Retour

Université du Mirail : l'AG de philosophie vote le 10 améliorable pour renforcer la mobilisation

Fri, 16 Oct 2026 18:39:32 CEST

Révolution Permanente

Ouvrir l'original

En grève depuis le 5 octobre, le département de philosophie du Mirail a voté en assemblée générale l'annulation des partiels de mi-semestre et adopté le 10 améliorable. Une décision pour lever les freins à la mobilisation et appeler les autres universités à faire de même.

Réuni en assemblée générale le 15 octobre, le département de philosophie de l'université du Mirail a voté l'annulation des examens de mi-semestre et l'application du principe du 10 améliorable, en licence et en master, en présentiel comme au SED. Ces décisions s'inscrivent dans la continuité de la mobilisation qui anime l'université depuis le 5 octobre, date d'une assemblée générale réunissant 2 000 personnes et lançant l'occupation du campus.

Le même jour, une première assemblée générale du département avait acté son entrée dans le mouvement impulsé par les lycéens de tout le pays et avait adopté une motions qui souligné que « la colère des lycéens est légitime : elle exprime le malaise d'une jeunesse qui n'a pas accès à de bonnes conditions d'étude, dont l'avenir est remis en question par la sélection sociale et raciste, et à qui le système n'offre que la guerre et la précarité », avant d'ajouter que « Les lycéens montrent la voie, leur colère est la nôtre ».

La décision de ce 15 octobre d'annuler les examens de mi-semestre et d'appliquer le principe du 10 améliorable s'insère dans la continuité de cette jonction avec le mouvement lycéen. Cette prise de position permet de rassurer les étudiants qui craignent pour leur validation ou pour leurs bourses (conditionnées à l'assiduité aux examens). Elle permet de donner les moyens aux personnels comme aux étudiants de continuer la mobilisation et de l'étendre en dépassant les limites imposées par la pression scolaire.

Au-delà de la question des examens, cette décision s'inscrit dans les revendications plus larges portées par le département de philosophie depuis le début du mouvement. Lors de sa dernière assemblée générale le 5 octobre, celui-ci a notamment réaffirmé son opposition à l'introduction d'une commission d'examen des vœux Parcoursup en licence de philosophie tout en adoptant de nombreuses revendications, parmi lesquelles : « Université ouverte à toutes et à tous ! Abolition de Parcoursup et de MonMaster ! Abrogation du décret raciste “Bienvenue en France” et de tous les frais d'inscription ! Pour un plan massif d'investissement dans l'Éducation nationale et l'ESR sous contrôle des travailleur·euses, des élèves et des étudiant·es ! CAPES et APL pour toutes et tous ! Investissement dans l'éducation et la santé, pas dans l'armée et la répression ! Libération de tous les détenus ! Amnistie de toutes les personnes poursuivies ! Police hors de nos facs ! Stop à la répression ! Garnier [présidente de l'université du Mirail] démission ! »

Pour une université au service des luttes

La grève qui dure depuis 10 jours et l'annulation des examens n'équivalent pourtant pas à la fin de tout apprentissage. Au contraire, depuis que le mouvement a gagné l'Université du Mirail, le campus est occupé par des centaines d'étudiants avec le soutien de l'assemblée générale commune aux étudiants et aux personnels de l'université. Cette occupation permet d'organiser de nombreuses initiatives politiques, sociales et culturelles. Dans ce cadre, le département de philosophie contribue à ouvrir les portes de l'université à toutes et tous en organisant des ateliers de discussion et des cours de grève, à l'instar d'autres secteurs mobilisés comme la psychologie, les langues ou les Beaux-Arts. Les activités organisées dans le cadre de l'occupation permettent aux étudiants, aux doctorants et aux professeurs de développer une pratique de la philosophie au service des débats nécessaires au mouvement. Elles permettent par ailleurs de faire de l'université une place forte au service de la mobilisation.

Ces initiatives permettent à chacun de se mobiliser et font du département de philosophie un cadre collectif de discussion et d'auto-organisation, afin de peser dans la construction d'un rapport de forces face au gouvernement. C'est dans cette perspective que, dans sa motion du 5 octobre, l'AG du département appelait « les étudiant·es, les doctorant·es et les personnels à se mobiliser par la grève toute la semaine pour faire de l'université un lieu d'auto-organisation et de coordination à l'échelle de Toulouse, ouvert à toutes et tous, où nous organiserons des cours de grève. Les cours ne continueront pas normalement alors que la police éborgne et tabasse des lycéen·nes dans tout le pays : nous mettons les forces et qualités du département au service de la mobilisation ».

La prise de position du département de philosophie du Mirail montre que la mobilisation commune des professeurs, des doctorants et des étudiants permet de faire disparaître certaines contraintes pour amplifier et étendre le mouvement impulsé par les lycéens. L'AG du département de philosophie, qui s'est réunie ce 15 octobre, appelle les autres départements de l'université du Mirail à se positionner clairement sur la question des évaluations, afin de rassurer les étudiants et de se donner collectivement les moyens de faire vivre la mobilisation et de l'amplifier. Au-delà de l'université du Mirail, cette question devrait être posée dans toutes les facultés du pays pour que le mouvement étudiant puisse peser de toute sa force face au gouvernement et à la répression sanglante que ce dernier oppose à la colère de la jeunesse et des travailleurs.

La grève du département est reconduite jusqu'à la prochaine AG, prévue le jeudi 22 octobre à 11 h. Ce n'est qu'un début pour les membres du département de philosophie du Mirail, qui appellent à étendre la mobilisation au sein de l'université du Mirail et dans tout le pays.

/ / / / / / / /