Retour

Grégoire, Payan, Doucet : les mairies PS réclament plus de police face à la mobilisation

Fri, 23 Oct 2026 21:40:30 CEST

Révolution Permanente

Ouvrir l'original

En réclamant davantage de moyens policiers face à la mobilisation, Grégoire, Payan et Doucet se font les relais locaux de la politique sécuritaire du gouvernement. Face à cette offensive, il faut une réponse auto-organisée de la jeunesse et du monde ouvrier.

Couvre-feux, interdictions de rassemblements et de manifestations, déploiement de l'armée et du GIGN aux côtés des CRS pour la journée du 24 octobre : l'État mobilise ses moyens répressifs pour contenir la contestation massive lancée par les lycéens. Pour justifier cette réponse sécuritaire, le gouvernement martèle sur les plateaux télévisés son discours sur la présence massive de casseurs et de pilleurs lors de la journée du 17 octobre.

Les municipalités PS et Ecologistes se rendent complices de cette criminalisation du mouvement en apportant leur soutien au dispositif sécuritaire du gouvernement et en réclamant davantage de forces de police. Ce jeudi, les maires Benoît Payan, Emmanuel Grégoire et Grégory Doucet se sont réunis avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avec pour priorité le rétablissement de l'ordre bourgeois.

Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, dit qu'il aurait souhaité que les policiers interviennent plus fréquemment contre les casseurs en questionnant le gouvernement sur le « sous-dimensionnement des effectifs de police » et sur sa « stratégie de maintien de l'ordre ». Pour renforcer ce dispositif répressif, il compte déployer la police municipale ce week-end, en soutien aux forces de répression, inscrivant ainsi son action dans la continuité des missions de flicage permanent, notamment contre les migrants, qui avaient marqué le mandat d'Anne Hidalgo.

À Marseille, le maire Printemps marseillais Benoît Payan accuse le gouvernement d'avoir abandonné la cité phocéenne, et réclame davantage de présence policière depuis le 17 octobre. Alors même qu'une répression féroce des manifestants a été mise en place par la préfecture, avec l'usage de deux blindés « Centaure » de la gendarmerie, des centaines de grenades à gaz lacrymogènes tirées et des charges et violences
policières nombreuses en matinée, le maire marseillais en veut plus de la part du gouvernement. Cette répression se poursuit encore avec l'aval de l'édile par un couvre-feu généralisé pour ce samedi en plus de ceux contre les mineurs cette semaine et la fermeture des transports en commun. Cette position de la majorité Printemps marseillais, coalition ex-PS, PCF et EELV notamment, est dans la droite lignée de celle déjà tenue durant les révoltes pour Nahel. En juillet 2023, le lobbying répressif de Benoît Payan avait fini par obtenir l'envoi de renforts massifs, dont la présence de corps spéciaux de la BRI et du RAID
qui ont fait de nombreux blessés et au moins un mort dans les rues de Marseille durant cette période.

Le maire de Lyon Grégory Doucet, quant à lui, prend pleinement part au dispositif sécuritaire déployé par la préfecture durant les heures de couvre-feu en doublant ses effectifs de nuit, comme on peut le lire sur l'une de ses publications. Cela alors même qu'une manifestation rassemblant une centaine de néonazis a pu circuler librement dans les rues de la Presqu'île de Lyon sous couvre-feu.

Les prises de position de ces maires contribuent à occulter les violences policières du 17 octobre : une main arrachée à Saint-Étienne et plusieurs personnes éborgnées. Les circonstances de ces violences restent passées sous silence par les autorités.

Ces élus de gauche, soutenus lors des élections municipales par le retrait des candidats de La France Insoumise dans les cas de Lyon et de Marseille, témoignent de la politique strictement sécuritaire que cette gauche souhaite mettre en place pour préserver les intérêts du patronat. Derrière l'illusion de la recherche d'une « solution politique » de la part du gouvernement, qui passerait par une conciliation avec les directions syndicales, l'objectif réel est d'enfin briser la radicalité de la jeunesse mobilisée.

Dès demain et dans les prochains jours, la mobilisation doit continuer contre la répression et le tournant autoritaire mené par le gouvernement. La préparation de la grève générale du 5 novembre par en bas, via des assemblées interprofessionnelles qui permettent de joindre des secteurs de la jeunesse et du mouvement ouvrier et une donnée essentielle pour mettre en échec le gouvernement et ses alliés.

/ / / / / / / / / /