Les étudiants de Paris 8, UPC et Paris 3 appellent à des AG intersectorielles pour construire la grève
Thu, 22 Oct 2026 22:30:26 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAprès la réussite de la journée du 17 octobre, plusieurs initiatives se consolident en Île-de-France dans les universités, avec pour objectif de faire rentrer le monde du travail dans la bataille. À Paris 8, Paris 3, UPC, la Chapelle et dans le Quartier latin, les étudiants votent pour des assemblées interprofessionnelles par secteur géographique, réunissant travailleurs, étudiants et lycéens.

La journée du 17 octobre a été une véritable démonstration de force. Des centaines de milliers de jeunes, lycéens et étudiants, se sont révoltés aux côtés de plusieurs secteurs de travailleurs. Alors que le régime a répondu par un saut répressif inédit, il s'agit à présent de construire la suite de la mobilisation. Si on ne veut pas que le mouvement s'essouffle ou soit brisé par le tour de vis du gouvernement, l'entrée massive du monde du travail dans la bataille est une nécessité. Dans ce sens, en Île-de-France, plusieurs initiatives se structurent pour aller chercher les travailleurs.
Dans la continuité de la réussite de la journée du 17 octobre, la première Coordination Régionale Étudiante s'est tenue lundi 19 octobre, et a réuni 32 délégations de campus de facs, écoles et IUT d'Île-de-France. Elle vise à doter les étudiants d'un cadre d'auto-organisation capable de représenter et de coordonner le mouvement étudiant francilien dans toute sa diversité, afin que le mouvement appartienne à ceux qui se mobilisent, et à eux seuls. Les délégations présentes ont voté le fait de multiplier les actions de convergences avec les travailleurs et de se réunir en assemblées générales interprofessionnelles partout où cela est possible, afin de préparer activement la perspective de la grève en vue du 5 novembre.
Cette politique s'est déclinée concrètement sur les différentes universités, notamment à Saint-Denis, ville du lycée Paul Éluard, épicentre de la mobilisation lycéenne. À Paris 8, pour suivre l'appel de la Coordination Régionale Étudiante, les étudiants ont voté mardi 20 octobre à l'unanimité la tenue d'une première assemblée interprofessionnelle ce vendredi 23 octobre à l'adresse des étudiants, travailleurs, lycéens de Saint-Denis afin d'élargir la mobilisation au-delà des lycées et des universités. L'objectif est de faire de l'université un cadre d'organisation et de coordination entre les lycéens de Paul Éluard, Suger, Bartholdi, les travailleurs de la santé, de l'éducation, des transports du 93, et les étudiants de Saint-Denis.
Vendredi matin, des étudiants de Paris 8 se sont donnés rendez-vous à 7 heures du matin devant leur fac pour aller tracter à l'hôpital Delafontaine, l'hôpital Casanova, le centre technique municipal, ou encore devant les dépôts de bus RATP. En pleine vacances de la Toussaint, l'objectif est que des noyaux d'étudiants, lycéens et travailleurs mobilisés commencent à construire la journée de grève appelée le 5 novembre prochain. Le tract diffusé porte un titre éloquent : « Le monde du travail doit apporter une réponse politique à la crise sociale. Construisons la grève générale ! »
À Paris, dans le même sens, les étudiants de Paris 3, ainsi que du campus des Grands-Moulins de Paris-Cité et de l'assemblée générale du Quartier latin, ont voté pour construire des pôles de convergence avec différents secteurs du monde du travail. Le 23 octobre à 17h, les étudiants de Paris 3 proposent d'organiser une assemblée interprofessionnelle, pour « construire la grève générale, et pour le début d'une lutte prolongée ». L'objectif est de réunir des lycéens d'Hélène Boucher, des travailleurs de la santé, des hôpitaux de Tenon et de Debré, mais aussi les travailleurs du dépôt de bus de Lagny.
L'AG interprofessionnelle devait se tenir dans l'université occupée, avant que la police ne déloge ce jeudi 22 octobre l'occupation de la fac par les étudiants, en envoyant une armée entière de CRS. Un nouvel exemple de la dure répression mise en œuvre par le gouvernement et les directions des universités. La jonction entre étudiants et travailleurs est ce qu'ils redoutent le plus, et c'est précisément ce qu'il est nécessaire de construire pour faire face à leurs tentatives d'étouffer le mouvement. L'assemblée interprofessionnelle se tiendra finalement au CICP.
Sur le campus des Grands Moulins de l'Université Paris-Cité, l'assemblée de l'occupation a également voté la construction d'une AG interprofessionnelle réunissant les secteurs lycéens, étudiants et travailleurs du sud de Paris. L'assemblée générale du Quartier latin a à son tour rejoint la dynamique, en présence de cheminots du technicentre SNCF de Châtillon, qui ont raconté la réussite de la journée de grève et de mobilisation du 17 octobre, et ont remercié les étudiants de s'organiser à leurs côtés. Une assemblée aura donc lieu samedi 24 octobre au matin, réunissant des lycéens du 13ème, des cheminots, des travailleurs de la culture, des transports, ainsi que des étudiants des Beaux-Arts, des Saints-Pères et du Quartier latin.
Ces premières initiatives, qui s'inscrivent à la suite de la Coordination Régionale étudiante d'IDF, doivent permettre de structurer collectivement ces secteurs dans la perspective de la journée de mobilisation du 5 novembre. La force qui s'est exprimée dans la rue, conjuguée à une grève générale politique capable de bloquer l'économie, peut faire tomber le gouvernement. Depuis le mouvement étudiant, le Poing Levé veut mettre toutes ses forces dans la construction de cette jonction.