Liberté de manifester : l’État ne choisit pas qui a le droit de protester !
Fri, 23 Oct 2026 15:26:07 CEST
Union Syndicale Solidaires
Ouvrir l'originalL’Union syndicale Solidaires dénonce les récentes déclarations d’Emmanuel Macron ainsi que celles de plusieurs membres du gouvernement. Les mesures annoncées ces derniers jours restreignent la liberté de manifester, encouragent la délation et menacent les droits fondamentaux. Sous couvert de « rétablir l’ordre », le gouvernement engage une fuite en avant sécuritaire qui fait peser de graves menaces sur les libertés publiques et l’État de droit.
Le droit de manifester piétiné !
Le 22 octobre, le président de la république a annoncé la consigne générale : « pas de manifestations dans les prochains jours ». Et ajouté que les demandes déposées par des organisations syndicales seraient examinées, des parcours alternatifs proposés par les préfectures, tandis que les manifestations déclarées par d’autres personnes ou collectifs seraient interdites.
Avec ces propos, c’est une nouvelle ligne rouge qui est franchie. L’Union syndicale Solidaires rappelle qu’il n’y a pas d’un côté des personnes légitimes à exprimer leur colère et de l’autre, des personnes qui devraient se taire. Le droit de manifester appartient à toutes et tous, syndiqué·es ou non, étudiant·es, lycéen·nes, salarié·es, privé·es d’emploi ou retraité·es. Les organisations syndicales n’ont aucun monopole sur la contestation sociale. La liberté de manifester ne dépend ni de l’appartenance à une organisation, ni de l’approbation du pouvoir.
L’Union syndicale Solidaires soutient les contestations portées notamment par la Ligue des droits de l’Homme, en réaction aux interdictions de manifestations et restrictions aux libertés fondamentales. Nous soutenons les recours engagés pour faire respecter l’État de droit. Nous exigeons que le droit de manifester soit garanti partout et pour toutes et tous.
Organiser la délation n’est pas une politique de sécurité !
L’annonce par le ministre de l’intérieur de la création d’une plateforme permettant la transmission des photos et des vidéos pour identifier des personnes soupçonnées de violences, de dégradations ou de pillages est une nouvelle étape dans cette escalade sécuritaire.
L’Union syndicale Solidaires refuse qu’un climat de suspicion généralisée envers les manifestant·es s’installe et dénonce la logique de délation encouragée par les autorités. Nous refusons une société où chacun·e serait appelé·e à surveiller et dénoncer les autres, pendant que les violences commises par les forces de l’ordre restent impunies.
Darmanin veut prolonger la sanction jusque dans l’entreprise
Le garde des Sceaux appelle les procureurs à requérir des interdictions de manifester, des suspensions de droits civiques, notamment du droit de vote, et des restrictions d’accès aux réseaux sociaux, franchissant ainsi un nouveau cap. Après avoir rédigé une circulaire permettant de puiser dans les aides sociales des receleurs d’objets dérobés à l’occasion des pillages, il souhaite également que les employeurs soient informés lorsque leurs salarié·es sont condamné·es pour des faits commis dans le cadre des événements récents.
La justice ne peut devenir un instrument de mise au pas politique et sociale. Le droit de vote et le droit de manifester sont des droits fondamentaux, pas des privilèges que le pouvoir pourrait retirer pour afficher sa fermeté.
L’Union syndicale Solidaires dénonce ces méthodes utilisées dès qu’il s’agit de la colère sociale. Le deux poids, deux mesures est insupportable. La justice ne doit pas être implacable avec les contestations populaires et accommodantes avec les puissant·es…
Un état d’urgence qui ne dit pas son nom
Interdictions de manifestations, restrictions des parcours, couvre-feu, déploiement militaire, les mesures annoncées ces derniers jours dessinent une fuite en avant sécuritaire insupportable. Le deux poids, deux mesures est flagrant, comme à Lyon où les autorités imposent un couvre-feu et interdisent des manifestations, mais laissent des groupes d’extrême droite néonazis défiler. Quand il s’agit de réprimer les colères populaires, l’État ne manque pas de moyens. En revanche, quand l’extrême droite parade, il lui déroule le tapis rouge !
Sans déclarer formellement l’état d’urgence, le pouvoir banalise des restrictions qui font peser de graves menaces sur les libertés publiques. La multiplication des interdictions, des couvre-feu et les menaces adressées aux personnes mobilisées ne répondent ni aux revendications sociales ni aux raisons profondes de la colère.
L’Union syndicale Solidaires exige le respect effectif de la liberté de manifester, l’abandon des interdictions générales et disproportionnées et le respect des droits fondamentaux. Nous demandons également que les revendications de la jeunesse et de l’ensemble des personnes mobilisées soient enfin entendues.
Nous ne laisserons pas le gouvernement décider de qui a le droit de contester sa politique. La liberté de manifester est un droit, pas un privilège accordé par le pouvoir.