Congrès du RN à Orléans : des milliers de jeunes et de travailleurs pour s'opposer à l'extrême droite
Mon, 26 Oct 2026 20:11:04 CET
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalSamedi 24 octobre, 26 000 personnes ont manifesté à Orléans contre le congrès du Rassemblement national, l'extrême droite et ses idées. Une mobilisation d'ampleur qui montre que c'est dans la rue que l'on pourra faire reculer durablement l'extrême droite et les politiques qui lui pavent la voie.

Depuis plusieurs mois, de nombreuses organisations syndicales, politiques et associatives avaient prévu de se mobiliser ce week-end du 24 et 25 octobre à Orléans contre la tenue du congrès du Rassemblement National. La massivité de la manifestation de samedi, et ce malgré le gigantesque dispositif policier déployé pour protéger notamment le RN, a démontré une volonté de s'affronter dans la rue à l'avancée de l'extrême droite.
Un dispositif répressif qui cherchait à dissuader
Depuis plusieurs jours, le maire d'Orléans Serge Grouard et le préfet avaient annoncés un énorme dispositif policier pour le weekend du 24 et 25 octobre afin de dissuader les manifestants de prendre la rue contre l'extrême droite. Dans les jours qui ont suivi le 17 octobre, la ville s'est progressivement recouverte de policiers et le week-end même, la préfecture a déployé 2000 CRS et gendarmes mobiles en renfort, en complément des environs 500 policiers et gendarmes locaux. Si on ajoute à ça les checks-points aux ponts de la ville, les contrôles aux entrées de la ville, les commerces fermés, les transports à l'arrêt et le quadrillage policier, le résultat est un énorme dispositif policier mis en place pour tenter de dissuader les manifestants samedi.
La préfecture a aussi changé le parcours de la manifestation pour l'éloigner du centre-ville et a interdit l'autre manifestation prévue le 25 qui avait pour objectif d'aller vers le meeting du RN dans la partie sud de la ville. Comme à Paris et dans toute la France, ces interdictions et changement de parcours avaient pour but de renforcer la confusion du côté des manifestants et décourager une partie à prendre la rue. Pourtant, malgré ce dispositif sécuritaire d'une ampleur inédite à Orléans, la journée de mobilisation contre le Rassemblement National ce 24 octobre a été une réussite remarquable par sa massivité.
Une manifestation massive malgré les provocations policières
Après s'être retrouvés à 10h30 place du théâtre, plusieurs milliers de lycéens, d'étudiants, de travailleurs, de retraités et de sans-papiers ont commencés à s'élancer à l'Est de la ville sur le parcours imposé par la préfecture.
Dans la dizaine de cortèges présents, de nombreux gilets syndicaux de travailleurs de secteurs comme la santé, l'énergie, les transports ou l'éducation mais aussi des milliers de travailleurs venus remplir les cortèges associatifs et politiques. Des lycéens d'Orléans étaient en tête de la manifestation, avec la détermination et la joie qui caractérise cette génération en lutte depuis des semaines malgré la répression du gouvernement. Parmi les organisations étaient présents les syndicats CGT, Solidaires, CFDT, FSU mais aussi la Marche des Solidarités, la LDH, le NPA-A, La France Insoumise, Tsedek, Urgence Palestine, l'UCL ou encore Le Poing Levé.
De quelques milliers de manifestant au départ, la manifestation n'a cessé de croitre à mesure qu'elle avançait avec un total de 26 000 personnes présentes selon les organisateurs. Sur la dernière portion du parcours avenue Jean Zay, une véritable marée humaine s'étendait à perte de vue sous le regard des habitants du quartier postés à leurs fenêtres dont beaucoup encourageaient les cortèges. Pour tous les habitants d'Orléans présents, la manifestation avait un caractère historique par son ampleur.
Après la manifestation, des milliers de personnes ont participé au « village antifasciste » qui s'est tenu toute la journée jusqu'en début de soirée avec de nombreux stands politiques, syndicaux et associatifs mais aussi des prises de paroles et des animations culturelles.
Non content d'avoir mis la ville sous état de siège et alors que se déroulait une assemblée générale devant le village antifasciste, la police est venue provoquer les manifestants présents en tentant d'interpeller l'un d'eux. Après une riposte collective face à cette provocation éhontée, les dizaines de CRS ont été contraints de quitter les lieux et de relâcher le manifestant interpellé.
Le dimanche 25 et malgré l'interdiction de manifester émise par la préfecture, plus d'une centaine de personnes ont défilé derrière une banderole antifasciste en direction du meeting du Rassemblement National qui se tenait au Palais des Congrès d'Orléans.
Des centaines de manifestants et travailleurs sans-papiers empêchés de se mobiliser, solidarité !
Alors qu'ils s'apprêtaient à rejoindre la manifestation, 3 cars avec dedans de nombreux collectifs de sans-papiers, de syndicalistes et de militants de quartiers populaires ont été arrêtés à l'entrée de la ville par la police. Après les avoir empêché d'avancer pendant plus de 3h et avoir menacé de retenue administrative des camarades sans papiers présents, les cars ont été contraint de reprendre la route vers leur point de départ.
En empêchant de manifester ces centaines de personnes et plus particulièrement les collectifs de travailleurs sans-papiers, la préfecture s'inscrit dans la continuité des politiques répressives et racistes des deux quinquennats de Macron. En entravant la mobilisation contre le congrès du Rassemblement National et en utilisant ces méthodes, Grouard et la préfecture du Loiret pavent la voie à une accession au pouvoir du Rassemblement National.
Face à cette répression abjecte et raciste contre le droit de manifester, il faut apporter toute notre solidarité avec les militants et personnes dont la police a empêché la venue à Orléans. Il est par ailleurs déplorable que les organisateurs du village antifasciste n'aient pas cherché dénoncer massivement cette répression dès qu'elle a eu lieu, ce qui aurait pu permettre de contraindre la préfecture de laisser les cars rejoindre le reste des manifestants. La lutte contre l'extrême droite ne peut pas être dissociée de la lutte contre le racisme et pour les droits des sans-papiers, à commencer par le droit de manifester.
Seule la rue pourra faire reculer l'extrême droite
Si la date de mobilisation contre la venue du RN à Orléans était annoncée depuis plusieurs mois, la séquence politique actuelle en a fait un événement central dans la lutte contre l'extrême droite, l'autoritarisme. La massivité du 24 octobre à Orléans est un signal de la volonté de larges secteurs de refuser la passivité face à l'avancée de l'extrême droite, et de lutter contre les idées racistes et réactionnaires dans la rue. Contre toute illusion selon laquelle il serait possible de combattre durablement l'extrême droite dans les urnes, il y a urgence à articuler la lutte contre le RN avec celle contre les politiques qui lui pavent la voie. De Macron à la gauche institutionnelle, ceux qui ont gouverné ces dernières décennies ont mené des politiques racistes et xénophobes qui nourrissent la progression de l'extrême droite. Pour la faire reculer, il faut donc combattre à la fois l'extrême droite et ceux qui lui pavent la voie.
L'attentat raciste à Trappes et La Verrière du vendredi 23 octobre, dont le caractère raciste ne laisse aucun doute, a été un véritable électrochoc dans le pays sur les conséquences mortifère du développement de l'extrême droite et de ses idées. Les agressions par des groupuscules d'extrême droite contre des manifestants le 24 octobre dans plusieurs ville de France comme Nice, montrent qu'ils savent être les alliés du gouvernement lorsqu'il s'agit de rétablir « l'ordre » et s'attaquer aux revendications du mouvement social.
Comme l'expliquait samedi à Orléans Alexis Durey, porte-parole et militant au Poing Levé : « Pour faire reculer le Rassemblement National et ses idées, la meilleure méthodes c'est de faire gagner la mobilisation en cours, et ça passe par la construction de la grève générale ». Dans cette perspective, il est urgent d'amplifier le mouvement, en s'appuyant notamment sur la prochaine échéance de mobilisation du 31 octobre. Il faudra pour cela construire et développer les assemblées interprofessionnelles pour construire le mouvement par en bas, préparer la date de grève et de mobilisation intersyndicale appelée le 5 novembre prochain.