New York : la police de Mamdani réprime la colère après des tirs de l'ICE sur un père de famille
Tue, 13 Oct 2026 10:03:22 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalOscar Belgal, âgé de 28 ans, a été interpellé par l'ICE après que la police de l'immigration a tiré sept balles sur sa voiture, alors que son fils de 5 ans, qu'il venait de chercher à l'école était assis sur la banquette arrière. Cette opération de terreur policière a déclenché une mobilisation contre l'ICE, réprimée par la police de New York.

Un agent de l'ICE déguisé en ouvrier du bâtiment a ouvert le feu sur un homme qui venait chercher son fils de 5 ans à l'école. Oscar Belgal, âgé de 28 ans, a été interpellé par l'ICE après que la police migratoire a tiré sept balles sur sa voiture, alors que son fils était assis sur la banquette arrière. S'il en est ressorti vivant, il a néanmoins été blessé au cou. Par la suite, plusieurs habitants du quartier et d'autres personnes présentes sur les lieux sont descendus dans la rue pour affronter l'ICE et manifester leur solidarité avec Belgal, en tentant d'empêcher son enlèvement à l'hôpital, où il recevait des soins. La manifestation a été réprimée par la police new-yorkaise (NYPD), placée sous l'autorité de Zohran Mamdani, qui a même arrêté quatre manifestants. Pour sa part, aucun agent de l'ICE n'a été arrêté ni inculpé.
La répression menée par la police de New York (NYPD) fait écho à la promesse de campagne non tenue de Mamdani : dissoudre le Strategic Response Group (SRG), une unité spécialisée dans le maintien de l'ordre, comparable aux CRS en France. Depuis son entrée en fonction, il y a près d'un an, aucun effort n'a été entrepris en ce sens. Le NYPD s'est ainsi rendu complice de l'ICE alors même que les New-Yorkais tentaient de chasser cette institution répressive et réactionnaire de leurs rues et de leurs quartiers. La répression est allée jusqu'à frapper Darializa Avila Chevelier, candidate démocrate et membre des Democratic Socialists of America (DSA), comme Mamdani. Elle milite pour l'ouverture des frontières, appelle à la fin de toutes les expulsions et à l'abolition de l'ICE.
Une nouvelle promesse non tenue
Le maire Zohran Mamdani était également présent lors des manifestations, où il a été accueilli par les huées de la foule, qui scandait : « Mamdani est complice ! » et « No ICE, No KKK, No Fascist USA ». Le maire a condamné la fusillade et l'enlèvement de Belgal et appelé à l'abolition de l'ICE, déclarant : « La fusillade d'aujourd'hui ne fait que confirmer, de manière encore plus accablante, ce que nous savons depuis longtemps : l'ICE agit en toute impunité, sème le chaos et la terreur dans tout le pays et a tué bien plus de nos voisins qu'elle ne peut prétendre en avoir sauvés. »
Malgré cette rhétorique anti-ICE, le maire n'a pas évoqué la complicité du NYPD dans cette opération de terreur policière et n'a rien fait pour mettre fin à la répression qui se déroulait à quelques mètres à peine du lieu où il s'exprimait. Ces dernières semaines, Mamdani a essuyé des critiques de la part d'une partie importante de sa base politique, notamment concernant sa position sur la Palestine, sa présence à une veillée organisée par Israël le 7 octobre à New York et ses récentes rencontres avec Trump. Non seulement l'ICE continue d'agir en toute impunité dans la ville, mais Trump a également refusé de libérer Belgal, qui a finalement été arrêté. Négocier avec Trump n'a pas renforcé la sécurité des New-Yorkais, alors que Mamdani joue le rôle de médiateur entre le gouvernement fédéral et les millions de personnes qui réclament des changements en faveur des travailleurs de la ville.
La mobilisation spontanée en défense de Belgal participe d'un mouvement plus large et croissant contre l'ICE, à New York comme dans le reste des États-Unis. Les images et les actions des habitants qui se mobilisent contre la brutalité de l'ICE rappellent les événements survenus plus tôt cette année à Minneapolis, où la présence de l'ICE, le harcèlement des habitants et les violences de ses agents ont provoqué une réaction massive, notamment après les morts de Renee Good et d'Alex Pretti. Depuis janvier 2025, plus de 40 personnes auraient été touchées par des tirs d'agents de l'ICE, dont onze mortellement. Les manifestations organisées à Los Angeles, à Minneapolis et au Texas ont joué un rôle important dans la lutte pour l'abolition effective de l'ICE et la fin des attaques contre les immigrés.
S'organiser et reprendre l'exemple de Minneapolis
Depuis juillet, les arrestations et les détentions opérées par l'ICE se sont multipliées, avec environ 1 500 arrestations par jour au cours des trois derniers mois. Avec 143 000 arrestations recensées cet été, les chiffres ont atteint leur niveau le plus élevé depuis le retour de Trump au pouvoir, en janvier 2025. Dans le même temps, les abus contre les travailleurs étrangers ou assimilés comme tels se poursuivent.
Comme le note le journal Left Voice, organisation sœur de Révolution Permanente aux États-Unis, « nous devons exiger davantage que l'abolition de l'ICE. Jessica Tisch, cheffe du NYPD, doit partir. Le SRG doit être dissous. Les centres de détention doivent être fermés et nous devons exiger le respect des droits de tous les immigrés, quel que soit leur statut juridique ou qu'ils disposent ou non de papiers. Les immigrés font partie de la classe ouvrière et de nos communautés. Nous devons abolir toutes les distinctions imposées par l'État, ainsi que les idéologies racistes et sexistes dont il se sert pour tenter de nous diviser. Nous devons nous organiser sur nos lieux de travail, dans nos écoles et dans la rue, non seulement pour lutter en faveur de nos revendications, mais aussi pour défendre nos voisins. »
Les habitants de Minneapolis nous ont donné un exemple extraordinaire de résistance à l'ICE. Ils ont créé des comités de défense communautaires pour protéger les immigrés, en organisant des débrayages dans les établissements scolaires et des grèves et en appelant les syndicats et les organisations de mouvements sociaux à mobiliser leurs forces pour lutter collectivement contre le gouvernement de Donald Trump et sa politique réactionnaire.