Montpellier : la préfète de l'Hérault interdit toute manifestation ce 24 octobre pour étouffer la mobilisation
Thu, 22 Oct 2026 22:12:32 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAprès la manifestation du 17 octobre, qui a rassemblé 40 000 personnes à Montpellier, la préfète de l'Hérault interdit le cortège prévu ce samedi et multiplie les mesures répressives. Interdiction des rassemblements en centre-ville, couvre-feu pour les mineurs, arrêt des trams, surveillance par drones : l'État entend empêcher la mobilisation de reprendre.

Après le 17 octobre, le gouvernement veut empêcher la mobilisation de reprendre
Dans un communiqué publié le 22 octobre, la préfète Chantal Mauchet annonce l'interdiction de la manifestation déclarée pour samedi, en invoquant des « risques majeurs de troubles à l'ordre public ». Elle interdit également les rassemblements et attroupements de 8h à 22h dans un large périmètre du centre-ville, comprenant la gare Saint-Roch, la place de la Comédie, le Polygone et les boulevards autour de l'Écusson.
Mais le dispositif va bien au-delà. La préfecture annonce aussi l'arrêt des trams toute la journée de samedi, le renouvellement des autorisations de surveillance par drones, la mobilisation accrue de forces de police mobiles et même des militaires de l'opération Sentinelle ! Enfin, un couvre-feu visant les mineurs sera imposé dans les centres-villes de Montpellier et de Béziers, vendredi soir et samedi soir.
?SÉCURITÉ | Manifestations #24octobre Au regard des graves incidents et des violences qui ont émaillé la manifestation du 17 octobre dernier et face aux nombreux appels à rassemblements lancés sur les réseaux pour le samedi 24 octobre 2026 à Montpellier, la préfète de l'#Hérault annonce de nouvelles mesures de sécurité et de prévention ainsi qu'un dispositif de maintien de l'ordre renforcé. ? Retrouvez tous les détails dans le communiqué de presse : https://t.co/iI2SOwIJrh L'État est pleinement mobilisé pour prévenir les troubles et assurer la sécurité de tous.
— Préfète de l'Hérault ?゚ヌᄋ (@Prefet34) October 22, 2026
La préfecture cherche à empêcher la mobilisation de se poursuivre. La manifestation est interdite, les possibilités de rassemblement sont réduites et les déplacements dans le centre-ville sont entravés. La jeunesse, qui a joué un rôle central dans les mobilisations des dernières semaines, est directement visée par les restrictions.
Cette offensive locale s'inscrit dans le durcissement engagé à l'échelle nationale après le 17 octobre. Lecornu a appelé les préfets à instaurer des couvre-feux ciblés, tandis que le ministère de l'Intérieur annonce un renforcement massif du dispositif policier partout en France pour le 24 octobre.
Face à une mobilisation impulsée par la révolte lycéenne, le gouvernement cherche à empêcher que la colère contre la vie chère s'étende au monde du travail. Le 17 octobre, lycéens, étudiants, salariés et Gilets jaunes ont manifesté ensemble dans plusieurs villes, tandis que des travailleurs se mettaient en grève pour rejoindre la mobilisation. Cette convergence, encore inégale mais bien réelle, menace de transformer une révolte de la jeunesse en un mouvement social plus large. C'est cette perspective que le gouvernement cherche à étouffer par la répression et les interdictions de manifester.
Ne pas laisser la préfecture décider de la suite du mouvement
En multipliant les restrictions, la préfecture cherche à réduire les possibilités de rassemblement et à dissuader celles et ceux qui veulent continuer à se mobiliser. Mais l'interdiction administrative ne règle rien des raisons qui ont conduit des dizaines de milliers de personnes dans les rues de Montpellier. Elle ne répond ni à la colère de la jeunesse, ni aux revendications du mouvement, ni à la crise politique qui traverse le pays. Elle ajoute une offensive contre les libertés démocratiques à une situation déjà marquée par les violences policières et les poursuites judiciaires.
Les organisations syndicales, les collectifs de jeunesse, les associations et l'ensemble des organisations du mouvement social doivent se mobiliser contre ces interdictions, exiger leur levée et utiliser tous les moyens disponibles pour les combattre !
Face à une offensive qui vise à isoler et à contenir la mobilisation, il faut construire une réponse collective. Les organisations du mouvement ouvrier ne peuvent pas se contenter de condamner les interdictions : elles doivent contribuer à organiser la suite du mouvement, à renforcer les liens entre lycéens, étudiants et travailleurs et à préparer de nouvelles journées de mobilisation et de grève.