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Annonces du gouvernement : des miettes et des arnaques pour éteindre la mobilisation et sauver la sélection

Mon, 26 Oct 2026 21:42:55 CET

Révolution Permanente

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Face à la colère lycéenne, le gouvernement vient d'annoncer une série de miettes pour tenter d'éteindre la colère de la jeunesse, sans bien sûr remettre en cause la sélection ni répondre au manque de moyens. Derrière ces fausses concessions, une stratégie pour étouffer la mobilisation, tandis que la répression se poursuit.

À l'issue d'une réunion entre les ministres et des représentants lycéens, le gouvernement a annoncé, ce lundi 26 octobre, une série de mesures censées répondre à la colère lycéenne qui s'exprime depuis maintenant plus d'un mois. Sans surprise, bien loin de répondre aux revendications du mouvement, le gouvernement leur propose un mélange de miettes et d'arnaques. Ces « concessions » doivent d'ailleurs presque toutes prendre effet à la rentrée 2028, de quoi, bien sûr, éviter d'engager le gouvernement avant les élections de 2027.

Première de ces annonces, le gouvernement a annoncé une réforme de Parcoursup afin de rendre la plateforme « plus transparente » dès 2027. Il envisage également de la remplacer en 2028, sans donner davantage de précisions. Autrement dit, les lycéens des quartiers populaires continueront d'être discriminés en fonction de leur établissement d'origine, mais au moins ils en auront l'explication.

Deuxième annonce : l'ouverture de 15 000 places supplémentaires sur Parcoursup, alors que le nombre de lycéens privés d'affectation en sortie de terminale monte à… plus de 125 000. Une goutte d'eau par rapport au nombre croissant de sans-facs et de nouveaux étudiants chaque année. En effet, selon le ministère lui-même, le nombre d'étudiants supplémentaires en 2026 s'élèverait à 26 000, tandis qu'il serait de 18 000 en 2027.

Troisième annonce : l'autorisation de 4 milliards d'euros de prêts de l'État « à des taux préférentiels » aux collectivités territoriales. Une farce, alors que les collectivités sont d'ores et déjà affectées par le manque de moyens et le gouvernement leur demande dans le même temps 5,4 milliards d'économies, tandis que l'armée doit, quant à elle, recevoir 6,4 milliards d'euros supplémentaires dans le budget 2027. Bien sûr, pour elle, il ne s'agit pas d'un prêt, mais d'une hausse gracieuse de son budget. A cela s'ajoute un milliard d'euros supplémentaire pour rénover les universités, pour lesquels le gouvernement avait retiré ... 1 milliard de budget en 2025, avant de nouvelles mesures d'austérité en 2026.

Quatrième annonce : le plafonnement du nombre d'élèves par classe de seconde à 28. Une mesure symbolique et molle, qui n'aura aucune réalité sans hausse du budget, à l'image du repas à 1 € pour tous, qui n'est déjà plus appliqué sur ordre du CNOUS, faute de moyens pour le mettre en place.

Dans le même temps, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé l'annulation des « 836 suppressions de postes qui étaient prévues dans le second degré public » ainsi que la création de « 500 postes de professeurs supplémentaires dans le second degré public à destination des lycées ». Mais ces annonces ne remettent pas en cause l'ensemble des suppressions inscrites au budget 2027, qui prévoit toujours 1 588 suppressions de postes d'enseignants titulaires, dont 1 250 dans le public. Quant aux 920 recrutements annoncés pour assurer les remplacements, ils concernent des enseignants contractuels précaires. Loin de répondre aux besoins des établissements, ces mesures s'inscrivent dans la poursuite de la casse structurelle de l'Éducation nationale et du maintien de l'austérité budgétaire.

Cinquième annonce : l'indexation des bourses sur l'inflation. Une concession extrêmement limitée, qui conduira au mieux à une augmentation de quelques euros des revenus des étudiants boursiers. Mais derrière cette annonce, l'entourloupe est évidente : cette hausse ne fera que compenser le gel des APL prévu dans le budget 2027, qui frappera presque exactement les mêmes étudiants. Autrement dit, le gouvernement ne fait que rendre d'une main ce qu'il avait pris de l'autre.

En somme, le gouvernement radicalisé de Macron et Lecornu présente quelques miettes, en espérant ainsi calmer la colère à l'approche de la rentrée des vacances de la Toussaint. Pourtant, loin de constituer des concessions, il s'agit d'une tentative grossière de tromper les jeunes mobilisés.

Les annonces sur Parcoursup constituent, dans ce sens, une véritable arnaque visant à désamorcer la mobilisation lycéenne. Pas question de mettre fin aux mécanismes de sélection, ni même d'en réduire la portée, alors qu'il s'agit d'une revendication phare du mouvement. Au contraire, le gouvernement assume sa politique de sélection sociale en promettant davantage de transparence tout en se gardant bien d'évoquer « Bienvenue en France », sa dernière offensive majeure en date contre l'accès aux études supérieures.

Surtout, ces miettes ne sont que la « carotte » qui accompagne les coups de bâton qui frappent depuis des semaines la jeunesse mobilisée. Ce sont ainsi plus de 8 000 personnes qui ont été interpellées depuis le début du mouvement, des centaines qui ont été blessées par la police, avec notamment plusieurs yeux crevés et des mains arrachées, comme ce samedi 24 octobre à Toulouse. À l'heure actuelle, ce sont des centaines de jeunes qui croupissent dans les geôles du pouvoir, notamment des lycéens des quartiers populaires.

Après deux journées de mobilisation massives et déterminées, qui ont mis le gouvernement en difficulté, et alors que la journée du 5 novembre ouvre la perspective d'une grève nationale largement suivie, avec pour objectif de bloquer l'économie, l'heure n'est pas à la négociation. Non seulement nous ne céderons pas avant d'avoir obtenu la suppression complète de Parcoursup et de l'ensemble des outils de sélection, avant d'avoir obtenu des hausses drastiques des moyens dans l'éducation et l'enseignement supérieur, prises sur les profits des Patrick Pouyanné ou Bernard Arnault qui s'engraissent sur le dos des travailleurs et des classes populaires, avant des embauches massives de professeurs, de soignants, de psychologues dans l'ensemble des établissements scolaires. Mais nous ne cesserons pas non plus de nous battre avant d'avoir arraché l'amnistie totale de l'ensemble des réprimés du mouvement.

Alors que le gouvernement cherche désespérément une porte de sortie, l'enjeu est de ne pas se laisser enfermer dans le piège des fausses concessions, à l'image des organisations syndicales qui multiplient les rendez-vous de négociation avec le gouvernement. Au contraire, la fragilité du gouvernement doit nous pousser à étendre la mobilisation, à renforcer son organisation et à l'étendre au monde du travail. Nous ne nous laisserons pas acheter par les miettes promises par Macron : au Poing Levé, nous appelons à poursuivre la révolte et à construire la grève générale à la rentrée et sa reconduction au-delà du 5 novembre, en la préparant dès maintenant à travers des assemblées interprofessionnelles qui permettent aux lycéens, aux étudiants et aux travailleurs de s'organiser ensemble et de faire converger les colères pour s'affronter à Macron, au régime pourrissant de la Ve République, pour reprendre le contrôle sur notre avenir, confisqué par l'austérité, la militarisation et le capitalisme.

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