17 octobre : Nunez ressort déjà les grenades assourdissantes pour intimider les manifestants
Fri, 16 Oct 2026 16:36:07 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAlors que l'utilisation des grenades assourdissantes de type ASSD, à l'origine de la mutilation d'un lycéen à Lens, avait été suspendue, le ministre de l'Intérieur annonce leur réintroduction pour le 17 octobre. Une décision qui laisse présager un important dispositif répressif ce samedi et témoigne d'une volonté d'intimider les manifestants.

A la veille d'un « retour des Gilets jaunes », le gouvernement cherche à faire peur au mouvement et se prépare à durcir la répression. Après la déclaration du Premier ministre à propos d' « un mouvement de violences urbaines », le ministre de l'Intérieur lui a emboîté le pas. Invité sur France 2 ce matin, Laurent Nuñez a autorisé l'usage de grenades assourdissantes pour la journée du 17 octobre. « Demain, s'il devait y avoir des violences urbaines extrêmement graves en marge d'un cortège ou ailleurs, évidemment, ce type d'armement [les grandes assourdissantes] peut être utilisé », a expliqué le ministre de l'Intérieur.
Le 7 octobre, ce type de grenade avait été interdit après qu'Evan, 15 ans, a eu la main arrachée lors d'un blocus lycéen à Lens. La famille avait alors porté plainte pour « violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente ».
Afin de se justifier, le ministre de l'Intérieur, déjà aux commandes lors de la répression massive du mouvement des Gilets jaunes, tente de diviser les colères. « Demain, ce sont d'autres types d'actions […] d'autres mouvements », explique-t-il à propos du 17 octobre. Pourtant, depuis des semaines, les actions de solidarité entre les travailleurs, les étudiants et les lycéens se multiplient : chaîne humaine face à la répression, grèves et manifestations massives, revendications communes, appels à une convergence des luttes. Sur les réseaux sociaux comme sur les pancartes, la continuité entre le mouvement lycéen et le 17 octobre est omniprésente, allant jusqu'à espérer une convergence entre « gilets jaunes » et « gilets jeunes ». Ainsi, la rhétorique de division utilisée par le gouvernement sert à masquer la réalité pour criminaliser les mobilisations de demain.
Mais elle témoigne également de sa fébrilité. Oscillant entre mascarade de dialogue et répression brutale, les tergiversations du gouvernement sont le symptôme d'une peur des classes dominantes face à un mouvement qui exprime une colère profonde et largement partagée. La convergence d'une jeunesse qui se bat pour son avenir et du mouvement ouvrier qui lutte pour le droit de vivre et plus seulement survivre peut rapidement devenir explosive.
Dans cette situation, alors que l'intersyndicale appelle à soutenir le 17, il s'agit de construire cette convergence par en bas et déployer la force du mouvement ouvrier pour avancer vers une grève générale pour dégager Macron et son gouvernement.