« Parcoursup ne trie personne » : Édouard Geffray continue à provoquer la jeunesse
Wed, 14 Oct 2026 20:17:45 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe mercredi 14 octobre, Édouard Geffray était invité sur BFM, l'occasion pour lui de multiplier les insultes au mouvement lycéen, allant jusqu'à dire que « Parcoursup ne trie personne ». Face à un gouvernement prêt à tout pour ne pas lâcher une miette aux lycéens et étudiants mobilisés, il faut structurer et étendre la mobilisation.

Alors que le mouvement continue d'exister dans les lycées malgré les fermetures préventives, il s'étend désormais dans les facs et à certains secteurs du monde du travail, avec en ligne de mire la date du 17 octobre qui pourrait être le point de convergence des colères. Si la pression monte sur le gouvernement, le ministre de l'éducation nationale Édouard Geffray, dans une interview aussi vide qu'insultante, a tenu la ligne : décrédibiliser, provoquer, ne rien céder.
Sur le manque de professeurs d'abord, le ministre campe sur ses annonces fumeuses quant aux 3000 professeurs remplaçants. Face aux témoignages d'affectations de professeurs dans des disciplines qui ne sont pas les leurs, il plaide « l'erreur matérielle » et n'annonce rien de nouveau. Pour ce qui est d'une éventuelle réforme des calendriers et temps scolaires, il botte en touche : « cela ne peut être un sujet qui ne peut être pris globalement que dans le cadre d'une présidentielle ». Sur la réforme du bac, largement décriée par les élèves comme les professeurs pour avoir fait exploser le nombre d'heures de cours, le macroniste va jusqu'à déclarer qu'elle a « beaucoup apporté en termes de mixité sociale ».
« Parcoursup ne trie personne » : la provocation de trop ?
Interrogé sur la revendication des étudiants et des lycéens pour mettre un terme au tri social à l'entrée de l'université, mais aussi en master avec la plateforme MonMaster, le ministre nie fermement l'existence même d'une quelconque sélection : « l'objectif [de Parcoursup] est de permettre aux étudiants de poursuivre des études supérieures, là où ils veulent, mais aussi un objectif de mixité sociale ». Il poursuit : « faire croire aujourd'hui qu'il y a un outil qui trie les élèves alors que Parcoursup ne trie personne, c'est mentir ».
Depuis 8 ans d'existence de Parcoursup, chaque année le même bilan s'impose : des milliers d'enfants d'étrangers et d'ouvriers sont exclus du système scolaire à l'aide de cette gigantesque machine algorithmique de tri social. En 2026, un tiers des candidats n'a reçu aucune réponse positive pour l'entrée en études supérieures. La rentrée de septembre voyait un recul de 13% des places existantes en master. Chaque année, les chiffres prouvent la violence de ce système et témoignent d'un tri social méthodique à l'entrée de l'université. Un rapport résumait également les effets de Parcoursup : « Depuis 2018, Parcoursup a reproduit voire aggravé les inégalités sociales préexistantes ». Dire que Parcousup « ne trie personne » est un véritable crachat au visage des milliers de lycéens et étudiants qui se mobilisent depuis maintenant plus de deux semaines contre la sélection et les inégalités du système scolaire – entre autres.
La seule réponse apportée à la mobilisation lycéenne dans cet entretien, au-delà de cette provocation honteuse, aura été quelques promesses floues qui ressemblent davantage à un écran de fumée. Il y aura « des améliorations », proposées « fin octobre », nous dit le ministre. Soyons rassurés, ce dernier assure que « tout est sur la table ». Naturellement, il n'y a aucune confiance à accorder à un ministre qui nie – et ce n'est pas une surprise – un fait aussi évident que le tri social organisé par la plateforme Parcoursup.
Face à des déclarations d'un tel cynisme, nous devons œuvrer à structurer et durcir la mobilisation. Face aux fermetures administratives, à la répression policière et aux tentatives de canaliser la colère dans le cadre institutionnel, il faut répondre par l'auto-organisation et la coordination entre lycéens, étudiants et travailleurs. C'est dans cette logique qu'il faut construire la date du 15 octobre, et surtout du 17 octobre, en faisant de cette journée le point de départ d'une jonction entre la colère lycéenne et la colère plus diffuse contre le coût de l'essence et de la vie et les multiples offensives anti-travailleurs du gouvernement Lecornu.