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À Madrid, la grève reconductible dans l'éducation entre dans sa deuxième semaine

Tue, 20 Oct 2026 21:34:53 CEST

Révolution Permanente

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Lancée mercredi 14 octobre, les travailleurs de l'éducation poursuivent ce mardi une cinquième journée de grève et de mobilisation contre les classes surchargées, pour de meilleurs salaires et une véritable reconnaissance de leur travail.

Après trois premières journées de grève massive dont le suivi a oscillé entre 60% et 70%, la mobilisation a repris avec force ce lundi 19 octobre au matin, avec près de 50% du secteur de l'Éducation à Madrid en grève selon les syndicats. Près de 200 enseignants et personnels de la petite enfance ont bloqué l'autoroute A3 (Madrid), pour exiger d'être reçu.es par la conseillère régionale de l'éducation, Mercedes Zarzalejo. Cette dernière continue pourtant d'ignorer les revendications du mouvement.

Ces revendications portent sur les moyens et les conditions d'enseignement. Les travailleurs en lutte exigent le plafonnement des classes à 15 élèves dans le secondaire et 20 élèves dans le primaire, l'augmentation des salaires pour faire face à la montée du coût de la vie, la fin de la ségrégation scolaire et la rénovation des bâtiments pour qu'ils soient adaptés aux chaleurs extrêmes.

Si la mobilisation madrilène a d'abord commencé dans le secteur de la petite enfance (de 0 à 3 ans) où les personnels de mobilisent depuis près de six mois, elle s'étend désormais aux collèges et aux lycées. Elle résulte également d'un élargissement de la mobilisation des travailleurs de l'éducation catalans, commencée au printemps dernier et qui s'était déjà étendue à la Communauté Valencienne et à l'Andalousie. Dans un contexte où l'Etat Espagnol est également traversé par un mouvement massif pour le logement qui a poussé les syndicats CCOO et UGT a lancé un appel à la grève générale dans le pays le 11 novembre, la situation apparaît explosive.

Face au refus de négocier de la part du gouvernement de la communauté de Madrid, plusieurs centaines de grévistes se sont rendus directement devant le siège du gouvernement de Madrid, pour crier « Ayuso, regarde, le public est en lutte ! » L'objectif des grévistes était d'obtenir une négociation avec Isabel Ayuso, la présidente de la Communauté de Madrid. La dirigeante du Partido Popular (droite monarchiste) a pu compter sur la répression de la police nationale pour répondre par la violence aux travailleurs de l'Éducation. Plusieurs dizaines d'agents de la police anti-émeutes ont [infligé des coups de matraques et tiré des balles en caoutchouc contre les personnes mobilisées.

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Ce lundi, Isabel Ayuso a ajouté l'insulte à la violence policière. « Ils ne cherchent que la violence et le harcèlement, parce que la gauche antidémocratique de ce pays n'admet pas le résultat des élections », a-t-elle ajouté pour criminaliser les travailleurs de l'Éducation.

En réaction, le collectif « Menos lectivas » (« moins d'heures de cours »), qui dirige la lutte de l'Éducation à Madrid, a appelé à une manifestation dès ce soir contre les violences policières, à 20h30. Comme un symbole, la manifestation partira de la Délégation du gouvernement (l'équivalent de la préfecture), responsable de la répression policière, jusqu'au siège du Département régional de l'Education, qui refuse toujours de recevoir les manifestants.

La poursuite de la mobilisation pour l'Éducation est un exemple fort d'une lutte qui dure et s'étend depuis le printemps 2026 dans plusieurs régions de l'Etat espagnol. Contre les dégradations des conditions d'études, de travail, et contre les politiques racistes dans plusieurs régions autonomes, les travailleurs et travailleuses de l'Éducation font preuve de combativité et d'une capacité importante d'auto-organisation.

Pour obtenir toutes ses revendications sur les moyens et les conditions d'enseignement, la condition sera pour le mouvement madrilène de réussir à se coordonner avec les différents secteurs en lutte dans un Etat espagnol en pleine ébullition. Et ce sans illusion sur les fausses promesses d'un gouvernement socialiste qui tente de canaliser la colère et n'a pas hésité à réprimer les travailleurs mobilisés ces dernières semaines.

Ce n'est que par la jonction des mobilisations dans l'éducation avec les grèves d'autres secteurs comme celles des pompiers, d'Airbus, dans les bibliothèques, mais également avec la colère qui s'exprime dans le mouvement pour le logement, dans la jeunesse qui s'oppose au génocide et avec les manifestations anti-racistes de solidarité avec les migrants de Ceuta que les aspirations à une transformation radicale de la société pourront être réalisées. En cela, la grève générale du 11 novembre peut être un point d'appui pour construire cette unité.

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