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Près du Havre, débrayage chez Safran pour les salaires et convergence avec les lycéens

Sun, 25 Oct 2026 23:33:27 CET

Révolution Permanente

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Une centaine de salariés de Safran Nacelles, à Gonfreville-l'Orcher, ont débrayé jeudi 22 octobre pour réclamer 100 € nets d'augmentation de salaire. Sur le piquet, cinq lycéens sont venus échanger avec les travailleurs et préparer la prochaine journée de mobilisation du 5 novembre.

Débrayage pour les salaires face aux bénéfices records de Safran

Une centaine de salariés de Safran Nacelles ont débrayé jeudi 22 octobre devant leur usine de Gonfreville-l'Orcher, près du Havre, pour réclamer des augmentations de salaire. Alors que les bénéfices du groupe devraient passer de 3,2 milliards d'euros en 2023 à 6,5 milliards en 2026, les augmentations accordées aux salariés diminuent : elles sont passées de 5,5 % en 2023 à 2,2 % en 2026. Un décalage d'autant plus criant que le coût de la vie continue d'augmenter.

Face à cette situation, les grévistes réclament 100 euros nets supplémentaires par mois pour défendre leur pouvoir d'achat. « Mais un pouvoir d'achat digne, qui soit fondé sur du salaire », insiste Olivier Bonmartel, représentant syndical CGT. La direction leur a en effet proposé une prime carburant versée en fin d'année, qu'elle qualifie elle-même d'« anecdotique et symbolique ». Une réponse dérisoire face à l'inflation, qui ne répond pas à leur revendication d'une véritable hausse des salaires.

Faire converger les luttes face à la crise sociale

Pour les travailleurs mobilisés, l'inflation et la crise politique rendent le moment propice pour intensifier la lutte. Alors que le gouvernement cherche à désamorcer la convergence des colères, la journée du 17 octobre a montré le potentiel d'une jonction entre les différents secteurs mobilisés. Pour les grévistes, il faut désormais amplifier cette dynamique.

« On sent qu'il y a en ce moment un terrain propice pour la convergence des luttes. On se bat tous pour le même intérêt, celui de la population, pour offrir un avenir digne à nos enfants. Et pour ça, il faut un vrai partage des richesses. C'est pour ça qu'on prépare le 5 novembre », explique Jenny Grandet, représentante syndicale CGT.

Une délégation lycéenne pour faire vivre la convergence et préparer le 5

Cette convergence s'est concrètement manifestée sur le piquet de grève, où cinq lycéens sont venus à la rencontre des salariés de Safran. Sarah, lycéenne, a pris la parole devant les travailleurs en grève : « On est venus parce qu'on voulait d'abord vous remercier d'avoir été là sur nos mobilisations des dernières semaines. C'est important que l'on fasse cette jonction lycéens et ouvriers. Sans vous et sans vos méthodes de lutte, la mobilisation peut s'étouffer. Alors on est là à vos côtés pour préparer la suite ! »

Olivier Bonmartel souligne également l'importance de cette rencontre. En se mobilisant pour leur avenir, les lycéens ont réveillé les travailleurs et leur donnent une nouvelle impulsion : « On n'est pas que sur le quotidien, on est aussi sur le long terme ».

Les travailleurs de Safran prévoient de nouveaux débrayages dans les prochaines semaines pour poursuivre leur bataille salariale et l'inscrire dans une dynamique de mobilisation plus large. Olivier Bonmartel a ainsi appelé les travailleurs à participer massivement à la journée de grève du 5 novembre, qui pourrait peser sur l'économie : « Parce que ça ne va pas être un samedi, mais un jeudi, un jour travaillé ». Il a également invité les lycéens à rejoindre les cortèges aux côtés des travailleurs, dans la continuité de leurs mobilisations des dernières semaines.

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