Chasse aux lycéens : la police arrête à son domicile une élève du lycée Jacques Brel à la Courneuve
Thu, 15 Oct 2026 20:55:44 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAu lycée Jacques Brel, à La Courneuve, la police est allée jusque chez une élève pour l'interpeller et la placer en garde à vue. Un rassemblement s'est tenu pour exiger sa libération.

Cette semaine, l'État a choisi de passer un nouveau cap dans la répression. Ce mercredi 14 octobre au soir, après une journée de blocus au lycée Jacques Brel, à La Courneuve, la police a arrêté une élève directement chez elle, l'a menottée devant sa petite sœur et l'a placée en garde à vue. L'intersyndicale FSU-CGT-SUD a dénoncé une « nouvelle intimidation », demandé « que la police cesse son harcèlement contre des élèves qui se mobilisent pour leurs revendications » et appelé à un rassemblement devant le commissariat de la ville.
Ce jeudi matin, de nombreux élèves, parents, profs et élus locaux étaient présents pour exiger la libération de l'interpellée, qu'un enseignant décrit comme « une figure du blocus ». D'après ses camarades, interrogés sur la raison de son arrestation, « les policiers ont le seum. Elle avait déjà été arrêtée lundi parce qu'ils avaient retrouvé un sac à dos avec de l'essence non loin d'elle, mais elle avait été libérée sans poursuites car ils n'avaient aucun élément contre elle. »
La police vise tout simplement à terroriser les jeunes, mais aussi de leurs parents, pour tenter de tuer le mouvement dans l'œuf. Quatre autres lycéens de l'établissement avaient déjà été interpellés depuis le début du mouvement. Mais, à présent, les forces de répression ne se contentent plus de frapper sur le blocus, ils s'attaquent aux élèves dès le chemin du lycée, et désormais jusqu'au domicile. Cette situation n'est pas isolée : près de 8000 lycéens ont déjà été placés en garde à vue, et la police use de toutes ses armes pour essayer de mater la jeunesse en lutte.
Dans la commune voisine, au lycée Paul Eluard de Saint-Denis, le proviseur n'a pas hésité à inviter la BAC à entrer dans l'établissement pour venir arrêter un lycéen. Mais la large mobilisation des profs et AED a permis d'empêcher l'interpellation : un cas exemplaire de comment la solidarité entre jeunes et travailleurs peut permettre de faire face à la répression toujours plus féroce que déchaîne le gouvernement.
Au lycée Jacques Brel aussi, les élèves mobilisés tiennent bon, et ce depuis la première semaine de la révolte, en alliance avec les personnels : dès le 23 septembre, puis le 1er octobre, l'intersyndicale de l'établissement leur avait apporté son soutien, et avait dénoncé les violences policières à leur encontre. C'est la force de cette alliance qui peut permettre au mouvement d'avancer vers la victoire, et, à partir d'exemples comme celui de Paul Eluard, cette solidarité doit être reproduite dans l'ensemble des lycées du pays. D'ici là, nous apportons tout notre soutien à la lycéenne de Jacques Brel, et exigeons l'amnistie de tous les jeunes réprimés.