Violence policière à Angoulême : la BAC casse la clavicule d'un photographe
Wed, 14 Oct 2026 14:21:24 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalEn marge de la manifestation du 13 octobre, à Angoulême, un jeune photographe s'est fait violemment interpeller par la BAC, jusqu'à tomber inconscient et être transféré à l'hôpital avec une clavicule cassée. Une conséquence directe des directives de l'état, alors que le ministre de l'intérieur appelait la police à faire usage de la force « sans retenue ».

Le 13 octobre, alors que la police réprime à coups de lacrymogènes la fin de la mobilisation, un petit groupe de jeunes est pris pour cible par la BAC. L'un d'eux, C., un jeune photographe qui documente la mobilisation lycéenne, est pris pour cible, il s'évanouira sous les coups des agents lors de son interpellation. Il est ensuite transféré avec une clavicule cassée. Une énième démonstration que face à un régime prêt à tout pour réprimer la mobilisation et ceux qui la visibilisent, il faut continuer à étendre et structurer la mobilisation.
Il est environ 16h00 quand la police réprime une centaine de manifestants, au carrefour du Nil. Elle tente de les encercler, boucle les rues et les charge à coup de gaz lacrymogènes à deux reprises. Un petit groupe, composé entre-autres de mineurs, trouve un accès pour partir mais ils seront vite pris pour cible par la BAC. L'un d'eux subira une interpellation excessivement brutale, comme le raconte l'un des témoins de la scène :
« Nous sommes arrivés au Jardin Vert, deux voitures noires sont passées devant nous. Une est restée derrière, l'autre à fait demi-tour puis une accélération brutale et coup de frein à main pour nous couper l'issue située devant. Là, plusieurs agents, environ 6, se sont catapultés sur nous. J'ai vu C. être plaqué violemment contre les remparts par deux agents de la BAC et s'effondrer comme une poupée de chiffon. Après ça la BAC m'a pris en chasse. »
Son ami a plus tard confirmé par message s'être évanoui sur le coup, puis être désormais hospitalisé avec une clavicule cassée. Cette violence envers un jeune manifestant est symptomatique de la répression qui s'abat sur ce mouvement, mais elle rappelle également la séquence des Gilets Jaunes, durant laquelle les photographes étaient directement ciblés, parfois à bout portant, par la police.. Si la violence de la répression peut sidérer, elle doit surtout être vue comme une brèche pour étendre le mouvement.
Comme l'explique Juan Chingo, cette violence peut finalement se retourner contre l'état lui-même : « Un vaste mouvement s'est progressivement formé contre la répression et pour le droit des lycéens à se battre. La violence policière, destinée à les isoler, est devenue un moteur supplémentaire de mobilisation et a confronté le gouvernement à une solidarité sociale plus large. »
Nous apportons tout notre soutien au journaliste hospitalisé, ainsi qu'à toute les victimes de cette répression insupportable. Et nous exigeons la relaxe immédiate de tous les réprimés ainsi que l'abandon de toutes les poursuites à leur encontre.
A l'image du personnel de Paul Éluard, et des travailleurs du Havre, le mouvement ouvrier et le mouvement étudiant doivent se tenir aux côtés de cette jeunesse courageuse pour faire front face à la répression et la soutenir pour renforcer la mobilisation.