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« Se battre pour défendre nos élèves » : à Paul Éluard, les personnels font bloc contre la répression

Thu, 15 Oct 2026 20:08:10 CEST

Révolution Permanente

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Ce jeudi 15 octobre, la répression des lycéens de Paul Éluard a franchi un nouveau palier avec l'intervention de la BAC dans l'établissement pour interpeller un élève. Les personnels ont réagi de façon exemplaire en faisant bloc avec les lycéens, en se mettant en grève et en organisant un large rassemblement contre la répression.

Ce jeudi 15 octobre, beaucoup de monde a convergé devant le commissariat de Saint-Denis pour dénoncer la répression du blocus du lycée Paul Éluard. Le matin même, la police a interpellé plusieurs jeunes, en les gazant et en les plaquant au sol. Plus tard, la répression a franchi un nouveau palier : le proviseur a autorisé la BAC à pénétrer dans l'établissement pour arrêter un élève.

Face à cette intervention, les enseignants et les travailleurs de l'établissement ont bloqué l'entrée et empêché l'interpellation avant de se mettre en droit de retrait ou en grève, puis d'occuper le lycée et d'appeler au rassemblement pour exiger la libération des interpellés. En représaille, l'un d'eux a été violemment étranglé par la police.

L'appel a été largement suivi : par les étudiants de Paris 8 qui occupent leur fac comme par la manifestation inter-lycées Paris-banlieues. Les personnels ont dénoncé des « vidéos violentes qui montrent des élèves arrêtés à la George Floyd ». « On ne reprendra pas le travail tant que nos élèves ne seront pas en sécurité ! » note un professeur : « Être prof à Paul Éluard, ce n'est pas seulement enseigner l'histoire-géographie, c'est se battre pour la sécurité de nos élèves » ironise-t-il.

Quant aux élèves, ils remercient les personnels du lycée qui « ont fait une chaîne humaine » pour les soutenir. Une image qui a fait le tour des réseaux sociaux et qui a été reprise, depuis le début du mouvement, à de nombreux endroits, comme au Havre, où les travailleurs de Total, Siemens ou Sidel sont venus défendre le droit des lycéens à s'exprimer.

Lors de ce rassemblement, les assistants d'éducation ont aussi pris la parole pour porter la nécessité d'une « réponse antiraciste à la violence d'État » et défendre leurs élèves : « On est en grève et on refuse d'aller au travail pour voir nos élèves se faire casser la gueule par la police et revenir avec des fractures crâniennes ». Anasse Kazib, porte-parole de Révolution Permanente, a dressé un parallèle avec les Gilets Jaunes : « en éborgner dix, c'est envoyer un message à l'ensemble du mouvement, tout comme réprimer les élèves de Paul Éluard, c'est menacer l'ensemble de la révolte lycéenne ». Enfin, Elsa Marcel, conseillère municipale à Saint-Denis pour RP, et avocate de jeunes mobilisés, a quant à elle dénoncé le fait que cette révolte soit « le mouvement de jeunesse le plus réprimé de l'Histoire », tout en soulignant que ça montrait « la fébrilité du gouvernement ». Elle a mis en valeur « l'alliance entre élèves, parents, profs et avocats » comme un acquis à généraliser.

Paul Éluard est en effet devenu « la pointe avancée », rappelait Anasse Kazib, de la révolte. Et, comme l'a remarqué il y a quelques jours un rappeur de Minneapolis venu soutenir les lycéens de Saint-Denis, « la solidarité entre profs et élèves que j'observe ici, c'est la même dynamique qu'il y a eu dans ma ville pour lutter contre les rafles de l'ICE ». Les lycéens et les travailleurs ont tout intérêt à développer cette logique d'auto-organisation, pour construire le mouvement par en bas, faire face à la répression et faire converger les colères dès le 17 octobre.

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