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« Pourquoi vous n'êtes pas en prison ? » : le numéro 2 de LR menace Philippe Poutou, solidarité !

Wed, 21 Oct 2026 16:16:07 CEST

Révolution Permanente

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Invité face à Philippe Poutou sur BFMTV dimanche, le numéro 2 des Républicains a directement appelé à l'incarcération de l'ancien candidat aux présidentielles. Une menace qui révèle la panique des classes dominantes face à la mobilisation en cours et la stratégie répressive qui s'organise contre l'extrême gauche.

Invité sur le plateau de BFMTV dimanche dernier, au lendemain de la mobilisation massive du 17 octobre, qui a réuni plus de 800 000 personnes dans tout le pays, Philippe Poutou a refusé de dénoncer « la casse et les pillages » dont les médias et le gouvernement font leurs choux gras depuis samedi soir pour attaquer le mouvement en cours. Dans un débat où les présentateurs incitaient l'ancien candidat aux présidentielles à condamner les violences, ce dernier a refusé d'appeler au calme, invitant au contraire « à la lutte ».

En réaction, l'eurodéputé numéro 2 des Républicains, François-Xavier Bellamy, a fustigé le porte-parole du NPA l'Anticapitaliste, l'accusant d'« inciter à la violence et au chaos », avant d'ajouter, en feignant de s'interroger : « Je me demande pourquoi vous n'êtes pas en prison ce soir ? » Une attaque d'une gravité rare, appelant à l'incarcération d'un dirigeant politique, au nom de son engagement dans un mouvement social.

Cette menace ne doit rien au hasard. Elle s'inscrit dans la droite ligne des déclarations du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez, qui, au sujet des « casses et des pillages » survenus en marge de la mobilisation, a affirmé y voir « un appel du pied » venu de « d'un certain nombre d'organisations d'extrême-gauche », avant de citer explicitement le NPA. Une accusation qui s'inscrit dans une campagne de plusieurs semaines menée par le ministre de l'Intérieur contre la France insoumise accusée d'être complice des violences, et associant systématiquement le NPA et Révolution Permanente à une prétendue « ultra-gauche violente », sans jamais apporter le moindre élément factuel à l'appui de ces accusations.

Derrière cette offensive médiatique et politique, c'est bien une panique des classes dominantes qui s'exprime. Face à une mobilisation d'une ampleur inédite qui a vu converger lycéens, étudiants, salariés et anciens gilets jaunes autour d'une colère sociale massive, le gouvernement et la droite cherchent à délégitimer le mouvement en concentrant toute l'attention sur la casse des petits commerces, tout en préparant le terrain à une répression plus large contre les organisations qui portent les revendications politiques de ce mouvement. Le bilan déjà lourd de la répression, avec plus de 9000 interpellations et des blessés graves, dont un jeune de 17 ans ayant perdu la main à cause d'une grenade policière, montre que cette stratégie est déjà en marche.

Nous apportons toute notre solidarité avec Philippe Poutou et son organisation, face à ces menaces d'incarcération et à cette campagne de criminalisation. Face à la déferlante médiatique réactionnaire et à la répression qui s'organise, il est vital que les organisations politiques et du mouvement social fassent front, ensemble, pour refuser que la colère sociale soit criminalisée et que leurs soutiens soient réduits au silence par la menace de la prison.

Patrice CALATAYU

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