Buenos Aires : arrêtés par la police, trois syndicalistes libérés grâce à une grève totale du métro
Wed, 21 Oct 2026 19:01:50 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalTrois syndicalistes du « Subte », le métro de Buenos Aires, ont été arrêtés par la police alors qu'ils mettaient en place une action de gratuité du métro pour protester contre l'offensive patronale d'Emova, l'entreprise qui l'exploite. En réaction, une grève paralysant toutes les lignes a permis leur libération. Un exemple de lutte pour l'ensemble de la classe ouvrière.

Le mardi 20 octobre, Claudio Dellecarbonara et Facundo Heredia, membres de la direction du syndicat, ainsi que le délégué Néstor Segovia, ont été arrêtés par la police de la ville de Buenos Aires. Ils menaient une action d'ouverture des tourniquets pour la gratuité du métro, contre les sanctions d'Emova visant un travailleur contraint de faire des heures supplémentaires.
Cette arrestation s'inscrit dans une offensive de longue date contre les employés du métro. Une procédure pénale pour « association illicite », portée par la société publique SBASE, vise 171 travailleurs et leur syndicat, mis en cause pour des grèves et des protestations menées en 2024 et 2025. Le syndicat dénonce aussi des retenues de salaire allant jusqu'à 26 jours, qu'Emova justifie par des journées non travaillées. Dans le même temps, le prix du ticket augmente chaque mois de l'inflation plus 2 points : +3,9 % en août.
Dès l'annonce des arrestations, les travailleurs ont lancé une grève qui a paralysé l'ensemble du réseau. À cette grève se sont joints enseignants, étudiants et syndicalistes combatifs qui ont bloqué l'avenue Triunvirato, près de la station Rosas, et ont affronté la répression policière. Myriam Bregman et Nicolás del Caño, députés révolutionnaires du PTS, organisation sœur de Révolution Permanente en Argentine, étaient présents pour soutenir les grévistes et faire face à la police.
Après environ six heures d'arrêt total des lignes, les autorités ont dû céder. Les trois syndicalistes ont été libérés, de même que Luciano Corradi, délégué des travailleurs de l'aéronautique de Aerolíneas Argentinas, arrêté lors du blocage alors qu'il manifestait sa solidarité.
Le délégué syndical Claudio Dellecarbonara a déclaré : « La défense du droit de grève est un combat qui concerne l'ensemble de la classe ouvrière. C'est un moyen de se défendre contre les attaques – actuelles et futures – des patrons. Car le capital se moque de la vie de la classe ouvrière. C'est pourquoi, dans le métro, des travailleurs sont décédés après avoir travaillé dans un environnement contaminé par l'amiante. C'est pourquoi de nombreux travailleurs et travailleuses souffrent de maladies professionnelles. ». En effet, cette répression montre la volonté du patronat et du gouvernement de droite de la capitale d'étouffer dans l'œuf toute contestation portant sur les conditions de travail, les salaires et le droit de grève.
"Nosotros tenemos 6 compañeros ASESINADOS POR EL GOBIERNO DE LA CIUDAD por no retirar asbesto de los lugares de subte. Esos son los verdaderos delincuentes, ¿dónde está la Justicia ? MACRI TIENE QUE ESTAR PRESO, pero cuando salimos a protestar nos reprimen, nos meten presos" https://t.co/KkmdblKYia
— La Izquierda Diario (@izquierdadiario) October 20, 2026
Cette victoire en Argentine est un exemple face à la répression. En France, celle-ci s'accentue contre la révolte de la jeunesse, avec des couvre-feux et la menace d'un recours à l'armée. La lutte des travailleurs du métro de Buenos Aires montre l'urgence de l'entrée en action de la classe ouvrière, par la grève, pour combattre l'avenir de misère que nous promettent le patronat et le gouvernement.
Crédits photo : Izquierda Diario