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Propagande sur l'« ultra-gauche » : Nuñez tente de délégitimer la colère du 17 octobre

Sat, 17 Oct 2026 16:19:48 CEST

Révolution Permanente

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Alors que la mobilisation spontanée du 17 octobre est massive, la rhétorique du ministère de l'Intérieur prépare le terrain à la répression en fustigeant « l'ultragauche ». Dépassé par l'ampleur de la mobilisation, le gouvernement cherche à reprendre la main en divisant les manifestants pour mieux délégitimer la profonde colère sociale qui s'exprime dans la rue.

Selon l'entourage du ministre de l'Intérieur, dont les propos ont été relayés à la mi-journée par BFMTV, « la probabilité que l'ultragauche fasse dégénérer les cortèges de l'après-midi est très forte » ce samedi 17 octobre. La déclaration intervient alors même que les cortèges qui se forment depuis ce matin dans Paris ont été visés par une intense répression, tandis que les manifestations qui se déroulent dans tout le pays rassemblent des foules nombreuses.

Le gouvernement agite « l'ultragauche » pour mieux réprimer et diviser le mouvement

En faisant une nouvelle fois appel à la rhétorique de « l'ultragauche », qui serait « en embuscade », le gouvernement cherche à criminaliser les manifestants, alors même qu'une importante répression s'abat sur la mobilisation du 17 octobre.

Une nouvelle fois, le ministre de l'Intérieur cherche à diviser le mouvement en opposant les « bons » aux « mauvais » manifestants. A Paris, la préfecture de Police commence déjà à préparer le terrain en citant « l'ultragauche » et les « blacks blocks » pour justifier la répression brutale qui s'est abattue sur la place de la République, alors que les manifestants parisiens étaient appelés à se rejoindre sur la place à 14h. Dans le même sens, Nuñez a précisé que la police serait libre d'utiliser « l'ensemble des armes qui sont à leur disposition ».

L'extrême-droite emboite le pas à Nuñez pour cibler « l'extrême-gauche »

Sans surprise, le discours de Nuñez a immédiatement été repris par l'extrême-droite pour cibler les « blacks blocs » et « l'ultra » ou « l'extrême » gauche. Sur CNews, un policier déclare ainsi « il y a beaucoup de blacks blocs, mais ils ont aussi demandé à des jeunes de quartiers difficiles de venir en leur disant ‘on va casser et vous en profiterez pour piller et vous en prendre aux forces de l'ordre' », avant que Pascal Praud ne conclue « c'est pas des images qui vont faire monter l'ultragauche dans les sondages. »

Alors qu'un incendie s'est déclaré cette nuit à l'université de Rouen, l'UNI, organisation étudiante d'extrême droite, n'a pas hésité à accuser « l'extrême gauche » et les bloqueurs d'en être à l'origine. Une manœuvre classique pour cette organisation, qui n'en est pas à son coup d'essai lorsqu'il s'agit de criminaliser la gauche. En reprenant le discours du gouvernement au nom du « maintien de l'ordre », l'UNI fait front commun avec le gouvernement pour délégitimer les mobilisations du 17 octobre contre la vie chère, Macron et son offensive austéritaire.

Du côté du Rassemblement National, Marine Le Pen a quant à elle dénoncé « une prise d'otage par l'extrême-gauche » des « revendications sociales légitimes », tandis qu'Eric Ciotti parle du « le fascisme rouge » qui serait en train de manifester aujourd'hui. Des déclarations dans la continuité de celles de Jordan Bardella, qui déclarait cet après-midi que c'était les « professionnels du chaos » qui étaient dans la rue aujourd'hui, pas « la France du travail ». Autant de déclarations qui illustrent une nouvelle fois de quel côté se trouve véritablement l'extrême-droite.

Fébrile, le gouvernement rejoue la rhétorique de « l'ultragauche » pour délégitimer le 17 octobre

Dépassé par l'ampleur de la mobilisation, le gouvernement tente de délégitimer le mouvement du 17 octobre. Alors que près de 7 Français sur 10 soutiennent la mobilisation du 17 octobre, il cherche à monter en épingle les « violences » pour tenter de retourner l'opinion publique et de criminaliser les manifestants qui refusent de se taire. Une stratégie qui vise à diviser le mouvement pour mieux affaiblir une mobilisation massive, qui révèle l'ampleur des colères sociales accumulées après dix ans de macronisme au pouvoir.

Ce discours n'est pas nouveau. Il s'inscrit dans une longue séquence durant laquelle le gouvernement a cherché à faire croire que la jeunesse lycéenne, mobilisée depuis plusieurs semaines pour dénoncer ses conditions d'études et le manque de perspectives d'avenir, serait manipulée et instrumentalisée par La France insoumise. Le pouvoir oppose ainsi les « bons » lycéens, qui manifesteraient pacifiquement, aux « mauvais », dont la contestation serait jugée illégitime. Une manœuvre éculée, que le gouvernement ressort à chaque grande journée de mobilisation pour diviser les manifestant·es et délégitimer leur mouvement.

Pour Macron et son entourage, il s'agit ainsi de faire oublier que leurs politiques d'austérité et de casse des services publics contribuent à la précarisation de la population et aux attaques contre le monde du travail. Ce sont ces politiques qui alimentent la colère sociale, tandis que le gouvernement cherche à désigner les manifestant·es comme responsables du « chaos ». Le soutien de l'extrême droite à ce discours montre une nouvelle fois les convergences et leur hostilité aux mobilisations sociales. Face à un pouvoir qui cherche à reprendre la main en divisant et en criminalisant le mouvement, il est essentiel de dénoncer ces manœuvres, de faire front contre la répression et d'amplifier la mobilisation.

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