Toulouse : étudiants, aéro, social et santé réunis en AG interpro pour préparer l'après-17 octobre
Wed, 21 Oct 2026 19:02:04 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe 20 octobre, plus de 800 étudiants, lycéens et travailleurs de l'aéronautique, du social, de la santé, de l'éducation et de nombreux autres secteurs se sont réunis à l'université du Mirail pour discuter des suites de la mobilisation. Au cœur des discussions : comment construire une grève générale reconductible à partir du 5 novembre.

Ce mardi 20 octobre, l'université du Mirail a accueilli la première assemblée générale interprofessionnelle toulousaine depuis le début du mouvement. Après la journée de mobilisation du 17 octobre, travailleurs de l'aéronautique et de l'aérospatiale, de la culture, du social et de l'éducation, étudiants et lycéens se sont retrouvés pour discuter des moyens de passer à une nouvelle étape de la lutte.
Avec plus de 800 participants, cette assemblée marque un premier pas important vers la convergence des colères. Alors que les vacances scolaires ont temporairement freiné la mobilisation lycéenne, l'enjeu est désormais de construire un mouvement capable de durer et de gagner. Une perspective s'est dégagée des discussions : préparer une grève générale reconductible à partir du 5 novembre.
« La date du 5 novembre, elle paraît loin, mais construire une grève générale reconductible qui s'appuiera sur les secteurs stratégiques, ça prend du temps. Profitons de ce temps-là ! Imaginez si on arrive à convaincre les secteurs stratégiques de se mettre en grève à partir du 5 : ce n'est pas seulement Macron et l'État qui vont trembler, mais le capitalisme en général », a souligné Augustin aux côtés d'une délégation de la CGT Magellium Artal, entreprise sous traitante de l'aérospatiale.
Cette préparation passe notamment par la mobilisation des travailleurs qui ne sont pas encore entrés dans la lutte. Une délégation de 5 militants de la CGT Airbus, venue apporter son soutien à l'assemblée, a insisté sur le travail à mener pour mobiliser l'ensemble des secteurs. « Les médias, eux, ils font bien leur boulot : dans les ateliers, on entend des “Oh mon Dieu, qu'est-ce qui s'est passé ce week-end ?”. Il y a un grand travail à faire pour que les gens rejoignent le mouvement. Nous, on essaie déjà de faire le boulot pour dire que l'ennemi, c'est le capitalisme » a conclut l'un d'entre eux sous les applaudissements.
Pour avancer dans cette direction, l'assemblée a voté plusieurs initiatives visant des secteurs stratégiques, notamment l'aéronautique, les éboueurs, Tisséo… : tractages, actions d'information et mobilisations devant les ateliers. L'objectif est de discuter avec les travailleurs de leurs revendications et de les convaincre de rejoindre le mouvement en luttant contre la division que tente d'imposer le gouvernement, la droite et les médias entre les « bons manifestants » et les « casseurs ». De nombreuses interventions de divers secteurs (santé, social, Gilet Jaune, culture, restauration, lycée...) ont souligné dans ce sens l'importance de la mobilisation de ces dernière semaines et l'enjeu de généraliser la grève le 5 novembre.
La convergence ne peut toutefois se limiter aux lieux de travail. Elle doit aussi intégrer les luttes contre les oppressions, la répression et les violences systémiques. Layla, du Comité Vérité et Justice pour Bilal, a rappelé cette nécessité : « Combien sont morts entre les mains de la police ? On ne peut pas parler de violences politiques sans parler des discriminations, de là où viennent les jeunes, de leur couleur de peau, etc. ». Dans le même sens, Kouider Lekhal militant du Comité Quartier Populaires, a souligné l'importance de construire des ponts entre les luttes dans les quartiers populaires, où les lycéens ont été à l'avant-garde de la mobilisation, et celles menées par les étudiants et les travailleurs.
Cette dynamique s'inscrit également dans un contexte international marqué par les mobilisations de la jeunesse en Espagne, en Allemagne, en Belgique et en Italie. Comme l'a rappelé Alberta, doctorante au Mirail et militante au Poing Levé : « Dans l'État espagnol, la jeunesse mobilisée a poussé les syndicats à appeler à une grève générale le 11 novembre. En ce moment, en Italie, ils organisent des blocus de lycées où l'on peut lire : “Il faut qu'on fasse comme en France.” […] Si on fait grève ici, on peut aussi encourager les salariés de partout en Europe à faire grève. C'est comme ça qu'on va obtenir nos revendications. ».
Occupé depuis une quinzaine de jours en soutien à la mobilisation lycéenne, le Mirail est devenu un point d'appui pour élargir la lutte au monde du travail. C'est lors de l'AG des personnels du 14 octobre, qui avait réuni près de 200 personnes, qu'a été décidée l'organisation de cette première AG interprofessionnelle. Les étudiants ont ensuite contribué à sa préparation en multipliant les initiatives auprès des travailleurs. Une expérience qui montre comment les universités mobilisées peuvent impulser la convergence au-delà de leurs murs.
Pour prolonger cette dynamique, plusieurs initiatives ont été votées, entre tractages devant les entreprises, participations aux appels à la mobilisation et blocages de l'économie. Il a aussi été voté de faire une expression de solidarité aux luttes en cours à l'internationale depuis l'AG interpro du Mirail. L'assemblée s'est fixée comme objectif est de développer l'organisation à la base des travailleurs en reproduisant des assemblées dans tous les lieux de travail en vue de construire la grève du 5 novembre.
Le succès de cette première AG interprofessionnelle doit servir d'exemple. Face à une bourgeoisie qui n'a à opposer que la matraque à celles et ceux qui contestent le monde de misère qu'elle leur promet, l'enjeu est de passer d'une dynamique locale à une mobilisation nationale capable de remettre en cause son pouvoir.
Une nouvelle AG interprofessionnelle se tiendra le jeudi 29 octobre à 18 h 30, à l'université du Mirail. Un rendez-vous pour poursuivre la convergence et préparer collectivement la grève générale reconductible du 5 novembre.