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Allemagne : des lycées bloqués à Hambourg et Berlin, la radicalité lycéenne se propage

Fri, 16 Oct 2026 17:41:28 CEST

Révolution Permanente

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Ces derniers jours, le mouvement lycéen allemand a commencé à reprendre les méthodes du mouvement actuel en France. Des blocages de lycées à Hambourg et à Berlin viennent s'ajouter aux mobilisations déjà importantes de la jeunesse allemande contre la militarisation dans le pays. La contagion des méthodes Outre-Rhin témoigne de la crise du système éducatif allemand.

Lundi matin, au lycée français de Schöneberg : dès 6h15, des élèves se sont rassemblés pour bloquer les entrées de l'établissement à l'aide d'antivols de vélo, de poubelles et de trottinettes électriques. Selon l'estimation d'un élève, jusqu'à 300 élèves ont participé à la manifestation. Après deux heures de blocage, la direction de l'établissement a fait appel à la police contre ses propres élèves. La police a arrêté au moins un élève en utilisant une prise d'étranglement et a démantelé le blocus par la force. En France, la police réprime les mouvements de protestation dans les écoles avec une violence extrême. En Allemagne, elle n'hésite pas non plus à recourir à la violence contre les mineurs.

Néanmoins, le courage des élèves berlinois a rapidement inspiré d'autres établissements scolaires à Berlin et Hambourg. Mercredi, 150 élèves ont bloqué le lycée Max-Brauer à Hambourg. Après deux heures de blocage, ils ont levé eux-mêmes le blocage, à condition qu'une réunion soit ensuite organisée avec l'ensemble du personnel, ce que la direction de l'établissement a accepté. Vendredi, des blocages ont eu lieu au lycée Andreas à Berlin-Friedrichshain et dans un établissement scolaire à Hambourg-Eimsbüttel. À Berlin, la police a de nouveau provoqué les élèves vendredi en les bousculant et en les frappant. Mercredi soir à Berlin, plus de 100 élèves et soutiens se sont également réunis en assemblée générale des grévistes de l'éducation pour débattre des perspectives de la mobilisation. De plus, une première assemblée du mouvement étudiant se tiendra la semaine prochaine à l'Université Technique de Berlin. Celle-ci sera suivie par une autre assemblée générale à l'Université Ludwig Maximilian à Munich avec comme mot d'ordre la lutte contre l'augmentation des frais de scolarité pour les étudiants non européens.

Des revendications contre la guerre et contre la crise de l'éducation

Indépendamment de la solidarité avec le mouvement lycéen français organisé contre les conditions d'étude dans des bâtiments délabrés, avec des classes trop chargées pour peu d'enseignants, les blocages allemands s'expliquent aussi par la colère contre le système éducatif lui-même. En Allemagne comme en France, on remarque des classes surchargées, des cours annulés, et des perspectives d'avenir bouchées et sombres. On a aussi vu dans les manifestations flotter des drapeaux palestiniens, symbole de la résistance au génocide, démontrant la politisation large de la jeunesse contre la guerre, dans un pays où la répression du mouvement pro-palestinien a été brutale. De plus, le mouvement a un caractère profondément ancré à gauche avec des slogans comme « Une solution, Révolution ! », « Siamo tutti Antifascisti » (Nous sommes tous antifascistes) et « La jeunesse veut un avenir, les riches veulent la guerre ! ».

La crise de l'éducation touche autant les élèves que le personnel scolaire. A l'échelle nationale, on prévoit une pénurie d'environ 27 000 enseignants, tous postes confondus d'ici 2035, et ce, dans une profession où de plus en plus d'enseignants quittent le métier en raison de la charge de travail excessive. Le taux de burn-out chez les enseignants et les absences de longue durée qui en découlent sont également extrêmement élevés par rapport à d'autres catégories professionnelles.

L'étincelle de la génération Z

Un mouvement similaire n'a pas eu lieu depuis plusieurs décennies en Allemagne. Il est évident que ces blocus s'inspirent directement de la France, mais un travail de fond avait déjà été réalisé par le mouvement national de « Grève scolaire contre la conscription », pour lequel des milliers de lycéens sont descendus à la rue ces derniers mois pour s'opposer aux tentatives du gouvernement de Friedrich Merz de revenir au service militaire obligatoire. En effet, dans de nombreuses villes, les élèves sont déjà organisés en comité de grève scolaire et disposent d'une base solide pour organiser les blocages de leurs établissements.

En ce sens, le mouvement de la « Grève scolaire contre la conscription » et les blocages d'établissements scolaires contre l'austérité ne doivent pas être pensés séparément, mais plutôt doivent être articulés et réfléchis de concert. L'explosivité de ce mouvement de jeunesse, né en France, remet en question l'approche routinière du mouvement de grève scolaire, qui se limite à quelques journées par an. Il est désormais nécessaire d'intensifier les rassemblements et les blocages directement dans les écoles. D'autres actions ont d'ailleurs déjà été annoncées sous le slogan « La Gen Z prend les choses en main ». Une grève internationale de la jeunesse a été appelée le 20 novembre, date à laquelle le mouvement doit prendre de l'ampleur !

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