« Nous refusons toute intimidation » : le lycée Paul Éluard fait front après l'intervention de la BAC
Sat, 17 Oct 2026 11:22:38 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAprès une intervention brutale de la BAC dans l'enceinte même du lycée Paul Éluard à Saint-Denis, les personnels ont tenu une conférence de presse devant l'établissement. Ils demandent la démission de leur proviseur et appellent à étendre la mobilisation à partir du 17 octobre.

Ce vendredi 16 octobre, les personnels du lycée Paul Éluard ont tenu une conférence de presse devant l'établissement, au sujet de l'intervention policière de la veille. Après que les élèves ont été chargés et gazés, le proviseur avait choisi de collaborer directement avec la préfecture et de laisser entrer la BAC pour arrêter un lycéen. Profs et AED avaient immédiatement fait bloc contre la police et empêché l'interpellation, avant de se mettre en droit de retrait ou en grève et d'occuper le lycée.
Suite à cette réaction exemplaire, des centaines d'élèves avaient rejoint le lycée pour un sit-in dans la cour et des soutiens - des étudiants de Paris 8, des parents d'élèves, des élèves d'autres établissements - ont convergé devant le commissariat de Saint-Denis. Le lendemain, la conférence de presse a été l'occasion de contrer le récit des médias dominants à travers un communiqué, voté à l'unanimité par les personnels. Ils y dénoncent « un nouveau seuil dans l'escalade répressive », qui constitue pour eux « un point de rupture ». La responsabilité échoit en grande partie au proviseur, dont les personnels exigent désormais « le départ immédiat ainsi que la radiation en tant que fonctionnaire de l'État ». Ils demandent également « l'abandon des poursuites engagées contre les lycéens et l'amnistie des élèves concernés ».
Lire aussi : « Nous exigeons le départ du proviseur » : communiqué des personnels du lycée Paul Éluard de Saint-Denis
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Après la conférence de presse, Nouma, lycéenne, a défendu ses professeurs violentés par la police : « L'un d'eux a eu une clé de bras, il a trois jours d'ITT : on a franchi une ligne rouge. Les élèves sont traumatisés, nos parents aussi, la communauté éducative aussi : tout le monde veut la démission du proviseur. » Elle appelle à « remettre en cause le gouvernement » et à ce que la jeunesse mondiale, « qui a connu les confinements, le changement climatique, les crises géopolitiques », fasse entendre sa voix.
Alexis, AED à Paul Éluard, a quant à lui rappelé que l'intervention de jeudi s'inscrivait dans un contexte de terreur policière : « Il n'y a pas un jour sans violence policière. La police de Saint-Denis chasse des enfants qui sont intimidés, insultés, tabassés une fois au commissariat ». Il explique aussi que cet acharnement n'est pas un hasard : « C'est parce que notre établissement est un des visages de la mobilisation qu'il est pris pour cible. Le gouvernement est terrifié de les travailleurs expriment leur solidarité avec la jeunesse. Paul Éluard, c'est la cristallisation de leurs inquiétudes. »
C'est cette convergence envers la jeunesse et la classe ouvrière, incarnée par Paul Éluard depuis le début de la révolte lycéenne, que le communiqué appelle à étendre « dès le 17 octobre » et dans les semaines à venir. Pour Nouma, « à la rentrée, 100% des établissements doivent être grévistes ». En attendant, pour le 17, les personnels appellent, de concert avec l'AG inter-lycées 93 et l'AG de Paris 8, à se retrouver devant le lycée à 10h30, pour converger à midi à Gare du Nord.