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« Généraliser la grève le 5 novembre et après » : la CGT change de ton, construisons la grève générale

Wed, 21 Oct 2026 17:52:59 CEST

Révolution Permanente

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Après être allée rencontrer Lecornu ce mercredi, Sophie Binet a appelé à organiser des assemblées générales pour généraliser la grève le 5 novembre « et après ». Une sortie qui tranche avec l'attitude des directions syndicales jusqu'ici et en dit long sur l'impact de la mobilisation historique du 17 octobre. Il faut en faire un point d'appui pour construire la grève générale par en bas.

Ce mercredi 21 octobre, trois jours après la journée historique du 17 octobre, où la colère de la jeunesse a convergé avec des secteurs de travailleurs, les organisations syndicales CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA et FSU étaient reçues à Matignon par le Premier ministre. Une rencontre dans laquelle Lecornu souhaitait discuter « les voies et moyens pour garantir l'indispensable liberté de manifester » que « certains essaient de dévoyer en l'associant à des actes inacceptables », dans une tentative claire de tourner les organisations syndicales contre les « débordements » du 17 octobre, en profitant des communiqués scandaleux de Force ouvrière ou de la CFDT sur la question.

Alors que les organisations avaient annoncé qu'elles souhaitaient discuter de leurs revendications, surfant sur une colère qu'elles n'ont contribué à organiser qu'à la marge jusqu'ici, le rendez-vous n'a finalement débouché sur aucune annonce concrète. Rien d'étonnant dans un contexte où le gouvernement répond depuis 3 semaines à la colère par une répression brutale et en pleine surenchère autoritaire ces derniers jours : couvre-feux partiels, offensive judiciaire, envoi du RAID, du GIGN ou de l'armée pour encadrer la manifestation du 24 octobre.

En revanche, la tonalité des organisations syndicales à la sortie, et en particulier de la CGT, a marqué un changement par rapport aux dernières semaines. « L'heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais » a ainsi expliqué Sophie Binet, avant d'appeler à organiser des assemblées générales sur tous les lieux de travail pour « généraliser la grève le 5 novembre et après ». Depuis 3 semaines, les organisations syndicales soutenaient la colère lycéenne mais sans construire de grève massive et en cherchant à enjamber la situation avec un appel à la grève le 5 novembre, à bonne distance du 17 octobre. Finalement, l'impact de la massivité et de la radicalité qui s'est exprimée samedi les oblige à se repositionner.

Dans un moment où le gouvernement tente une contre-offensive, l'appel de Sophie Binet à « généraliser la grève le 5 novembre et après » reste trop éloigné. Cependant, à l'heure où la question clé est d'étendre la colère de la jeunesse au mouvement ouvrier, celui-ci peut être un point d'appui dont tous les militants doivent se saisir. Pour cela, et pour ne pas que ce discours se limite à une déclaration d'intention, il faut construire la grève par en bas afin que les travailleurs puissent prendre le mouvement en main.

Cela implique de convoquer des assemblées sur tous les lieux de travail, qui réunissent syndiqués et non syndiqués pour préparer la mobilisation, convaincre les collègues mais aussi penser des initiatives pour étendre la grève aux entreprises voisines, aux sous-traitants et à tous les secteurs. Mais cela implique également de coordonner les assemblées entre elles au travers de politiques interprofessionnelles, qui rassemblent travailleurs de différentes entreprises mais aussi étudiants et lycéens. Ce mardi, une grande AG interprofessionnelle a ainsi eu lieu au Mirail à Toulouse, réunissant des travailleurs d'Airbus, des travailleurs sociaux, des travailleurs de l'éducation aux côtés de nombreux jeunes.

De même, samedi dernier, les cheminots du technicentre SNCF de Châtillon, qui s'étaient réunis en AG afin d'appeler à rejoindre la manifestation du 17, ont organisé un départ commun, rassemblant des cheminots, des étudiants en écoles d'art, des lycéens ou encore des syndicalistes du secteur de l'énergie et des travailleurs de la RATP. Un véritable exemple d'une politique qui doit être répétée partout pour lutter côte à côte et bâtir des fondements solides à une grève générale.

Des jonctions d'autant plus importante que les mobilisations étudiantes qui ont suivi le 17 octobre montrent qu'il existe une dynamique sur laquelle s'appuyer. À Bordeaux, près de 2 000 étudiants se sont réunis en assemblée générale sur les campus de droit et de sciences. Au Mirail, à Toulouse, près de 1 000 étudiants et personnels ont participé à une AG, tandis qu'à Paris 8, à Saint-Denis, 500 étudiants se sont réunis et ont voté la préparation d'une assemblée interprofessionnelle avec les travailleurs de la ville et des alentours.

Si le 17 octobre a ouvert la possibilité de transformer la capacité d'impulsion de la jeunesse en une contre-offensive impliquant l'ensemble du mouvement ouvrier, l'organisation collective et la construction de cadres interprofessionnels peuvent permettre de concrétiser cette perspective. Leur capacité à rassembler les collectifs effectivement mobilisés, à intégrer de nouveaux secteurs et à prendre des décisions qui se traduisent en actions est essentielle pour discuter collectivement d'un plan de lutte.

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