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4000 personnes à Angoulême : après le 17 octobre, il faut construire le mouvement par en bas

Mon, 19 Oct 2026 18:07:09 CEST

Révolution Permanente

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Ce samedi 17 octobre, près de 4000 personnes ont manifesté dans les rues d'Angoulême. Un cortège massif où se sont retrouvés étudiants, lycéens et travailleurs contre l'austérité, le budget du gouvernement et la hausse du coût de la vie qui écrase les classes populaires.

De la manifestation massive au départ de la gare SNCF au rond point de la zone des Montagnes bloqué dès 10h, en passant par le blocage de la RN10 où s'est concentrée la répression, Angoulême a été marquée par un 17 octobre puissant. Travailleurs, syndiqués ou non, lycéens et étudiants ont dénoncé la politique austéritaire et répressive du gouvernement ainsi que la dégradation des conditions de vie. La réussite de cette journée de mobilisation doit désormais servir de point d'appui pour construire la mobilisation par en bas et élargir le mouvement.

Une nouvelle étape pour le mouvement social

Alors que la mobilisation lycéenne, qui dure depuis plusieurs semaines, a été durement réprimée, le 17 octobre marque une nouvelle étape dans l'élargissement du mouvement avec plus de 800 000 personnes dans les rues en France, dont près de 4000 à Angoulême, approfondissant la crise du macronisme en fin de règne. Comme dans de nombreuses villes du pays, le cortège déclaré par les organisations syndicales s'est accompagné de manifestations spontanées.

Dans la préfecture de Charente, plus de 1000 personnes ont commencé à se rejoindre à la gare SNCF, à l'appel de la CGT. À cet endroit, Marion, militante à Révolution Permanente a pu rappeler lors d'une prise de parole la nécessité stratégique de s'organiser démocratiquement par en bas pour renforcer le mouvement : « C'est hyper important qu'on discute dès aujourd'hui pour auto-organiser le mouvement qui est aujourd'hui dans nos mains. Durant ces deux semaines de vacances étudiantes, il faut créér des assemblées et des cadres de décision pour que le mouvement dure, jusqu'à ce qu'on obtienne satisfaction. »

La foule ne cessant de grandir, le cortège d'environ 4000 personnes s'est progressivement dirigé vers le centre commercial Leclerc, bloquant ce symbole de la grande distribution alors que les manifestants dénoncent le coût de la vie. De nombreuses pancartes ont aussi dénoncé les violences de la police contre les lycéens. La foule est ensuite retournée vers la gare où le parcours syndical a pris fin avant de partir en manifestation spontanée alors que les manifestants ne voulaient pas rentrer chez eux.

Devant l'hôtel de ville, la foule scande « la jeunesse emmerde le Front National » tandis que des étudiants de l'Ecole Européenne de l'Image et du Son (EESI) déploient une banderole sur les grilles de la mairie : « rEESIstance face à la mort des services publics. »

Le cortège s'est ensuite déplacé place Carnot. Des lycéens ont grimpé sur la statue pour prendre la parole en appelant à la convergence des luttes face au gouvernement : « Il y a plusieurs combats qui se rejoignent, et notre lutte lycéenne devient un mouvement social. Ici, il y a des gilets jaunes, des employés du service publics, des lycéens en colère et des gens révoltés pour le pouvoir d'achat, car ce n'est plus possible. Mais aujourd'hui on se bat aussi contre les violences policières qui sont inacceptables, mais aussi pour que la Palestine soit libre ! »

Après cette intervention et plusieurs chants antifascistes, le cortège est reparti spontanément à travers la ville avant d'entamer une longue marche vers le rond point de Girac, lieu historique de la mobilisation des Gilets Jaunes en 2018. C'est ici que la répression policière s'est déchainé à grand renfort de lacrymogènes. La foule, festive et déterminée, rejoint par une fanfare militante a pu néanmoins avancer avant d'atteindre finalement la RN10 et de la bloquer.

La réussite de cette journée, marquée notamment par le succès de la convergence entre les secteurs lycéens, étudiants et de travailleurs doit servir de point d'appui pour structurer et amplifier le mouvement. Si cette journée démontre que l'unité avec le monde du travail est possible, elle révèle aussi les freins à l'entrée massive du mouvement ouvrier dans la bataille, à commencer par la manœuvre des directions syndicales qui ont appelé à une date lointaine de mobilisation, le 5 novembre.

Alors que le gouvernement est affaibli par l'ampleur de la mobilisation et une brèche existe pour étendre les grèves, coordonner les différents secteurs et imposer aux directions syndicales un plan de bataille offensif capable de paralyser l'économie, de construire le rapport de force à même d'arracher l'ensemble des revendications du mouvement et de mettre un coup d'arrêt à la répression.

Sans attendre, il faut multiplier les jonctions et coordinations entre les secteurs en lutte, sur les lieux de travail et d'étude. C'est ce que nous appelons à faire, en fixant un rendez-vous pour une AG inter-pro, ouvrière et étudiante, le mercredi 21 octobre, à la Maison des Peuples et de la Paix d'Angoulême.

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