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Technicentre SNCF de Châtillon : les cheminots s'organisent et appellent à rejoindre le 17 octobre !

Wed, 14 Oct 2026 19:14:10 CEST

Révolution Permanente

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Malgré les tentatives d'intimidation de la direction, 80 travailleurs du technicentre SNCF de Châtillon se sont réunis en assemblée générale ce matin. Face à l'inflation et aux menaces de privatisation, ils appellent à rejoindre la jeunesse et les gilets jaunes dans la rue le 17 octobre.

Depuis plusieurs semaines, le mouvement de jeunesse qui secoue le pays est dans toutes les discussions. Au TATL (Technicentre Atlantique - qui fait la maintenance des TGV de la gare Montparnasse) les travailleurs ont décidé de passer des paroles aux actes en se réunissant en une première Assemblée générale ce matin.

Ils étaient autour de 80 à se réunir pour discuter de la date du 17 octobre, et ce malgré les tentatives d'intimidation de la direction. « D'après eux on devrait être reconnaissants qu'ils n'aient pas appelé la police, ils cherchent à durcir le ton et nous empêcher de nous organiser en nous expliquant que les AG sont interdites » raconte Clément, élu SUD-Rail et dépanneur. Il en faudra plus pour effrayer des travailleurs qui s'étaient déjà illustrés par leurs « grèves sauvages ». « Les collègues nous racontent comment l'encadrement passe systématiquement enlever les tracts après nos tournées. Ils ont peur que ça pète parce qu'ils sentent bien l'ambiance qu'il y a dans les ateliers, s'ils réagissent comme ça c'est qu'on touche la corde sensible » ajoute le syndicaliste.

Il faut dire que depuis 2019 et la victoire des grévistes pour le maintien d'un accord local statuant du nombre de repos à l'année, la direction du technicentre de Châtillon tente l'apaisement et rêve d'avoir domestiqué un technicentre à la combativité exemplaire. En ligne de mire : l'ouverture à la concurrence et la filialisation. « D'ici là ils veulent nous endormir, espèrent qu'on ne bouge pas et qu'on ne leur fasse pas de mauvaise publicité » nous explique Ryan*, un salarié. « Ils sortent quelques primes, ne touchent pas trop aux acquis ou tentent de le faire en sous-marin. Mais nous on sait que tout ça c'est du temporaire ! D'ici 2030 tout pourrait sauter, et quand on enlève les primes de nos fiches de paie c'est pas beau à voir. Ici il n'y a que des smicards déguisés. »

Dans un contexte d'inflation galopante, les faibles salaires et les menaces liées à la privatisation inquiètent. C'est donc sans surprise que l'explosivité du mouvement lycéen et l'appel à la mobilisation contre la hausse du prix de l'essence le 17 octobre ont attiré les regards de nombreux cheminots. « On sait qu'on ne gagnera pas avec des grèves d'un jour par-ci, un jour par-là. On sait aussi qu'on ne gagnera jamais de véritable augmentation de salaires sans s'allier aux autres travailleurs et à la jeunesse » reprend Clément. « Il est hors de question d'attendre le 5 novembre que les directions syndicales nous ont pondues, il faut que dès le 17 la jonction du monde du travail et de la jeunesse se matérialise dans la rue ».

L'Assemblée générale a voté de se retrouver le 17 devant le technicentre. Certains seront de repos, d'autres en grève, mais tous ont conscience que l'apparition de cortèges de travailleurs organisés dans les rues pourrait changer le ton de cette journée et pourquoi pas du mouvement. Pour Pierre*, agent de manœuvre, « On ne sait pas à quoi cette journée va ressembler, mais on veut pouvoir se dire qu'on a fait le maximum, des occasions comme celle-ci on n'en voit pas passer tous les jours. Il faut aller au bout de notre logique, tout faire pour construire une grève générale qu'on est nombreux à espérer ».

Des étudiants tractaient le jour même devant le restaurant inter-entreprise de Châtillon pour appeler à rejoindre leur mouvement. Les travailleurs du TATL font la démonstration que cette jonction est possible. Surtout ils démontrent l'absurdité de la stratégie des directions syndicales, plus soucieuses de se délimiter d'un mouvement de jeunesse et de l'appel des gilets jaunes, que de construire enfin une mobilisation victorieuse.

*Les prénoms ont été changés

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