et au-delà. Alors que le macronisme est une nouvelle fois sonné par l'ampleur du mouvement, il y a urgence à ce que le mouvement ouvrier, avec sa force stratégique, rentre dans la bataille. Les assemblées interprofessionnelles qui commencent à se construire doivent ainsi se multiplier, comme ce jeudi à la fac de science à Montpellier !

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