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Toulouse. Travailleurs et étudiants forment une chaîne pour défendre le blocage du lycée Déodat

Thu, 15 Oct 2026 13:25:53 CEST

Révolution Permanente

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Alors que la répression policière brutale continue au lycée Déodat de Séverac à Toulouse, des travailleurs et étudiants sont venus en aide ce mardi au blocus, constituant une chaîne pour défendre les lycéens mobilisés. Un premier pas dans la convergence nécessaire entre travailleurs et lycéens toulousains.

Ce mardi 13 octobre 2026, le lycée Déodat-de-Séverac à Toulouse a, de nouveau, subi une répression policière brutale. A partir de 8h ce matin-là, des lycéens ont commencé à bloquer les entrées de leur lycée alors que des policiers étaient déjà stationnés dès l'aube à 300 mètres de l'entrée de l'établissement.

Des membres du personnel éducatif ainsi que des étudiants, mais aussi des travailleurs, notamment des syndicalistes de la CGT Magellium-Artal, se sont alors rassemblés pour former une chaîne humaine, en prévention de la répression policière qui ne manquerait pas de s'abattre sur ce lycée de quartier populaire comme depuis le début de la révolte lycéenne.

Comme le rapporte Pauline*, militante au Poing Levé présente sur place en soutien avec les lycéens, « la chaîne se composait d'une trentaine de personnes et s'est formée au niveau des rails du tram, devant le lycée, face à la police. » D'après la militante, les premiers affrontements ont eu lieu quelques minutes plus tard. « Une vingtaine de CRS s'est déployée vers le lycée et a commencé à gazer le blocage, mais les membres de la chaîne ont tenu et se sont vite réorganisés devant l'établissement, devant les lycéens. Des membres de la BAC ont alors fait leur apparition tentant de briser la chaîne » explique Pauline.

« Encore une fois la chaîne a tenu alors qu'un groupe de 6 policiers forçait le passage à coups de boucliers et de matraques, blessant des participants. Ce n'est que lorsqu'un ordre a sûrement été donné de foncer dans le tas que les membres de la chaîne ont été surpris par la charge soudaine de plusieurs membres de la BAC et des CRS, et qu'ils ont réussi à saisir 3 lycéens et 1 adulte, au hasard, parmi la foule regroupée devant le lycée. Ils sont ensuite repartis camper à 300 mètres du lycée, en attendant de nouvelles tensions, les provoquant d'ailleurs en restant présent sur place. »

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Cette intervention n'est pas la première et malheureusement pas la plus violente à avoir eu lieu depuis le début de la révolte lycéenne. A Déodat, un des principaux lycées de quartiers populaires de Toulouse, ces répressions s'inscrivent dans un climat raciste qui précède largement le mouvement actuel. En effet, de nombreux élèves connaissent déjà des violences de la part de la police depuis toujours. D'ailleurs, il s'agit du lycée le plus violemment réprimé, à Toulouse, depuis le début du mouvement : un hélicoptère avait même été déployé la semaine dernière.

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Mais face à cette violence raciste de la police, qui prolonge celle de l'État, la mise en place de la chaîne de travailleurs et d'étudiants est une réponse collective primordiale. Dans un contexte social aussi tendu que celui du lycée de Déodat, elle pourrait marquer un premier pas de l'union entre différents corps sociaux face aux oppressions de l'État et un dépassement salvateur de la division raciste qui sépare d'ordinaire les professeurs et leurs élèves.

Cette stratégie de la chaîne choisie à Déodat, déjà employée la semaine dernière devant le lycée, suit l'exemple de tactiques similaires initiées au lycée Paul Eluard de Saint-Denis. Alors que cette tactique défensive commence à s'étendre un France, cet élan doit continuer : le soutien au lycéen doit être le premier maillon de l'union des lycéens aux travailleurs et au reste des classes populaires face au pouvoir répressif bourgeois. Une union à consolider à l'approche du 17 octobre et qui pose concrètement la nécessité pour les travailleurs d'entrer de plain-pied dans le mouvement avec leurs propres méthodes, alors qu'ils partagent avec les lycéens un même ennemi et de mêmes revendications.

*Nom modifié.

Lire aussi : De Minneapolis aux lycées français : l'auto-organisation peut nous aider à faire face à la répression

Des travailleurs et étudiants en chaîne devant le blocage du lycée Déodat subissent des jets de gaz lacrymogène mardi 13 octobre. Crédit photo : Révolution Permanente

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