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Attentat raciste à Trappes : le tueur voulait « venger les commerçants », l'État et le RN sont responsables

Sat, 24 Oct 2026 16:58:49 CEST

Révolution Permanente

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Des révélations du Monde confirment le mobile raciste présumé du tireur et pointent la responsabilité de la rhétorique martelée par le gouvernement et l'extrême-droite depuis une semaine dans son passage à l'acte.

Après le terrible attentat raciste qui a frappé les Yvelines, ce vendredi 23 octobre, le journal Le Monde révèle aujourd'hui de nouveaux éléments au sujet des motivations du tireur qui a abattu un jeune homme de 26 ans, Pengo Bossio Wangi, à Trappes, et blessé grièvement plusieurs autres personnes à La Verrière. En particulier, l'enquête du journal confirme le mobile raciste du tireur.

« Selon les informations du Monde obtenues de sources concordantes », l'individu aurait ainsi revendiqué lors de son interpellation d'avoir « vengé les commerçants », dont les magasins auraient été pillés le 17 octobre, en s'en prenant « aux Noirs et aux Arabes ». Des déclarations qui montrent que le passage à l'acte dramatique de vendredi s'inscrivait pleinement dans le contexte de surenchère raciste et autoritaire post-17 octobre, alimenté par le gouvernement et l'extrême-droite.

Une offensive médiatique qui a offert un boulevard à l'extrême droite et à sa propagande raciste : Eric Ciotti a dénoncé le « fascisme rouge » qui ferait alliance avec « l'islamisme », parlant d'une « intifada française », tandis qu'Eric Zemmour a présenté les pillages comme la conséquence de la lecture du Coran. Lundi sur CNews, Jordan Bardella dénonçait de son côté l'action de « prédateurs de banlieues, hordes déracinées de sauvages qui se trouvent de l'autre côté du périphérique ». En outre, l'attentat a conduit de nombreux militants à ressortir des discours du Président du RN où ce dernier pointait la ville de Trappes en parlant d'une « République islamique en miniature ».

Des déclarations d'un racisme totalement décomplexé, associées à l'évocation ad nauseam du spectre de la guerre civile, qui ont créé un climat propice à un attentat comme celui qui s'est déroulé vendredi, mené par un individu lui-même vraisemblablement gagné aux idées de l'extrême droite la plus violente. La perquisition à son domicile, qu'il avait piégé avec trois bonbonnes de gaz reliées à un minuteur, s'est en effet soldée par la découverte d'un exemplaire de Mein Kampf.

Alors que le gouvernement et le RN ont dénoncé l'attaque, celle-ci est inséparable de la surenchère raciste qui a marqué la semaine et de l'offensive politique et visant les mobilisations du 17 octobre. Plus que jamais, la mobilisation actuelle doit être un levier pour s'opposer à l'extrême droite, au racisme et à l'islamophobie, ainsi qu'aux politiques qui les nourrissent. Depuis près de dix ans, le macronisme emprunte des pans entiers du programme du RN et contribue à alimenter cette dynamique. Un rassemblement avait lieu ce samedi après-midi à Trappes, toutes nos pensées vont aux victimes et à leurs proches.

Crédits photo : Capture d'écran France Info

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