1000 personnes en AG au Mirail : la mobilisation se structure pour construire la suite du 17 octobre
Fri, 23 Oct 2026 19:35:21 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe mardi 20 octobre, près de 1000 étudiants et membres du personnel du Mirail se sont retrouvés en assemblée générale. Ils ont voté la reconduction de la mobilisation et le maintien de l'occupation pendant les vacances. Le lendemain, plusieurs centaines d'étudiants et de personnels se réunissaient en AG de filière.

[Note de la rédaction : La Présidence de l'Université Toulouse-Jean Jaurès vient de remettre aux occupants une mise en demeure, menaçant de faire intervenir la police ce jour, le vendredi 23 octobre à compter de 20h, pour expulser l'occupation qui a lieu dans le bâtiment Accueil du Mirail, alors que cette occupation tient dans le respect des personnes et des biens depuis le 6 octobre. Malgré cela, nous tenions à publier cet article, rédigé peu de temps avant la mise en demeure, afin de montrer ce que la présidente de l'université tente concrètement de réprimer au delà de ses éléments de langage creux et mensongers.]
Près de 1000 étudiants et membres du personnel ont convergé ce mardi 20 octobre à midi dans le bâtiment de l'accueil occupé de l'université du Mirail pour une assemblée générale mixte étudiants-travailleurs. À l'exception de celle du 5 octobre, qui avait rassemblé plus de 2000 personnes et voté l'occupation de l'accueil en soutien au mouvement lycéen, il s'agit de la plus importante AG organisée dans l'université depuis plusieurs années.
Les discussions ont porté sur les moyens d'élargir la mobilisation, la poursuite de l'occupation pendant les vacances et la manière de convaincre davantage d'étudiants de rejoindre le mouvement. L'AG a voté le maintien de l'occupation, des ateliers de grève et des cours alternatifs pendant toute la période de vacances, ainsi que la participation à l'« Acte II » du 17 octobre ce samedi. Les travailleurs présents ont également reconduit leur grève.
Un autre rendez-vous a été fixé pour la rentrée : un rassemblement lundi 2 novembre à 10h, suivi d'une grande AG à 12h30. L'objectif est d'accueillir les étudiants de retour de vacances afin de discuter de la suite de la mobilisation et voir comme massifier le mouvement alors que les partiels de mi-semestre approchent et que les inquiétudes sur la réussite universitaire risquent de peser sur la participation des étudiants.
Qui plus est, l'AG a voté le rejet de toute forme de sélection, officielle aussi bien qu'officieuse et a renouvelé l'appel à la démission de la présidente Emmanuelle Garnier, qui avait envoyé des policiers tabasser et taser les étudiants mobilisés vendredi 2 octobre. Une revendication d'autant plus concrète que le président de l'université Sorbonne Nouvelle vient tout juste d'annoncer sa démission, après avoir essuyé un intense mouvement de contestation suite à son autorisation d'une intervention brutale de la police contre des étudiants mobilisés.
Si l'assemblée générale de ce mardi a pu être un tel succès, c'est notamment grâce à l'organisation, ce lundi, de plusieurs assemblées d'UFR qui ont spontanément réuni plusieurs dizaines d'étudiants chacunes et ont permis à la fois de militer l'AG de ce mardi et de formuler un certain nombre de revendications. C'est ainsi qu'ont été spontanément organisées des AG en psychologie, HAA, SES, anthropologie, Art & Com et en Documentations Archives Médiathèques.
Du côté de l'AG d'Histoire, histoire de l'art et archéologie (HAA), les revendications votées lundi contenaient ainsi notamment l'annulation totale et immédiate des évaluations de mi-semestre, l'instauration du 10 améliorable généralisé, une prise de décision claire et transparente quant à l'évaluation de fin de semestre et l'arrêt des cours en visio-conférence. Du côté de la psychologie, les étudiants et travailleurs ont notamment exigé de Garnier qu'elle mette fin à sa fermeture administrative de l'université qui sert d'outil pour asphyxier la mobilisation. Ils ont par ailleurs eux aussi voté l'instauration du 10 améliorable pour toutes et tous.
Ce mercredi, de nouvelles AG d'UFR, encore une fois en psychologie ainsi qu'en Sociologie, espaces et sociétés ont réuni près de 200 étudiants et personnels chacunes. Un immense saut quantitatif par rapport aux premières qui avaient eu lieu lundi, qui témoigne de la structuration croissante du mouvement, y-compris à l'échelle des filières, alors même que la fermeture administrative de la fac par la présidente visait précisément à empêcher ça. Les deux AG se sont notamment prononcées pour une université gratuite pour toutes et tous, des hausses drastiques de moyens matériels et humains et l'opposition au distanciel ainsi que des exigences de clarté quant aux modalités de contrôle de connaissances.
Ces revendications répondent directement aux inquiétudes d'une partie des étudiants, qui craignent que leur participation au mouvement ne compromette leurs résultats, leur bourse ou la validation de leur année. Elles constituent aussi un levier pour élargir la mobilisation au-delà de celles et ceux qui participent déjà à l'occupation. Car si la réussite du 17 octobre à Toulouse a montré l'ampleur de la colère étudiante et le besoin partagé d'un changement radical, il convient dès lors de leur montrer comment l'occupation peut concrètement servir à impulser ce changement radical.
Une démonstration qui passera par le renforcement de l'occupation comme point de convergence entre lycéens, étudiants et travailleurs. Elle doit devenir un lieu où les différents secteurs peuvent se rencontrer, confronter leurs expériences, discuter de leurs revendications et décider collectivement des moyens de rejoindre la mobilisation. Car c'est en entraînant les travailleurs dans la bataille et en s'appuyant sur la méthode de la grève que le mouvement pourra construire un rapport de force à même d'arracher l'ensemble de ses revendications.
C'est dans cette perspective qu'a été organisée, mardi 20 octobre à 18h30, une première assemblée générale interprofessionnelle au Mirail occupé. Elle a réuni près de 800 travailleurs issus des principaux secteurs ouvriers de Toulouse, autour de la nécessité de préparer la suite du mouvement et de construire les conditions d'une grève générale.
Alors que la mobilisation et que l'occupation ouverte continueront pour les prochaines semaines, nous vous invitons donc toutes et tous à venir participer aux nombreux ateliers de grève, cours alternatifs et performances culturelles et artistiques accueillies quotidiennement par le Mirail occupé et à construire avec nous la convergence entre lycéens, étudiants et travailleurs.