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Plus de 80 000 personnes dans la rue ce 17 octobre à Toulouse. Rendez-vous en AG interpro le 20 !

Sun, 18 Oct 2026 16:30:08 CEST

Révolution Permanente

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Plus de 80 000 personnes ont battu le pavé ce samedi 17 octobre à Toulouse contre la vie chère et l'austérité. La répression a été brutale, avec plus de 100 interpellations et des violences policières ciblées contre le cortège de l'intersyndicale. Une AG interpro est appelée mardi 20 au Mirail occupé pour coordonner la suite du mouvement.

Ce samedi 17 octobre, plusieurs dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues toulousaines pour exprimer leur colère, dans le cadre du mouvement organisé pour le jour-anniversaire du début des gilets jaunes, contre la vie chère et en solidarité avec les lycéens révoltés.

Si les différents appels à manifester donnaient rendez-vous en début d'après-midi, plusieurs actions et rassemblements spontanés ont eu lieu dès le matin dans la ville rose, notamment sur le parvis de la gare Matabiau. Face à eux, la police a très rapidement réprimé, gazant notamment dans le centre-ville dès le début de matinée.

Finalement, au moins 80 000 manifestants - travailleurs, lycéens, étudiants, retraités, militants et non militants - se sont élancés à 14h de la Place Jean Jaurès. Une massivité digne des journées les plus réussies de la mobilisation contre la réforme des retraites.

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Pour beaucoup de personnes présentes, avec lesquelles Révolution Permanente a pu discuter, il s'agissait de la première ou d'une des premières manifestations de leur vie. En effet, bon nombre de personnes semblent avoir décidé de passer le pas ce samedi, face à la hausse intenable du prix du carburant, la dégradation des conditions d'étude et bien sûr contre la répression brutale qu'ont subi les lycéens depuis le début de leur révolte il y a environ deux semaines.

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Pôle pour la grève générale, cortège intersyndical visé par la police

Une composition nouvelle qui s'est ressentie dans l'ambiance générale de la manifestation. Cette dernière a en effet été marquée par d'importantes expressions de combativité, des cortèges vivants et un refus de céder face à la répression policière.

Malgré la répression brutale, un cortège est parvenu à atteindre le lycée Déodat-de-Séverac, un lycée de quartier populaire qui s'est distingué en étant au cœur de la mobilisation depuis le début de la révolte lycéenne et au cœur des offensives brutales de la police. La manifestation a continué bien au-delà, se scindant en de nombreuses manifestations qui ont battu le pavé de tout Toulouse jusqu'à plus de 21 heures.

Le carré syndical a été scandaleusement pris pour cible par les CRS, qui ont visé les dirigeants syndicaux qui s'y trouvaient avec des grenades de désencerclement, blessant au moins quatre d'entre eux. Cédric Caubère, secrétaire général de l'Union départementale CGT Haute-Garonne, a dénoncé « une attaque des leaders syndicaux par la police ».

D'après nos informations, 103 personnes ont été arrêtées ce samedi. Par ailleurs, on compterait des centaines de blessés. En soutien avec les personnes réprimées par la police, des rassemblements étaient organisés ce samedi soir à 19h et ce dimanche matin à 10h devant le commissariat à Canal du Midi.

Au cœur de la manifestation, un pôle « pour la grève générale » de plusieurs milliers de manifestants a rassemblé les étudiants et personnels de la fac du Mirail occupé, les étudiants des universités Paul Sabatier et du Capitole, d'importants contingents lycéens ainsi que plusieurs délégations ouvrières, notamment des ingénieurs de l'aérospatial, des ouvriers de l'aéronautique, des travailleurs de l'éducation nationale, des travailleurs sociaux, des soignants, des cheminots, des travailleurs de la logistique et les grévistes des bibliothèques de Toulouse. Ces derniers sont notamment parvenus à construire une grève large ce samedi, forçant ainsi la fermeture de 6 bibliothèques toulousaines, dont la médiathèque José Cabanis.

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Ce pôle, constitué à l'initiative des assemblées générales des trois universités toulousaines, a revendiqué centralement la nécessité de continuer d'élargir la révolte lycéenne et le mouvement du 17 octobre au monde du travail, à utiliser la détermination exprimée pour construire le mouvement par en bas. On ne peut pas attendre le 5 novembre, une date lointaine fixée par les directions syndicales. Il faut s'organiser en assemblées générales, multiplier les rencontres interprofessionnelles entre lycéens, étudiants et travailleurs de différents secteurs, pour structurer le mouvement à la base, imposer notre calendrier de lutte aux directions syndicales, entraîner de nouveaux secteurs dans la grève, avec la perspective de construire une grève générale capable de paralyser l'économie. Cette orientation est notamment portée par plus de 300 syndicalistes à l'échelle du pays, dans une tribune qui appelle à faire « comme en 68 » et les organisations syndicales à « se mettre en mouvement par leurs propres méthodes ».

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Mardi 20 : une AG interpro au Mirail pour préparer la suite

Après cet « Acte I » réussi, il faut désormais préparer la suite. Alors que le gouvernement compte sur les vacances pour que la colère retombe, il faut mettre notre énergie dans la construction de l'auto-organisation, qui permettent de réunir l'ensemble des secteurs en lutte et de préparer l'entrée en scène du monde du travail, par ses propres méthodes. L'enjeu de ces assemblées doit être de coordonner le mouvement par la base et discuter d'un plan de bataille pour permettre au mouvement d'arracher ses revendications et de faire reculer le gouvernement.

A Toulouse, c'est précisément le sens de l'AG interpro appelée au Mirail, mardi à 19 heures, par l'Assemblée générale des personnels de la fac. L'appel est explicite : « Travailleuses, travailleurs du privé comme du public, personnels de l'éducation, de la santé, des transports, de l'industrie, du commerce, de la logistique, étudiants, lycéens et précaires : nous avons tout intérêt à nous retrouver pour construire ensemble un rapport de force à la hauteur des enjeux. »

Cette assemblée générale interprofessionnelle, constitue un premier pas pour étendre l'auto-organisation et construire l'élargissement du mouvement au monde du travail et doit être rejointe par toutes celles et ceux qui veulent que le souffle du 17 ne s'arrête pas.

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