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Toulouse. Après une semaine noire réussie, construisons la semaine rouge vers le 17 octobre !

Wed, 14 Oct 2026 10:01:50 CEST

Révolution Permanente

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Après une semaine noire réussie à Toulouse, marquée par des AG lycéennes et étudiantes et l'occupation de la fac du Mirail, il faut construire une réelle convergence entre lycéens, étudiants et travailleurs pour préparer le 17 octobre.

A quelques jours du 17 octobre, la colère partie du mouvement lycéen ne retombe pas. Mardi, plus de 480 000 personnes ont manifesté dans tout le pays, dont plus de 15 000 à Toulouse, et selon les organisations étudiantes, 90% des universités étaient « fermées » ou « bloquées » . Une nouvelle démonstration de force après la réussite de la journée du 6 octobre.

Lycées bloqués, fac du Mirail occupée

A Toulouse, la mobilisation continue de se structurer. Initiée le lundi 05 octobre par une AG interfac/interlycée de 2000 personnes à la faculté du Mirail, la semaine noire a permis d'organiser la jonction entre le mouvement étudiant et les lycéens mobilisés, en impulsant des cadres initiaux d'auto-organisation. Il faut s'appuyer sur ces acquis pour construire une semaine rouge : une jonction de la colère lycéenne et étudiante avec la force du monde du travail, capable de paralyser l'économie. Le 17 doit être l'occasion de concrétiser cette jonction des colères et de préparer un mouvement qui allie l'inventivité politique et la radicalité des lycéens, les capacités d'auto-organisation du mouvement étudiant et la capacité des travailleurs à bloquer l'économie.

Côté lycées, malgré les lock out scolaires, la répression et les tentatives de canalisation, la mobilisation confirme sa dynamique avec de nouveaux établissements mobilisés, comme le lycée Ozenne, et une persistance des tentatives de blocus avec les lycées encore ouverts (Déodat, Bellevue, Arènes, St Sernin, Fermat, Rive Gauche…).

Du côté des facultés, la détermination des lycéenne·e·s s'est avérée contagieuse avec le lancement d'une occupation au Mirail depuis le 6 octobre, la mobilisation historique des étudiant·e·s et personnels de Paul Sabatier et un début de mobilisation à UT1.

Chez les travailleur·e·s, les syndicats de l'éducation sur la ville ont finalement appelé à une journée de grève et de mobilisation jeudi 8 octobre au vu du large soutien qui se structure à la base des syndicats envers les lycéen·e·s mobilisés et réprimés brutalement par la police. Ainsi, le personnel de l'éducation a répondu présent au rassemblement devant le rectorat appelé par l'AG interlycée le même jour. Après cette semaine noire réussie à Toulouse, il nous faut penser à la suite de la mobilisation et définir les tâches centrales du mouvement pour converger vers le 17.

Renforcer l'auto-organisation

A Toulouse, de premières tendances à l'auto-organisation se développent. Les AG interlycée qui se tiennent régulièrement ont permis de commencer à édicter un programme de revendications clair et de penser des modalités d'action pour la continuité du mouvement. C'est ainsi que les lycéen·e·s mobilisés ont adopté le principe de « blocus tournant » pour contrecarrer les mesures de fermetures administratives des lycées, tout en encourageant l'unité entre les établissements.

Malgré ces tendances à l'auto-organisation, l'absence des lycéen·e·s des lycées « excentrés » dans les AG interlycée apparaît comme un problème central du mouvement que l'AG interlycée devrait se donner la tâche de résoudre. Si le caractère spontané de la révolte lycéenne constitue sa force et sa radicalité, il est primordial que cela ne s'oppose pas à la nécessité pour tout·e·s les lycéen·e·s de prendre part aux délibérations concernant la suite du mouvement. Un enjeu d'autant plus central pour faire face aux tentatives de division du gouvernement, qui cherche à opposer les lycéens entre mauvais « casseurs » et gentils « pacifistes » (sous entendu, lycéens de quartiers et de centre-ville). Ériger des cadres d'auto-organisation démocratiques et représentatifs du mouvement est également essentiel pour contrecarrer les tentatives de canalisation du gouvernement par en haut, comme il l'a fait en appelant les organisations syndicales étudiantes à venir négocier en huis clos, ce que Le Poing Levé a refusé de faire.

Autre phénomène important sur la ville, deux bâtiments de l'Université Paul Sabatier ont été bloqués mercredi 7 octobre, le lendemain le blocus s'est élargi à 4 bâtiments. Une première pour une faculté qui était tenue éloignée du mouvement étudiant de 2018 contre l'instauration de Parcoursup. Le coup d'éclat a continué dès le 9 octobre où 400 étudiant·e·s et personnels se sont retrouvés en AG, après avoir repoussé la police de leur campus. Ils ont voté la reconduction de la mobilisation pour toute la semaine prochaine. Différentes commissions ont été constituées pour faire vivre la mobilisation, malgré les fermetures administratives annoncées par la direction de Paul Sabatier dès lundi.

L'AG interfac/interlycée du 5 octobre au Mirail qui a réuni plus de 2000 personnes et des représentants d'une dizaine de lycées a été une véritable démonstration de force qui rappelle les grands moments de cette faculté qui a toujours été au cœur des luttes étudiantes. L'occupation du Mirail y a été voté « jusqu'à la suppression de Parcoursup » et continue à tenir depuis le 6 octobre. Après l'expulsion violente des étudiant·e·s qui occupaient le bâtiment du Gai Savoir par la police, autorisée le 2 octobre par la présidente de l'Université du Mirail Emmanuelle Garnier, la nouvelle occupation qui tient le bâtiment Accueil dispose d'un nouveau rapport de force.

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Avec le slogan « lycées fermés, fac ouverte », l'occupation affirme son ouverture vers l'extérieur. De nombreuses activités comme des concerts, soirées, des projections de films sur le mouvement étudiant ou des cours ouverts accueillent des étudiants, des lycéens mais également toute personne souhaitant participer à la dynamique. En parallèle des AG communes, des AG tenues par UFR permettent d'ancrer le mouvement en profondeur sur la fac : par exemple, les étudiants de psycho y ont décidé un plan de soutien psychologique et d'aide aux réprimés. C'est ainsi que la faculté du Mirail se constitue comme une base pour aider à construire le mouvement sur la ville.

La jonction entre l'occupation et le personnel de la fac s'est faite le 9 octobre, où 230 personnels se sont réunis en AG dans l'occupation et ont acté leur opposition à toute intervention policière sur l'occupation, le soutien total aux étudiant·e·s et et lycéen·e·s mobilisés, ont voté la grève reconductible et acté la persistance d'AG communes étudiant·e·s et personnel. Lundi 12 octobre, plus de 700 étudiant·e·s et personnel se sont réunis en AG, la première de cette sorte dans le mouvement actuel. L'AG a acté une série de revendications communes aux étudiants et aux travailleur·euses, une lettre ouverte à la présidence pour dénoncer la répression et la diffusion de tracts pour appeler au 17. Un signe que le mouvement étudiant peut jouer un rôle pour encourager l'entrée en action du monde du travail.

Ainsi, des tendances à l'auto-organisation et à l'unité se dessinent à Toulouse. Ces cadres démocratiques devraient continuer à se structurer en cherchant à se massifier et à montrer la voie à travers le pays. La faculté du Mirail et de UT3 devraient parvenir à emporter avec eux la faculté du Capitole, dont la première AG se tient mercredi 14. De la même manière, l'AG interlycée doit chercher à ramener les lycéen·e·s de Déodat, Gallieni, Rive Gauche, du lycée Hôtelier, etc. qui se mobilisent sur les blocus mais n'ont pas encore connecté cette mobilisation à des cadres d'auto-organisation démocratiques qui permettent de voter des revendications communes, penser les rythmes de la mobilisation et faire émerger des représentant·e·s élu·es du mouvement. La consolidation de ces cadres d'auto-organisation sur la ville et leur convergence dans des cadres communs apparaissent comme vitaux au moment où émergent deux grands périls pour la continuité du mouvement : les manœuvres du gouvernement pour tenter de canaliser et d'empêcher l'unité du mouvement et l'approche des vacances scolaires.

Construire la semaine rouge

Alors que les directions syndicales enjambent scandaleusement le 17 en appelant au 5 novembre, l'enjeu de rallier le mouvement ouvrier et sa capacité à paralyser l'économie par la grève sera décisif pour la suite. La mobilisation des personnels du Mirail apparaît comme la pointe avancée chez les travailleur·e·s, où leur forte mobilisation se combine à une structuration de la lutte en AG et une forte tendance à s'unir à la jeunesse. Du côté des travailleur·e·s de l'éducation, il est clair qu'il existe un consensus de soutien large envers la jeunesse, mais ce soutien peine encore à se structurer en dynamique d'auto-organisation consolidée capable d'organiser largement les professeurs, AED, AESH, instituteur·ices. Les AG educ qui se sont tenues ces deux dernières semaines ont tout de même permis de pousser à l'intersyndicale un appel local à la grève pour le jeudi 6 octobre, permettant aux travailleur·e·s de l'éducation d'investir le rassemblement au rectorat et la manifestation qui a suivie appelés par les lycéen·e·s mobilisés.

Du côté du monde du travail au-delà de l'ESR et de l'éducation, les réactions restent encore timides. Si le 6 octobre a vu certains secteurs se mettre en grève, l'intersyndicale n'est pas en train de chercher à construire la grève reconductible qui permettrait de suivre le rythme des lycéen·e·s, des étudiant·e·s et des travailleurs de la fac. Dans ce contexte, le collectif CGT des sociétés d'études de Haute-Garonne soutient les revendications du mouvement et appelle la CGT à construire le 17 « notamment par la grève ».

Pourtant, des signaux montrent une volonté chez des travailleur·e·s de la ville à soutenir la révolte de la jeunesse. Mardi 13 octobre, une chaîne humaine formée de lycéen·e·s et de travailleur·euses a repoussé la police pour permettre au blocus du lycée Déodat de Séverac de tenir. Une pratique initiée devant le lycée Paul Eluard de Saint-Denis, qui se répand sur le territoire et qui porte en germe la force de l'unité du mouvement lycéen et étudiant avec le monde ouvrier, face à l'autoritarisme du gouvernement.

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A l'image du Havre où l'unité entre les lycéen·e·s et les travailleur·euses se constitue autour de la grève des raffineurs, les AG étudiants/personnels et lycéens devraient chercher à mener des politiques pour se lier et interpeller activement les travailleur·euses sur la ville. A Toulouse, le secteur de l'aéronautique s'avère particulièrement central, pour son poids économique sur la ville mais également pour son importance stratégique pour le capitalisme français qui compte sur ce secteur industriel afin de remplir ses objectifs de militarisation.

En s'appuyant sur le consensus autour de la date du 17 octobre chez les travailleur·euses et la jeunesse, les secteurs mobilisés et structurés en AG devraient chercher à construire une véritable semaine rouge, en allant chercher tous les secteurs du travail sur la ville, comme l'ont voté les personnels et étudiant·e·s du Mirail en AG. L'AG éduc, en cours de reconstruction, les travailleur·e·s de la fac mobilisés ainsi que l'énergie communicative des lycéens et du mouvement étudiant pourraient convaincre largement d'autres secteurs du travail de rentrer dans la lutte. Il nous faut construire une large convergence en capacité de convaincre des secteurs qui ont un fort potentiel stratégique pour construire un véritable rapport de force avec le gouvernement, comme l'aéronautique ou la SNCF.

Pour cela, il faut rassembler la colère autour d'objectifs communs : l'abrogation de Parcoursup, des moyens massifs pour l'éducation et les services publics, l'augmentation des salaires, le rejet de la répression, l'expropriation de Total sous contrôle des travailleurs... Alors qu'un imaginaire révolutionnaire traverse le mouvement, le 17 octobre doit être un appui pour avancer vers une grève générale pour dégager Macron et son projet anti-jeune et anti-ouvrier.

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