Au Mirail, près de 200 personnels votent la reconduction de la grève et appellent à élargir la mobilisation
Fri, 16 Oct 2026 13:48:25 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalRéunis en AG, plus de 150 personnels du Mirail ont discuté ce mercredi des moyens pour renforcer la mobilisation, faire connaître leur lutte au-delà de l'université et contrer les discours de la présidence. Caisse de grève, soutien aux vacataires et contractuels, boycott des instances : plusieurs propositions ont été adoptées pour poursuivre le mouvement et construire des liens avec d'autres secteurs de travailleurs.

Ce mercredi 14 octobre, plus de 200 membres du personnels du Mirail (professeurs, BIATSS, employés administratifs, etc) étaient réunis en assemblée générale dans le grand amphithéâtre de la fac, occupée depuis le 6 octobre, pour discuter de la suite de leur mouvement de grève. La discussion s'est notamment cristallisée sur les moyens dont disposent les travailleurs pour soutenir la mobilisation initiée par les étudiants, renforcer leur soutien à son égard et éviter son isolement, alors que la présidence présente le mouvement comme responsable du blocage de la faculté et de l'empêchement des étudiants et des personnels de travailler.
Les travailleurs ont notamment réitéré leur soutien à l'occupation, reconduit leur grève et voté la mise en place d'une caisse de grève. L'AG a également voté la revendication du paiement de tous les contractuels et vacataires, qui ne sont actuellement pas rémunérés du fait de la fermeture administrative imposée par la présidente.
Briser l'isolement et gagner le soutien des travailleurs
L'un des enjeux centraux de l'assemblée était de discuter des moyens de faire connaître la lutte en cours au Mirail et de convaincre davantage de collègues et d'étudiants de la rejoindre. Comment s'adresser aux personnels pas encore mobilisés ? Comment permettre aux étudiants de venir prendre possession du campus et de participer à la mobilisation ? Ces questions ont été largement débattues, dans un contexte où la présidence cherche à présenter les occupants comme ceux qui empêchent les salariés de travailler et isolent les étudiants, alors même que c'est elle seule qui a pris la décision de fermer administrativement l'université, dont un seul bâtiment est occupé.
Face à cette offensive, les discussions ont porté sur la nécessité de ne pas laisser la présidence imposer son récit du mouvement. La question de la prise d'images a notamment été soulevée, même si elle reste à débattre. L'enjeu est de rendre visibles les initiatives de mobilisation et de montrer que l'occupation permet de repenser concrètement le partage du savoir, le fonctionnement de l'université et son rôle social.
Mais pour gagner en force, le mouvement doit aussi et surtout sortir des murs de la faculté. L'AG a ainsi discuté d'envoyer une motion aux syndicats et à différents secteurs de travailleurs, afin de les appeler à se positionner en soutien à la mobilisation. Une manière de chercher des relais au-delà de l'université et de construire des liens avec d'autres luttes.
Dans cette perspective, l'AG a décidé d'appeler à une journée de mobilisation interprofessionnelle le mardi 20. Les personnels ont discuté que le Mirail accueille ce jour-là des travailleurs d'autres secteurs, afin d'organiser une grande assemblée interprofessionnelle.
Par ailleurs, l'AG a également voté l'appel à la mobilisation du 17, avec la proposition de constituer un cortège unitaire des étudiants et travailleurs du Mirail.
Contre les instances qui continuent comme si de rien n'était
Enfin, les personnels ont dénoncé la poursuite des conseils d'UFR et des conseils d'administration pendant que les manifestations et la mobilisation se poursuivent. Alors que des personnels et des étudiants se mobilisent, ces instances continuent de fonctionner, comme si la situation pouvait être traitée sans tenir compte du mouvement en cours. Pour y faire face, l'AG a voté le principe du boycott de ces instances.
À travers ces différentes propositions, l'assemblée a posé plusieurs jalons pour la suite : reconduire la grève, soutenir matériellement les personnels les plus précaires, élargir le mouvement au-delà de l'université et contester les décisions prises dans les instances institutionnelles. Reste désormais à faire vivre ces décisions, à convaincre de nouveaux collègues et étudiants de rejoindre la mobilisation et à construire des convergences avec les autres secteurs de travailleurs.
Car si la présidence cherche à présenter les étudiants mobilisés comme responsables de la fermeture de l'université, l'enjeu pour le mouvement est précisément de démontrer que les étudiants et les travailleurs de la fac sont au contraire ceux qui l'ont ouverte. Ouverte à des cours alternatifs, ouverte à des expressions artistiques et culturelles, ouverte au lycéens réprimés et ouverte aux travailleurs en grève. Une ouverture qui doit servir de point d'appui clef pour combattre Macron et son monde