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Montpellier : 40 000 personnes dans les rues le 17 octobre, il faut organiser la colère pour gagner !

Tue, 20 Oct 2026 18:49:10 CEST

Révolution Permanente

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À Montpellier, le 17 octobre a rassemblé au moins 40 000 manifestants, un record depuis le début de la révolte lycéenne. La radicalité de la jeunesse appelle à construire des cadres d'auto-organisation entre lycéens, étudiants et travailleurs pour faire gagner le mouvement.

Samedi dernier, au moins 40 000 personnes ont défilé dans les rues de Montpellier, dans la lignée d'une mobilisation portée depuis plusieurs semaines par les lycéens. Dès 13h30, alors que la manifestation n'a même pas encore commencé, la place de la Comédie est déjà noire de monde. La foule s'entasse des marches de l'Opéra jusqu'au début de l'Esplanade : « Moi je crois que j'ai jamais vu ça en manif à Montpellier, autant de monde je veux dire. Même en 2005 contre le CPE ou en 2002 contre Le Pen au deuxième tour. » relate un travailleur social. Et pour cause, le nombre de manifestants est comparable aux grandes journées des mouvements sociaux de ces dernières années : le 7 mars 2023, lors de la mobilisation contre la réforme des retraites, 45 000 personnes avaient défilé à Montpellier selon les syndicats.. Comme partout en France, la massivité du 17 octobre est le résultat de la convergence de la révolte lycéenne et étudiante à une colère sociale nourrie par la vie chère et la hausse du prix du carburant depuis plusieurs mois La violente répression déployée contre les lycéens, comme celle qu'a subi une jeune étudiante de 17 ans qui a failli être éborgnée à la suite de coups de matraque devant le lycée Clémenceau, est l'une des raisons invoquées par les nombreux manifestants présents, déterminés à manifester leur solidarité avec la jeunesse réprimée.

« Je n'ai jamais vu ce genre de manif à Montpellier »

La journée a été marquée par la radicalité et la détermination des secteurs présents : des lycéens et des parents, des étudiants, des anciens gilets jaunes mais aussi des travailleurs de la santé et du social. Ces derniers se sont organisés dans un cortège réunissant les étudiants de l'IRTS - qui ont bloqué leur campus pour la première fois en plus de cinquante ans ! - la Coordination des métiers de l'accompagnement (CMEA) et des travailleurs et travailleuses du social en lutte. Un peu plus loin défile un cortège d'une quarantaine de soignants vêtus de blouses blanches, avec des pancartes rappelant les intérêts communs entre le secteur de la santé et de l'éducation.

Santé, social et éducation, les mêmes problèmes reviennent sur les pancartes et dans les discussions : manque de moyens, sous-effectifs, salaires qui ne permettent pas de vivre correctement, dégradation des conditions de travail. Dans les établissements scolaires, les lycéens dénoncent le manque de personnels, les classes surchargées et des conditions d'étude qui se dégradent. Derrière ces revendications, c'est donc une même colère contre l'austérité et la dégradation de nos conditions de vie et de travail qui s'est retrouvée dans la rue.

Comme dans d'autres villes en France, l'Etat au travers des préfectures a déployé un arsenal répressif d'ampleur : à Montpellier, bien avant la manifestation, les CRS patrouillent déjà dans le centre-ville afin de contrôler les passants. L'occasion pour eux de confisquer des sérums physiologiques. A la fin de la manifestation, celle-ci s'est faite accueillir sur la Comédie par du gaz lacrymogène : au total, 63 personnes ont été interpellées et, comme le rapporte le journal Le Poing, cette répression se poursuit sur le terrain judiciaire, avec un parquet qui requiert systématiquement la détention provisoire. Une criminalisation du mouvement social qu'il faut absolument dénoncer, en exigeant la libération et l'amnistie de tous les réprimés.

Pour un véritable rapport de force, la nécessité de construire l'auto-organisation

Le 17 octobre a été le théâtre d'une convergence des colères qu'il faut amplifier pour construire la suite du mouvement : comme l'a rappelé un étudiant de la fac de sciences au mégaphone pendant la manifestation, « il faut maintenant se rencontrer et se coordonner ». C'est en ce sens que les étudiants ont invité les travailleurs à participer à une assemblée générale à la fac des sciences, qui est actuellement occupée.

Une nouvelle assemblée générale interprofessionnelle sera organisée ce jeudi là-bas. Contre la politique de criminalisation menée par le gouvernement et soutenue par l'ensemble de la classe politique, la suite du mouvement est intrinsèquement liée au développement de cadres d'auto-organisation et à l'entrée du mouvement ouvrier par la grève. En ce sens, les initiatives qui existent dans les facs et les lycées doivent être des leviers pour aller à la rencontre du monde du travail.

Nous étions 40 000 personnes dans les rues de Montpellier, ce qui est une démonstration de force énorme, mais pour gagner, il faut que celles et ceux qui ont manifesté ce samedi puissent décider collectivement de la suite.

En effet, c'est en discutant des revendications que l'on veut défendre et en organisant collectivement des actions pour inviter à rejoindre le mouvement que nous serons plus nombreux à nous mobiliser. Une tâche d'autant plus cruciale qu'elle permet de lutter contre la répression du gouvernement, qui construit un récit entre bons et mauvais manifestants pour tenter de diviser les colères et de criminaliser la révolte.

Alors que le gouvernement a d'ores et déjà annoncé des couvre-feux « localisés » qui ont pris place à Lille, Paris ou encore Marseille, les travailleurs ne peuvent pas attendre le 5 novembre, date posée par les directions syndicales pour enjamber le 17, pour entrer de plein pied dans la bataille contre le gouvernement et sa politique. A rebours d'une période où chacun rentrerait chez soi, les vacances doivent servir à organiser la suite : continuer les discussions devant les lycées et dans les universités, impulser des cadres de rencontres interprofessionnelles afin de préparer de nouvelles journées de mobilisation et de grève.

La fête de Révolution Permanente pour discuter des perspectives du mouvement et de la stratégie pour gagner !

C'est avec la volonté de s'organiser pour construire la suite de la mobilisation qu'avec Révolution Permanente Montpellier, nous vous invitons à participer à notre grande réunion publique de rentrée ce samedi 24 octobre à La Tendresse à partir de 18 heures : quelles suites à donner au 17 octobre ? comment s'organiser face à la répression ? comment mener cette colère et cette radicalité à la victoire ? et comment imposer nos revendications dans le débat présidentiel, au travers de la candidature de Anasse Kazib ? Venez en débattre et nous rencontrer dans un contexte convivial et festif !

Rendez-vous le 24 octobre à la Tendresse à partir de 18 heures pour la fête de Révolution Permanente Montpellier !

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