Offensive autoritaire : Lecornu appelle à instaurer des couvre-feux ciblés pour contenir la mobilisation
Mon, 19 Oct 2026 14:09:15 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalDans une allocution retransmise en direct, ce lundi midi, le premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé avoir demandé aux préfets de mettre en place des « couvre-feux partiels et localisés dès ce soir ». Un nouveau durcissement autoritaire pour étouffer les mobilisations.

À la sortie d'une cellule interministérielle de crise, ce lundi à 10h, plusieurs membres du gouvernement dont le premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez ont présenté plusieurs mesures autoritaires pour mettre le pays sous cloche et étouffer la mobilisation, après des semaines de mobilisations lycéennes et à la journée massive du 17 octobre.
Des « couvre-feux partiels et localisés » seront mis en place dans plusieurs villes du pays dès ce soir. La liste des villes concernées sera annoncée dans l'après-midi. Laurent Nuñez, dont le président a refusé la démission dans la plus pure tradition macroniste, a également indiqué qu'il allait « renforcer les effectifs de police et de gendarmerie sur le terrain » pour quadriller le pays.
Questionné sur le possible recours à l'état d'urgence ou sur l'activation de l'article 16 de la Constitution, Lecornu a déclaré que ces options pourraient être envisagées « si ces mesures s'avéraient utiles », tout en considérant, pour l'instant, que les couvre-feux « paraissent davantage adaptés ». Certaines villes ont d'ores et déjà mis en place ce type de mesures. La maire PS de Denain, dans les Hauts-de-France, a déclaré un couvre-feu de 21 heures à 6 heures, en vigueur jusqu'au dimanche 25 octobre.
Dimanche, le préfet de Guadeloupe avait également instauré un couvre-feu colonial pour les mineurs. Comme souvent, les colonies françaises constituent des laboratoires autoritaires dont les dispositifs d'exception sont ensuite remobilisés (partiellement) sur le territoire métropolitain.
Après avoir réprimé brutalement les mobilisations de ces dernières semaines en mutilant plusieurs lycéens et manifestants, le gouvernement cherche aujourd'hui à poursuivre son offensive répressive sur le terrain administratif en mettant sous cloche le pays. Face à cette attaque anti-démocratique, il faut que l'ensemble des organisations du mouvement ouvrier et du mouvement social dénoncent la mise en place de couvre-feux et, potentiellement, des autres moyens autoritaires que les institutions ultra-réactionnaires de la Vème République mettent à la disposition du gouvernement et s'opposent par la grève à la répression de la colère des lycéens, des étudiants et du monde du travail.