« Un cadre pour structurer le mouvement » : Communiqué de la 1ère Coordination régionale étudiante d'IDF
Wed, 21 Oct 2026 10:02:23 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLundi 19 octobre se sont réunis à Nanterre 98 délégués étudiants de 32 campus universitaires mobilisés en Île-de-France, dans le cadre de la première Coordination régionale étudiante d'IDF, pour représenter et de coordonner le mouvement étudiant francilien dans la mobilisation. Nous relayons ici leur communiqué.

La 1ère Coordination régionale étudiante s'est tenue à l'université de Nanterre lundi 19 septembre. 98 délégués étudiants de 32 campus universitaires mobilisés en Île-de-France étaient réunis. Nous relayons ici leur communiqué de synthèse, qui retranscrit les votes et les objectifs de ce cadre.
Lundi 19 octobre se sont réunis à Nanterre 98 délégués étudiants de 32 campus universitaires mobilisés en Île-de-France, dans le cadre de la première Coordination régionale étudiante d'Île-de-France.
Parmi ces délégués, 55 avaient été élus par les Assemblées générales de leurs établissements, tandis que 43 avaient été simplement désignés ou s'étaient portés volontaires pour représenter leur campus. Ces derniers ont pu parler et voter à titre consultatif, afin que soient pris en compte les revendications et les propositions des petits établissements de la région, ou de ceux encore faiblement mobilisés.
Après la journée historique du 17 octobre, il nous paraissait essentiel de nous doter d'un cadre d'auto-organisation capable de représenter et de coordonner le mouvement étudiant francilien dans toute sa diversité, afin de préparer efficacement les suites de la mobilisation.
En effet, alors que le gouvernement continue de réprimer très durement les manifestants au point d'instaurer des couvre-feux dans plusieurs endroits et d'envoyer en prison de nombreux jeunes interpellés, notre force est dans l'auto-organisation, afin que le mouvement appartienne à ceux qui se mobilisent, et à eux seuls. Nous nous coordonnons car nous refusons la politique de négociation avec le gouvernement d'une partie des syndicats et organisations lycéennes et étudiantes, mais aussi pour dépasser la logique des interfacs sans représentativité réelle. C'est à nous-mêmes de décider des revendications, des actions, et des suites de la mobilisation.
Les lycéens nous ont ouvert la voie, en se mobilisant sur leurs établissements pour exiger la fin du 8h-18h, l'abrogation de Parcoursup, des moyens pour l'éducation. Nous souhaitons reconduire et amplifier la colère et la radicalité qui s'est exprimée durant trois semaines devant les facs et les lycées, et dans la rue ce 17 octobre. Alors que le gouvernement mise sur les vacances scolaires pour tenter d'affaiblir le mouvement, nous prenons nos responsabilités pour maintenir la mobilisation. Celle-ci doit se poursuivre et s'amplifier jusqu'à l'abrogation de Parcoursup et de MonMaster.
Nous appelons à nous mobiliser les jeudi 22 et 29 octobre dans la rue, et à répondre présents aux côtés des lycéens et travailleurs le 24 octobre alors que les appels à manifester vers l'Elysée et contre le pouvoir se multiplient.
Alors qu'en mai 68, la nuit des barricades avait provoqué l'entrée en grève générale de millions de travailleurs et permis de faire reculer le gouvernement, nous avons voté de multiplier les actions de convergences avec les travailleurs et de se réunir en assemblées générales interprofessionnelles partout où cela est possible, afin de préparer activement la perspective de la grève. L'intersyndicale a appelé au 5 novembre dans l'espoir d'isoler notre colère : notre objectif est de faire de cette journée une première date de grève générale dans le pays, pour paralyser l'économie et accroître le rapport de force.
Nous voulons également répondre à la terreur policière qui s'abat sur les lycéens. Nous avons voté à l'unanimité la mise en place d'une grande campagne anti-répression pour exiger la libération de tous les réprimés et l'abandon de toutes les poursuites, qu'elles soient judiciaires ou disciplinaires. Nous serons à leurs côtés, devant les commissariats et les tribunaux, devant les conseils de discipline et dans les salles d'audience.
Nous appelons également toutes les universités à ouvrir leurs portes aux lycéens pour des tutorats, des révisions solidaires, des cours alternatifs, des ateliers et toutes initiatives qui permettent de briser l'isolement des lycéens, lutter contre la pression scolaire, et approfondir les liens tissés pendant les premières semaines du mouvement.
Enfin, cette première coordination a montré l'enjeu d'étendre la mobilisation à l'intégralité des campus franciliens. Nous avons décidé d'organiser des actions conscientes pour appuyer le mouvement dans les petits établissements qui peinent à s'engager pleinement dans le mouvement, afin qu'ils nous rejoignent.
Un comité de liaison composé d'un référent par campus représenté est chargé de mettre en place les groupes de travail et commissions votées pour appliquer l'ensemble des décisions votées et préparer la prochaine Coordination régionale étudiante. Ce comité de liaison aura notamment pour devoir d'organiser une réunion d'étape lundi 26 octobre, ouverte aux étudiants qui souhaitent y participer, pour informer de l'avancée des résolutions.
La prochaine Coordination Régionale Étudiante (CRE) francilienne se tiendra le vendredi 30 octobre, en vue de préparer la rentrée. Nous invitons l'ensemble des étudiants mobilisés de la région à prendre contact avec nous pour y représenter leurs campus, et ceux des autres régions à créer leur propre CRE.