« Une brèche s'ouvre » : au technicentre de Châtillon, une convergence étudiants-ouvriers le 17 octobre
Fri, 23 Oct 2026 14:01:50 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLe 17 octobre, au départ du technicentre SNCF de Châtillon, plus de 300 cheminots, étudiants, syndicalistes et travailleurs de différents secteurs étaient présents devant le technicentre pour appeler à la grève et à la convergence des luttes.

Le 17 octobre, devant le technicentre SNCF de Châtillon, les cheminots avaient donné rendez-vous aux étudiants, aux lycéens et aux travailleurs d'autres secteurs pour se lier à la mobilisation de la jeunesse et se mobiliser contre la vie chère et l'austérité. En effet, depuis plusieurs semaines, le mouvement de jeunesse qui secoue le pays est dans toutes les discussions. Dès le 14 octobre, une assemblée générale avait réuni plusieurs dizaines de travailleurs du technicentre pour discuter de la situation politique que traverse le pays. Pour Clément Allochon, élu SUD-Rail et dépanneur : « Les collègues ont vu qu'il se passait quelque chose dans ce pays et étaient nombreux à être solidaires de la jeunesse qui se mobilise dans les lycées et les universités. On était nombreux à vouloir se mobiliser le 17 parce que, quand il y a une occasion comme celle-ci qui s'ouvre, il faut y aller pour tenter de construire un mouvement d'ensemble qu'on est nombreux à espérer. »
Un pôle de plusieurs secteurs pour appeler à construire la grève et un mouvement d'ensemble
Le 17 octobre, devant Châtillon, la nécessité de construire un mouvement interprofessionnel est au centre des discussions. Plusieurs prises de parole de cheminots syndiqués ou non, d'étudiants, d'infirmiers, de salariés de Carrefour ou encore de militants de l'union locale se succèdent. Pour l'occasion, plusieurs délégations d'étudiants de Paris 1, de Jussieu, de l'UPC ou encore des Beaux-Arts ont fait le déplacement pour répondre à l'appel des cheminots. Raphaël, étudiant aux Beaux-Arts, explique qu'après être venus tracter cette semaine pour créer des liens et appeler à la mobilisation, ils sont revenus pour « poser une première pierre pour que la mobilisation continue, pour une grève générale et pour construire une alliance entre les travailleurs et les étudiants ».
« On vient du quartier latin pour vous rejoindre ici. Le 17 octobre, c'est une première pierre qu'on est en train de poser ensemble pour que la mobilisation continue, pour une grève générale » — Raphaël, étudiant aux Beaux-Arts, sur le piquet des cheminots de Châtillon #17octobre https://t.co/RsNrtZeC04
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Clément, cheminot à Châtillon, abonde dans le même sens : « On voulait montrer que les travailleurs aussi peuvent se lier au mouvement des lycéens et des étudiants. Leurs revendications profondes sont aussi les nôtres. Ce sont les futurs travailleurs de demain. Il y a une brèche qui s'ouvre, on doit tous y aller ensemble. La mobilisation des lycéens nous montre la voie, ils sont en train de redonner du moral au mouvement ouvrier. Il faut construire une union entre les étudiants et les travailleurs. »
« Il y a une brèche qui s'ouvre, on doit tous y aller ensemble. La mobilisation lycéenne redonne du moral au mouvement ouvrier. Il faut construire une union entre les étudiants et les travailleurs » — Clément, cheminot au technicentre SNCF de Châtillon, pour le #17octobre https://t.co/fwCLNtg5fQ
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Après les prises de parole, le rassemblement se transforme en manifestation, avec les cheminots en tête et les étudiants derrière eux. Le cortège, rejoint par une fanfare, s'engage dans les rues de Paris à partir de Montparnasse. Rapidement, il grossit pour dépasser le millier de participants. Il finit par être réprimé à l'approche de République. La police gaze les manifestants pour empêcher la jonction avec le reste de la manifestation sur la place. Malgré la répression, certains étudiants et cheminots arriveront tant bien que mal à rejoindre le parcours déclaré.
Rejoindre la colère de la jeunesse et construire une grève générale
Depuis plusieurs semaines, les lycéens et les étudiants se mobilisent contre la casse de leurs conditions d'études et un avenir de misère. L'appel des cheminots à se retrouver devant Châtillon samedi dernier, puis à manifester ensemble, constitue un premier pas vers la convergence des colères et la construction de la suite de la mobilisation. Dans le même sens, la semaine précédente déjà, plusieurs cheminots de Châtillon et de la gare du Nord étaient venus soutenir les lycéens de Feyder, à Épinay-sur-Seine, face à la répression, et appeler à rejoindre leur mobilisation.
Après plusieurs semaines de mobilisation dans la jeunesse et un 17 octobre particulièrement important, faire reculer le gouvernement et imposer une réponse à nos revendications passera par la construction d'un mouvement d'ensemble, avec des secteurs entiers du monde du travail aux côtés de la jeunesse. Dans la continuité du pôle qui s'est construit lors de la manifestation du 17 autour de Châtillon, il faut construire des assemblées générales interprofessionnelles pour appeler à la grève et au blocage de l'économie, afin de se mobiliser massivement le 5 novembre et au-delà.
Ces différentes initiatives constituent de premiers pas pour étendre l'auto-organisation et élargir le mouvement au monde du travail. Elles doivent être rejointes par toutes celles et ceux qui veulent que le souffle du 17 octobre ne s'arrête pas. La force qui s'est exprimée dans la rue, conjuguée à une grève générale politique capable de bloquer l'économie, peut faire tomber le gouvernement.