Sentinelle, RAID, GIGN… Le gouvernement mobilise l'armée et des unités spéciales pour terroriser la jeunesse !
Tue, 20 Oct 2026 17:40:57 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe mardi, le gouvernement a annoncé un renforcement majeur du dispositif répressif pour les mobilisations du 24 octobre. Sentinelle, GIGN, RAID, BRI, hélicoptères, Centaures, canons à eau : un nouveau cap se profile dans la répression, avec un arsenal inédit pour tenter de briser la colère et intimider la jeunesse. Face à l'offensive, il faut faire bloc !

À l'Assemblée nationale, Laurent Nuñez a annoncé le renforcement du dispositif pour le 24 octobre, avec la mobilisation de Sentinelle « en substitution des forces de sécurité intérieure, principalement sur des gardes statiques », afin de « dégager des policiers et des gendarmes » pour le maintien de l'ordre. Il entend également « renforcer le volume d'effectifs disponible », en déployant des unités spécialisées dans l'anti-terrorisme comme la BRI, le GIGN et le RAID, ainsi que des hélicoptères, des Centaures et des engins lanceurs d'eau, comme en juillet 2023. Le ministre a enfin évoqué la possibilité d'interdire certaines manifestations, y compris déclarées.
Alors que le RAID avait déjà été mobilisé à Bordeaux et des Centaures à Marseille, le gouvernement entend désormais étendre ce dispositif à l'échelle nationale en déployant la quasi-totalité des différents corps policiers. Le gouvernement avait d'emblée répondu au mouvement lycéen avec un logiciel de répression des « violences urbaines », qui combinait des forces équestres, des unités de maintien de l'ordre lourdes (CRS et gendarmes mobiles) et les unités spéciales de la police (BAC, BST, BRAV). Désormais, il mobilise les ressources des unités anti-terroristes (le GIGN, le RAID et la BRI) et franchit, avec l'engagement de militaires de Sentinelle, un nouveau seuil dans la militarisation du maintien de l'ordre et dans le déploiement des moyens de l'État face à la jeunesse mobilisée et au mouvement social.
Nuñez va envoyer l'armée, le GIGN et la BRI pour réprimer les manifestations de samedi : c'est une déclaration de guerre à la jeunesse mobilisée. Il va falloir faire bloc en nombre et dans la rue pour défendre le droit de se battre pour une vie digne.
— Ariane Anemoyannis (@AAnemoyannis) October 20, 2026
Une longue histoire de répression
Si le dispositif annoncé marque un nouveau seuil dans la répression de la mobilisation de jeunesse, le recours aux forces spécialisées n'est pas nouveau. De Mayotte aux Antilles, jusqu'aux opérations menées en Kanaky en 2024, des unités d'intervention anti-terroristes ont été mobilisées lors de crises politiques et sociales. En Kanaky, la répression des mobilisations contre le dégel du corps électoral a fait plusieurs morts.
En métropole aussi, les méthodes policières se sont durcies au fil des mobilisations. Lors du mouvement des Gilets jaunes, en 2018-2019, des militaires de Sentinelle avaient déjà été mobilisés à Paris pour assurer la sécurisation statique de bâtiments publics et permettre aux policiers de se consacrer à d'autres missions. D'autre part, le GIGN avait déjà été mobilisé lors de la répression des révoltes qui ont suivi la mort de Nahel. Nuñez instaure ainsi un dispositif sécuritaire maximal qui combine les moyens répressifs utilisés pendant les révoltes des quartiers au déploiement de l'armée pendant les Gilets Jaunes.
Le déploiement de ces unités pose un danger mortel. À Marseille, le RAID a tué par tir de LBD Mohamed Bendriss. Toujours pendant les révoltes de 2023, le RAID a blessé très gravement Aimène Bahouh, 25 ans, le 30 juin 2023 à Mont-Saint-Martin, d'un tir de « beanbag ». Après 25 jours dans le coma, le jeune homme touché à la tempe s'est réveillé avec des séquelles neurologiques. En effet, les forces anti-terroristes utilisent d'autres munitions anti-émeutes que les unités spécialisées de la police ou de la gendarmerie : dans le cas des « beanbags », il s'agit d'une munition contenant un sachet rempli de billes de plomb tirée par des fusils à pompe de calibre 12. Ces munitions ont également été utilisées par la BRI contre les Gilets jaunes.
Faire front face au saut répressif
Face à cette déclaration de guerre à l'ensemble des lycéens, étudiants et travailleurs mobilisés pour dénoncer des conditions d'études, de travail et de vie indigne, il est nécessaire de faire bloc dans la rue, renforcer les liens entre l'ensemble des secteurs mobilisés, mettre au cœur l'auto-organisation des différents secteurs en lutte et construire la grève par en bas pour mettre un coup d'arrêt à l'autoritarisme du gouvernement. Faire front face au saut répressif exige aussi de lutter pour l'abandon de l'ensemble des poursuites judiciaires, la libération et la relaxe totale de tous les manifestants et lycéens interpellés, jugés en comparution immédiate et incarcérés et la dissolution de toutes les corps spéciaux de la police. Amplifions la mobilisation et faisons front !
Par Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons - cc-by-sa-3.0, CC BY-SA 3.0