« Ils ont même sorti leur taser » : au lycée Henri-Wallon, les personnels se mobilisent contre la répression
Fri, 16 Oct 2026 22:47:19 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe vendredi 16 octobre, au lycée Henri-Wallon d'Aubervilliers (93), une lycéenne et un enseignant ont été interpelés alors que ce dernier tentait de protéger l'élève des coups de la police. En réponse, des personnels ont débrayé et se sont rassemblés, aux côtés d'élèves, devant le commissariat pour exiger la libération des interpellés.

Depuis plus de semaines, les lycéens du lycée Henri-Wallon d'Aubervilliers se mobilisent et plusieurs enseignants se solidarisent en descendant sur le parvis et en se mettant en grève, prenant part aux manifestations à Paris.
Le 16 octobre au matin, Emilie*, membre du personnel, témoigne du « grand nombre de banderoles et du grand nombre d'élèves qui ont réussi à se coordonner pour réussir le blocus ». C'est dans ce contexte que la police nationale est arrivée sur les lieux pour empêcher les lycéens de se mobiliser, retirant les poubelles bloquant de l'entrée de l'établissement et interpellant violemment une élève qui protestait contre cette répression. « A ce moment-là, deux profs se sont interposés pour empêcher la police d'attraper l'élève, et l'un d'eux s'est fait interpeler, menotter et emmener avec l'élève au commissariat », raconte Emilie. « Les policiers ont poussé et menacé les élèves et ils ont même sorti leurs taser, poursuit-elle. Un des policiers a mis sa main sur son arme de service, tout ça sous les yeux du proviseur. »
En réponse, « les élèves se sont organisés pour appeler la mère de leur camarade et une avocate pour la défendre » et une partie des collègues ont débrayé, et avec les lycéens, ont organisé un rassemblement de soutien devant le commissariat. Deux élus et des étudiants de l'EHESS, dont le campus se trouvent à Aubervilliers, étaient présents. L'enseignant a été libéré rapidement après son audience tandis que l'élève interpelée est l'après-midi en garde en vue.
Emilie note que les violences policières de ce matin à Henri-Wallon, « représentent, à l'échelle de notre établissement où c'était relativement tranquille jusqu'à présent, un saut répressif qui est à l'image de l'intensification de la répression du mouvement, notamment dans le 93 comme au lycée Paul Eluard. » Face au durcissement de la répression pour faire taire la jeunesse, et, de plus en plus, à la tentative d'intimider aussi les enseignants mobilisés aux côtés des lycéens, les personnels du lycée Henri-Wallon, en se mettant en grève et en se impulsant un rassemblement, montrent la voie à suivre, comme l'ont fait la veille les personnels du lycée Paul Eluard de Saint-Denis suite à l'intervention de la BAC dans l'établissement pour interpeller un élève.
C'est dans cette logique d'auto-organisation que les travailleurs de l'éducation doivent continuer de construire la solidarité avec les lycéens pour faire bloc contre la répression, en exigeant la libération immédiate de toutes les personnes interpelées et l'abandon de toutes les poursuites et les sanctions, qu'elles soient judiciaires, administratives ou scolaires. C'est du même coup dans cette logique de structuration de la mobilisation par en bas que les travailleurs doivent entrer dans la bataille, aux côtés des lycéens, dès ce samedi 17 octobre, pour construire un mouvement d'ensemble capable d'arracher des moyens pour l'éducation, faire tomber Macron, son gouvernement et sa politique d'austérité.