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Toulouse : le conseil du département de philosophie du Mirail soutient la révolte lycéenne

Tue, 13 Oct 2026 11:46:58 CEST

Révolution Permanente

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Alors que les étudiants, personnels et professeurs du département de philosophie sont en grève depuis le 5 octobre et participent activement à l'occupation du Mirail, le conseil du département réuni ce lundi 12 octobre a voté à l'unanimité une motion de soutien au mouvement. Nous la reproduisons ci-dessous.

Alors que les étudiants, personnels et professeurs du département de philosophie sont en grève depuis le 5 octobre et participent activement à l'occupation du Mirail, le conseil du département réuni ce lundi 12 octobre a voté à l'unanimité une motion de soutien au mouvement. Nous la reproduisons ci-dessous :

Motion du conseil de département de philosophie (Université Toulouse Jean Jaurès), lundi 12 octobre 2026

Le Conseil du département de philosophie de l'Université Toulouse – Jean Jaurès exprime son plein soutien à la mobilisation lycéenne et étudiante en cours, ainsi qu'aux revendications qu'elle porte en faveur d'un service public d'éducation et d'enseignement supérieur accessible à toutes et à tous, doté des moyens nécessaires à l'accomplissement de ses missions.

Le Conseil :

  • Condamne fermement la violence de la répression policière exercée depuis plusieurs semaines contre les lycéen·nes et, désormais, les étudiant·es mobilisé·es. Il condamne en particulier la décision de la présidente de l'Université Toulouse – Jean Jaurès de faire appel aux forces de l'ordre pour l'évacuation d'un bâtiment occupé le vendredi 2 octobre 2026, intervention au cours de laquelle plusieurs étudiant·es auraient notamment subi des décharges de pistolets à impulsion électrique directement sur la peau nue. Cette décision a désavoué la position de l'AG de l'UFR concernée, qui venait d'exprimer son opposition à toute intervention policière sur le campus. Le Conseil demande que toute la lumière soit faite sur ces violences et rappelle que le recours à la force et la banalisation de la présence policière sur le campus ne sauraient constituer une réponse ordinaire à la mobilisation étudiante.
  • Rappelle que les libertés d'expression, de réunion et de manifestation sont des droits fondamentaux, dont l'exercice doit être garanti, y compris aux mineur·es. La protection due aux enfants et aux adolescent·es ne saurait être suspendue au motif de leur participation à un mouvement social. Le Conseil dénonce à cet égard toute forme d'adultisme, qui consiste à disqualifier la parole et l'engagement politique des jeunes en raison de leur âge, plutôt qu'à les reconnaître comme des sujets de droits et des acteurs de la vie démocratique. Il dénonce la criminalisation de la jeunesse dont témoigne le nombre effarant d'arrestations et de gardes à vue de lycéen·nes, pratiques dignes des régimes les plus autoritaires.
  • Soutient les revendications portées par la mobilisation, qui rejoignent directement les préoccupations de l'enseignement supérieur : un investissement public d'urgence de 10 milliards d'euros et la mise en œuvre des dix mesures revendiquées, notamment la rénovation des bâtiments scolaires et universitaires et leur adaptation à la crise climatique, le recrutement d'enseignant·es et de personnels administratifs et de santé, la lutte contre la précarité lycéenne et étudiante, la mise en place d'alternatives à Parcoursup et Mon Master, l'augmentation des capacités d'accueil dans les filières universitaires et la suppression des frais d'inscription différenciés pour les étudiant·es extra-communautaires. Il demande que ces revendications soient prises en compte dans les discussions budgétaires en cours.
  • Souligne que cette mobilisation révèle des inégalités structurelles croissantes au sein du système éducatif, particulièrement sensibles dans les établissements accueillant les élèves des milieux populaires. La dégradation des conditions d'étude, les effectifs surchargés, les difficultés d'accès à l'enseignement supérieur et la sélection croissante compromettent l'égalité réelle devant l'éducation. Ces inégalités, qui se construisent dès l'enfance, ne sauraient être corrigées par la seule invocation de l'égalité des chances : elles appellent une politique résolue de réduction des inégalités sociales et scolaires.
  • Défend le maintien d'une université ouverte pendant les mobilisations, afin de préserver les espaces de débat, de délibération et d'organisation collective, mais aussi de permettre la tenue de cours alternatifs, de conférences et de discussions dans le cadre de la grève. Il s'oppose à la généralisation des fermetures administratives, qui privent la communauté universitaire de ces espaces essentiels à la vie démocratique. L'université doit demeurer un lieu de production et de transmission des savoirs, y compris lorsque les formes ordinaires de l'enseignement sont suspendues ou réinventées par la mobilisation.
  • S'oppose à toute incitation à substituer systématiquement l'enseignement à distance aux cours en présentiel en période de mobilisation. Les effets inégalitaires de ces dispositifs ont été largement documentés pendant la crise sanitaire. Leur généralisation risque de renforcer les inégalités entre étudiant·es et de compromettre les possibilités de rencontre, de discussion et d'organisation collective au sein de l'université.
  • Apporte son soutien à la mobilisation du 13 octobre 2026, ainsi qu'aux manifestations et initiatives collectives réunissant, à Toulouse comme dans le reste du pays, les lycéen·nes, les étudiant·es et les personnels de l'Éducation nationale et de l'enseignement supérieur et de la recherche.

    Le Conseil du département de philosophie réaffirme son attachement à une école et à une université publiques, démocratiques et émancipatrices, fondées sur l'égalité des droits, la liberté d'expression et la possibilité, pour toutes et tous, de participer à la vie collective.

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