Après le 17 octobre, les AG étudiantes mobilisent largement à Bordeaux, Toulouse et Saint-Denis !
Tue, 20 Oct 2026 23:56:48 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'original2 000 étudiants en AG dans les facs bordelaises, 1000 à Toulouse, 500 à Paris 8, plusieurs centaines à Rennes 1, Lyon 1 ou l'université de Grenoble : après le 17 octobre, la dynamique d'auto-organisation prend de l'ampleur dans les facs. Un succès face à la réthorique du gouvernement pour diviser le mouvement, qui montre l'envie de la jeunesse de s'organiser pour gagner face à Macron.

Dans les médias, le gouvernement et les relais de la bourgeoisie sont en boucle pour criminaliser les mobilisations du 17 octobre, parlant de casseurs, de délinquants voir de « terroristes ». Après des premiers couvre-feu décidés lundi, ce mardi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé déployer le RAID, le GIGN et la BRI contre la manifestation du 24 octobre, de même que les militaires de l'opération Sentinelle pour dégager davantage de forces de polices pour le « maintien de l'ordre ».
Mais face à cette déclaration de guerre à la jeunesse, elle montre qu'elle ne se laissera pas intimider. En effet, en ce début de semaine, des AG massives se multiplient sur les facs pour organiser la suite du 17 octobre. A Bordeaux, 2000 étudiants étaient mobilisés ce mardi, 1000 au campus de droit et 1000 dans celui de sciences. Dans ce dernier les étudiants ont décidé d'aller occuper un amphi où devait se tenir des examens pour réaffirmer les revendications du mouvement et s'opposer aux pressions scolaires qu'utilise la présidence pour limiter la mobilisation étudiante. Les étudiants des deux campus ont fini par converger dans une manifestation spontanée massive pour interpeller la Présidence de la fac.
Dans le même sens, à l'université du Mirail à Toulouse près de 1000 étudiants et personnels étaient présents en Assemblée générale ce mardi. Cette AG intervient après la tentative lundi par la Présidence de fermer administrativement la fac, suite à une semaine d'occupation et de cours alternatifs. Face à cela, les étudiants se sont organisés pour empêcher la fermeture puis ont mis en place des AG d'UFR spontanés. Ces premières discussions locales ont permis la réussite importante de l'AG ce mardi, lors de laquelle les étudiants ont souligné leur détermination après la journée du 17 pour s'affronter à la répression et au gouvernement. Ils revendiquent le 10 améliorable, le report des examens et ont voté une journée d'action le 2 novembre, jour de la rentrée. Les étudiants et personnels ont également rejoints l'AG interprofessionnelle qui se tenait à Toulouse ce mardi soir, et a réuni près de 800 personnes.
De la même façon, en région parisienne la mobilisation passe un nouveau cap après le 17 octobre. A Paris 8 Saint-Denis 500 étudiants étaient réunis pour la plus grande AG depuis le début du mouvement. Ils ont voté l'organisation d'une AG interprofessionnelle ce vendredi, pour réunir les travailleurs de Saint-Denis et des villes alentours pour construire la grève et préparer le blocage de l'économie.
D'autres campus habituellement moins mobilisés répondent présents en ce début de semaine, comme le centre Beaulieu à Rennes, l'université Paul Sabatier à Toulouse et l'université Lyon 1, qui ont respectivement réunis 600, 500 450 personnes lundi 19 octobre. A Grenoble, 300 étudiants étaient mobilisés, de même qu'à l'université Paris-Cité, où une université populaire a été organisée, avec des débats et l'occupation d'un bâtiment.
Ces AG réussies dans de nombreuses villes montrent que le plan du gouvernement pour criminaliser le mouvement ne prend pas, et que la jeunesse reste déterminée pour faire payer à Macron des années de répression et d'attaques anti-sociales. Dans de nombreux endroits, elle tente de se lier aux travailleurs, avec des distributions de tracts devant des centres industriels pour les appeler à rejoindre les étudiants, comme à Toulouse. En effet, pour faire tomber Macron, l'enjeu est de construire une grève générale qui prenne modèle sur mai 68, lorsque des millions de travailleurs avaient rejoint la lutte de la jeunesse pour s'affronter au gouvernement.
En ce sens, en région parisienne la Coordination Régionale étudiante, s'est tenu pour la première fois lundi soir et a réuni 98 délégués étudiants de 32 campus universitaires mobilisés en Ile-de-France. Cette coordination, regroupant des délégués élus et des observateurs parmi les AG de facs, a décidé de multiplier les actions de convergences avec les travailleurs, d'ouvrir les campus universitaires aux lycéens pour du tutorat et soutien scolaire, et s'est exprimé pour la libération et l'abandon des poursuites pour toutes les personnes réprimés.
La coordination a voté de rejoindre les manifestations de jeunesse des jeudi 22 et 29, mais aussi la manifestation du samedi 24, et préparer une grève générale à partir du 5 novembre.
La dynamique dans les universités montre que la répression n'ébranle pas la volonté de lutter dans la jeunesse, et que la détermination est forte pour faire tomber Macron. Les exemples d'auto-organisation et de liens avec les travailleurs doivent être généralisés, afin de construire une grève générale politique capable de renverser le pouvoir, et d'obtenir nos revendications. Un tel rapport de force serait capable d'abroger ParcoursSup, obtenir des moyens massifs pour les lycées et l'université, la fin du Service national et des milliards investis dans la militarisation, de faire tomber Macron et le régime de la Ve République pour arracher enfin un avenir qui mérite d'être vécu. Nous devons nous battre de toutes nos forces pour atteindre cette perspective.