AG interpro à Toulouse : les étudiants tractent devant Airbus pour faire la jonction avec les travailleurs
Tue, 20 Oct 2026 16:01:15 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAprès l'immense manifestation du 17 octobre, étudiants et lycéens doivent entraîner les travailleurs dans la lutte. À Toulouse, les étudiants du Mirail ont multiplié ces derniers jours les initiatives devant les usines Airbus et dans les principaux axes de circulation pour appeler à l'assemblée interpro et poser les bases d'une grève générale.

Le mouvement de révolte lycéenne qui dure depuis plusieurs semaines et l'immense manifestation du 17 octobre ont montré la colère immense qui traverse l'ensemble de la société. Désormais, la possibilité de mener le mouvement jusqu'à la victoire réside dans sa capacité à s'étendre aux travailleurs et à déborder sur le terrain de la grève, outil bloquant par excellence.
C'est le constat qu'ont formulé les assemblées générales de mercredi 14 octobre et vendredi 16 octobre au Mirail, qui ont respectivement réuni environ 200 travailleurs de l'université et 300 étudiants, dans le cadre de l'occupation de la fac. Il y a été décidé d'appeler à une assemblée interprofessionnelle ce mardi 20 octobre à 18h30, afin de poser les bases pour une convergence de l'ensemble des secteurs ouvriers du grand Toulouse, dans l'objectif commun de construire la continuité du 17 octobre et converger avec le mouvement lycéen, de facto mis en pause par les vacances scolaires.
Pour donner corps à cette proposition, Le Poing Levé a organisé des délégations étudiantes devant plusieurs usines et devant des axes passants de la ville ces derniers jours, afin d'inviter un maximum de travailleurs à l'assemblée interpro.
Jeudi 15 au matin, une délégation d'étudiants organisée depuis le Mirail s'est ainsi rendue devant le site de Saint Eloi d'Airbus et devant le lycée Airbus.
Ce lundi 19 octobre, une vingtaine d'étudiants issus des différentes assemblées générales de filière qui s'étaient tenues le matin et en début d'après-midi au Mirail se sont rendus à 17h à Jean Jaurès et à Compans Caffarelli. Ils ont profité de l'affluence des deux stations de métro pour non seulement appeler à rejoindre l'interpro, mais aussi inviter les personnes à se joindre à eux pour la diffusion de tracts le lendemain matin devant les sites d'airbus.
Ainsi, ce mardi 20 octobre à 6h, une dizaine d'étudiants du Mirail et de Paul Sabatier, dont l'AG de la veille avait également appelé à ces tractages, se sont retrouvés sur les sites d'Airbus de Saint-Eloi et de Louis Bréguet, où ils ont pu discuter avec de nombreux salariés du groupe et les inviter à l'interpro. Une demi-douzaine d'autres se sont rendus depuis le Mirail sur le marché de Bagatelle, l'un des principaux quartiers populaires de la ville.
L'idée est d'aller notamment à la rencontre des travailleurs de l'aéronautique, secteur industriel central de Toulouse, qui est le secteur dont le blocage est une des plus grandes craintes de Macron, puisque sans ces usines la production d'avions de guerre français s'effondrerait.
De nombreux ouvriers se sont arrêtés pour discuter avec les étudiants. Le 17 octobre était au cœur de la plupart des discussions, de nombreux travailleurs croisés ce mardi matin ont en effet affirmé qu'ils étaient dans la rue samedi. Beaucoup s'interrogent justement sur la suite à donner au mouvement, bon nombre étant notamment très insatisfaits de l'appel de l'intersyndicale à la grève le 5 novembre, une date tardive et pas à la hauteur de la colère qui s'est exprimée ces dernières semaines.
Ce mardi 20 octobre au matin, un lâcher de banderole a également été organisé au-dessus de la rocade. Sur la banderole, visible par les très nombreux travailleurs qui empruntent cet axe de circulation, les étudiants avaient écrit « AG interpro de Toulouse, construire l'après 17, rdv au Mirail 18h30 mardi 20 ».
Toutes ces initiatives ne sont qu'un premier pas vers la jonction étudiants-travailleurs particulièrement nécessaire pour construire la victoire du mouvement et pour nous permettre d'arracher l'ensemble de nos revendications. Désormais, il s'agit de massifier et d'élargir ces délégations, pour que pas un travailleur toulousain ne soit pas au courant des assemblées interpro !
Le tract, rédigé par les assemblées générales du Mirail et diffusé sur les sites d'airbus et devant les stations de métro :
