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Montpellier : la CGT Cheminots attaque aux prud'hommes une salariée ayant dénoncé des VSS

Tue, 20 Oct 2026 18:53:01 CEST

Révolution Permanente

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En arrêt maladie après avoir dénoncé des faits de harcèlement sexuel venant d'un de ses anciens camarades de la CGT, une salariée s'est vue assignée aux prud'hommes par son employeur, une structure gérée par la CGT elle-même.

Ce jeudi 15 octobre, un rassemblement en soutien à Sabrina, salariée du CASI (Comité d'Activités Sociales Interentreprises) de la SNCF, s'est tenu devant le Conseil de prud'hommes de Montpellier. En arrêt maladie depuis deux ans après avoir dénoncé des faits de harcèlement sexuel de la part d'un de ses anciens camarades de la CGT, le syndicat, majoritaire dans la gestion du CASI, l'a assignée en référé.

Si le CASI prétend contester les avis du médecin du travail liés à l'arrêt maladie de Sabrina, désormais syndiquée à SUD Rail, la défense y voit une volonté de la pousser à bout pour se débarrasser d'elle. « D'un point de vue légal, cette procédure ne tient pas du tout. Et souvent les procédures qui ne tiennent pas du tout, ce sont des procédures instrumentalisées et aujourd'hui c'est le cas. » affirme l'avocate de la salariée, Mathilde Lanté, membre du Collectif d'Action Judiciaire.

De plus, les soutiens de Sabrina soulignent que l'utilisation de la procédure en référé vise à empêcher la salariée de prendre le temps de préparer correctement sa défense. Sur le fond, Loïc, cheminot syndiqué à SUD-Rail rappelle que « le dossier évoque des absences injustifiées alors même que son employeur lui a imposé des congés payés », signe de la mauvaise foi du CASI.

Sabrina dénonce « un traitement inacceptable ». A ses yeux, la CGT se pose en victime à sa place. « Le vrai mot, c'est l'injustice » poursuit-elle. Quant au procès, elle est optimiste car elle sait qu'elle est « droite dans ses bottes, n'a pas commis de faute et ne comprend pas pourquoi elle est au tribunal ».

La lutte contre le patriarcat, enjeu politique essentiel sur nos lieux de travail

Cette procédure s'inscrit dans le cadre d'une affaire qui a secoué le monde cheminot ces dernières années, déjà documentée par Médiapart il y a un an et sur laquelle la cellule de veille confédérale de la CGT avait pointé des « faits graves ».

Alors que la CGT Cheminots Montpellier était alors critiquée pour avoir protégé le cheminot et militant concerné, le syndicat semble passer un nouveau palier avec cette procédure, « un acte de plus dans ce qu'on peut qualifier de harcèlement moral et de cabale menée contre elle pour avoir dénoncé des faits violence sexiste et sexuelle » selon Mathilde Lanté. Pour l'avocate, « aujourd'hui on a une organisation syndicale qui attaque au Conseil des prud'hommes une salariée, c'est absolument inédit. On va demander des dommages et intérêts pour procédure abusive : s'ils nous attaquent, on doit contre-attaquer. »

De son côté, les militants de SUD Rail dans lequel milite Sabrina, venus en nombre soutenir leur camarade, soulignent l'enjeu d'apporter une réponse conséquente aux violences sexistes et sexuelles : « Cette procédure, c'est un message terrible qui est envoyé à toutes nos collègues, à toutes nos camarades. Non seulement si tu parles on ne t'écoutera pas, en plus on protègera le mis en cause, mais aussi on va faire de ta vie un enfer, te poursuivre en justice. C'est insupportable et dramatique que nos organisations de salariés développent ce genre de méthodes pour couvrir les VSS en leur sein, et c'est un frein considérable pour réussir à unir l'ensemble des cheminots dans la lutte. On veut reconstruire un syndicalisme de terrain, au plus proche des cheminots, qui prend à bras le corps les problèmes de VSS pour que chaque collègue et camarade puisse travailler et s'engager dans la lutte à nos côtés en se sentant en sécurité. »

Enfin, SUD-Rail a rappelé le décalage entre la situation politique actuelle et cette procédure judiciaire : « Aucun d'entre nous devrait être ici parce qu'il y a en ce moment même une manifestation dans le cadre de l'incroyable mouvement de jeunesse. Ça en dit long sur ce qu'est devenu notre ancien syndicat CGT Cheminots de Montpellier, que dans cette période leur priorité ce soit de poursuivre une salariée aux prud'hommes plutôt que de construire une convergence avec les lycéens le 17 octobre. »

Suite au rassemblement, l'audience s'est rapidement conclue par un renvoi de l'affaire.

En raison d'un conflit d'intérêt entre un des conseillers prud'homaux et un tiers au litige, il a été décidé de reporter l'audience au 29 octobre à 14h devant la même juridiction.

SUD-Rail appelle à un nouveau rassemblement pour soutenir Sabrina dans cette procédure.

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