Après le 17 octobre, Macron entend la colère mais appelle à rester sage jusqu'en 2027
Sun, 18 Oct 2026 22:17:34 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalDans une allocution lapidaire, Macron a dénoncé les « factieux » et affirmé entendre la colère, sans évidemment y répondre. Après dix ans de politique anti-ouvrière et anti-jeunes, le Président des riches appelle tous ceux qui le haïssent à attendre 2027....

Au lendemain de la journée massive et radicale du 17 octobre, Macron a livré une allocution essentiellement consacrée à appeler au calme. Face aux 800 000 personnes qui ont exprimé leur colère contre dix ans de casse sociale, de salaires en berne, de prix qui explosent et de services publics dégradés, Macron a commencé par marteler que « le pays a besoin d'ordre, d'apaisement et pas d'une escalade ».
En promettant que celles et ceux qui ont « cassé, attaqué (…) seront poursuivis et punis », l'allocution a permis de réaffirmer les objectifs répressifs du gouvernement après la déroute du dispositif de maintien de l'ordre samedi, malgré un déchainement de violence policière : adolescente de 17 ans éborgnée, main arrachée à Saint-Etienne, … Si Macron n'a pas décrété l'état d'urgence, réclamé notamment par Retailleau, il prépare une réponse policière et pénale renforcée, en lien notamment avec la loi « casseur payeur », tout en laissant aux préfets le soin « interdire certains rassemblements quand il le faut ».
Face à la pression de la rue, Macron a aussi cherché à reprendre l'initiative politique, en appelant les oppositions à condamner les violences et en annonçant une réunion autour de Sébastien Lecornu en ce sens. Une coquille vide pour donner l'impression d'agir, de la part d'un Président trop fragile pour lancer l'offensive répressive brutale qu'exige l'extrême-droite et trop anti-ouvrier pour répondre à la moindre revendication.
Aussi, Macron a fini par appeler la population à attendre l'élection présidentielle prévue dans six mois, dans une expression claire de son impuissance à calmer la colère que 10 années de sa politique a semé. Lycéens, travailleurs, Gilets jaunes… Si la journée du 17 octobre a montré quelque chose, c'est à quel point le macronisme avait favorisé la politisation et la radicalisation de larges secteurs dont la colère commence à converger.
L'enjeu est désormais de transformer l'impulsion de la jeunesse en une contre-offensive impliquant l'ensemble du mouvement ouvrier. Pour cela, il faut s'organiser dans les lieux d'études et de travail, étendre les grèves et imposer aux directions syndicales un véritable plan de bataille. Il n'est pas question d'attendre 2027 : il faut faire du 17 octobre le point de départ d'une mobilisation capable de faire tomber Macron, son gouvernement et de mettre en échec son offensive austéritaire.