Brest, Nantes, Rennes… 120 000 manifestants dans l'Ouest : une mobilisation massive et déterminée
Sun, 18 Oct 2026 15:31:10 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalDans l'Ouest, au moins 120 000 personnes ont manifesté contre la vie chère et l'austérité, malgré une répression brutale. Des assemblées générales interprofessionnelles réunissant étudiants, lycéens et travailleurs doivent s'organiser pour préparer les suites du mouvement.

Lancée début septembre sur les réseaux sociaux, la mobilisation du 17 octobre visait à lutter contre la hausse des prix des carburants, l'inflation et la vie chère. Dans l'Ouest de la France, des blocages de ronds-points et de stations-service ont eu lieu dès le matin. À Brest, près de 200 personnes, dont des Gilets jaunes et des étudiant·es, ont bloqué le rond-point de Pen ar C'hleuz, lieu emblématique de la mobilisation des Gilets jaunes. Au Mans, une cinquantaine d'étudiant·es et de travailleurs ont organisé une opération péage gratuit à la sortie de l'autoroute Océane.
LE MANS | OPÉRATION PÉAGE GRATUIT
Dès 8h, une cinquantaine de personnes, étudiants, travailleurs et Gilets jaunes, se sont mobilisées pour une opération péage gratuit à la sortie de l'autoroute Océane, au Mans. https://t.co/BH0qfsGns4
— Révolution Permanente (@RevPermanente) October 17, 2026
A Rennes, vers 11h, un millier d'étudiants, de syndicalistes ou de travailleurs de l'éducation se sont rendus à Cleunay pour bloquer un rond-point et installer des barbecues, tandis qu'au rond-point de Saint-Grégoire avait lieu une opération escargot.
L'ampleur de la mobilisation s'est révélée dans les manifestations. Dans le Finistère, 15 000 personnes ont défilé à Brest et 4 000 à Quimper. Dans les Côtes-d'Armor, elles étaient 2 000 à Guingamp et 3 000 à Saint-Brieuc, selon les autorités elles-mêmes. À Tours (Indre-et-Loire), 12 000 personnes ont manifesté, contre 4 000 à Laval (Mayenne) et selon les organisateurs, 8 000 au Mans (Sarthe). En Loire-Atlantique, plus de 30 000 personnes ont manifesté à Nantes selon les organisateurs, un niveau comparable à celui de certaines grandes journées de mobilisation contre la réforme des retraites en 2023. Les autorités avaient elles-mêmes recensé 20 000 manifestants. À Rennes (Ille-et-Vilaine), la manifestation a rassemblé 36 000 personnes selon les syndicats, contre 12 000 selon la préfecture. Dans le Morbihan, 4 000 manifestants étaient réunis à Vannes et 10 000 à Lorient. Au total, au moins 120 000 personnes ont manifesté ce samedi 17 octobre en Bretagne et dans les Pays de la Loire contre la vie chère, la hausse des prix des carburants, Macron et ses politiques.
Au-delà du nombre, les manifestations ont exprimé une forte détermination et une volonté profonde de faire converger les colères. A Saint-Brieuc, une vidéo prise par un correspondant de Révolution Permanente montre la jonction entre les cortèges syndicaux de Solidaires et de la CGT avec le cortège lycéen.
SAINT-BRIEUC | LYCÉENS et TRAVAILLEURS marchent ENSEMBLE !
ÉNORME AMBIANCE à Saint-Brieuc (Côtes d'Armor) lors de la jonction entre le cortège syndical et le cortège lycéen. Le mouvement lycéen a ouvert une brèche, le mouvement ouvrier doit le rejoindre. https://t.co/BI9IfWLTWb
— Révolution Permanente (@RevPermanente) October 17, 2026
A Rennes, 4000 policiers ont été déployés sur le terrain pour réprimer les étudiants et travailleurs mobilisés. La répression policière a été si forte qu'en fin d'après-midi, plusieurs unités se sont retrouvées à court de grenades lacrymogènes : « On est à court de lacrymaux » a même crié un gendarme mobile, selon un journaliste de France 3. A 20 heures, selon un manifestant, les canons à eau sur la place Sainte-Anne étaient vides. En d'autres termes, les 36 000 manifestants rennais ont fait preuve d'une combativité exemplaire pour défendre leur droit à manifester. Cette détermination face à la répression révèle la profondeur de la crise sociale qui traverse la France.
Dans toute la Bretagne et les Pays de la Loire, lycéen·nes, étudiant·es, salarié·es, parents d'élèves et personnes privées d'emploi se sont mobilisés massivement, avec une détermination qui s'est aussi exprimée dans une forte radicalité. Ils ont exprimé leur colère contre les journées de cours à rallonge le 8h-18h, l'inflation et la flambée des prix des carburants, mais aussi leur exigence de conditions de vie et d'études dignes et de moyens pour les services publics. À Saint-Étienne, cette répression a pris une tournure particulièrement grave : un manifestant a eu la main arrachée par une grenade policière. Alors que la colère sociale s'étend, le gouvernement répond par la force, et mutile celles et ceux qui se mobilisent.
« C'est une belle démonstration, mais il faut un plan pour la suite. On doit créer la jonction des jeunes et des ouvriers, sans attendre le 5 novembre. Le gouvernement est fragile, il peut reculer si on construit une grève générale ! » - Benjamin Sainty, syndicaliste https://t.co/yqJcQBEOCj
— Révolution Permanente (@RevPermanente) October 17, 2026
Des rencontres interprofessionnelles pour préparer les suites !
Face à cette offensive, la détermination des lycéen·nes et des étudiant·es montre le potentiel d'une mobilisation capable de mettre le gouvernement en difficulté. Mais pour transformer cette colère en rapport de force et imposer une défaite à Macron et à son austérité, il faut construire, par en bas, un mouvement d'ensemble, dans la perspective de construire une grève générale capable de bloquer l'économie, pour arracher des moyens massifs pour l'éducation, exproprier les grands groupes capitalistes, et en finir avec l'austérité.
De leurs côtés, les directions syndicales restent particulièrement attentistes. La CFDT n'a même pas appelé à manifester le 17 octobre, se tenant ainsi à l'écart de la colère contre la vie chère. De son côté, Fabrice Lerestif, responsable de Force ouvrière en Ille-et-Vilaine, estime que « cette journée du 17 paraît très nébuleuse et manque de clarté sur ses revendications », dénonçant également « des idées exprimées totalement opposées aux nôtres ! » pour justifier son refus d'appeler à rejoindre la mobilisation pour justifier de ne pas appeler à rejoindre la mobilisation. De son côté, la CGT de Sophie Binet a soutenu la mobilisation du 17 octobre sans appeler à la construire, préférant concentrer ses efforts sur le 5 novembre.
Par conséquent, la tâche du mouvement est de construire la grève générale le mouvement par en bas, de transformer la détermination en une force durable et d'étendre la colère à l'ensemble des travailleurs et des travailleuses. Le mouvement étudiant et le mouvement lycéen doivent créer des points de convergence avec le mouvement ouvrier afin d'ancrer la mobilisation dans les lieux d'études, de travail et les quartiers populaires. Les assemblées locales doivent se doter de représentant·es élu·es et révocables à tout moment, chargé·es de défendre leurs revendications et de structurer la mobilisation à l'échelle régionale et nationale.
Pour défendre cette perspective à nos côtés, rejoignez-nous, et rendez-vous dimanche à 15h à Sainte-Anne (Rennes) pour une assemblée générale des étudiants, lycéens et travailleurs.
Lire aussi : Une « nuit des barricades » nationale : le mouvement ouvrier doit entrer dans la bataille comme en 1968 !
Lire aussi : Une « nuit des barricades » nationale : le mouvement ouvrier doit entrer dans la bataille comme en 1968 !
La place de la République, à Rennes, noire de monde ce samedi 17 octobre (Révolution Permanente)