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Toulouse : mobilisation historique à l'Université Paul-Sabatier contre la répression des lycéens

Tue, 13 Oct 2026 14:06:07 CEST

Révolution Permanente

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L'université de sciences Paul Sabatier connaît depuis deux semaines une mobilisation inédite. Après l'entrée des CRS sur le campus universitaire pour réprimer les lycéens mobilisés du lycée Bellevue avec l'accord de la présidence de la fac, les étudiants, personnels et lycéens se sont notamment organisés pour leur faire face, parvenant à les faire fuir vendredi 9 octobre.

Le mercredi 7 octobre, des lycéens de Bellevue étaient mobilisés pour défendre leurs conditions d'étude, dans le cadre de la révolte lycéenne nationale. Alors que certains cherchaient à se mettre à l'abri sur le campus de l'Université Toulouse III, des CRS sont entrés dans l'université. Une intervention autorisée par la présidente de l'université, Odile Rauzy. Avec son accord, des lycéens ont donc été chassés jusque sur les pelouses du campus pour être interpellés et placés en garde à vue. Des grenades lacrymogènes ont également été utilisées, provoquant la dispersion du gaz sur une partie importante de l'université.

Pour de nombreux étudiants, l'intervention des CRS sur leur campus est une offensive grave. Les vidéos de la répression ont rapidement circulé dans les différents groupes de promotion et de mobilisation de l'université.

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Un appel, relayé par les organisations étudiantes de la ville, a alors été lancé pour organiser dès le lendemain un rassemblement devant le bâtiment administratif d'UT3 afin de dénoncer la répression policière et la complicité de la présidence.

Dès les premières heures de la matinée, la mobilisation a pris une ampleur importante. Des étudiants de différentes filières, rejoints notamment par les étudiants de STAPS dont les cours avaient été annulés, ont permis de bloquer trois bâtiments de l'université. Le mouvement n'est pas resté cantonné aux points de blocage. Les étudiants ont en effet ensuite déambulé dans la faculté pour appeler à rejoindre le rassemblement prévu devant la présidence à midi. Dans les amphithéâtres comme dans la bibliothèque universitaire, l'appel à la mobilisation s'est largement diffusé, permettant d'élargir progressivement le mouvement.

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Cette dynamique, inédite à l'université Paul Sabatier, a permis de rassembler plus de 400 étudiants devant la présidence. Ils ont été rapidement rejoints par des enseignants et des personnels, qui sortaient notamment d'une assemblée générale organisée auparavant. Au cœur des discussions : la répression des lycéens, l'intervention des forces de l'ordre sur le campus et la complicité de la présidence. Les mobilisés ont notamment exigé la libération des lycéens arrêtés, l'abandon des éventuelles poursuites et le refus de l'intervention policière dans les universités.

La complicité de la présidence d' UT3 a été directement posée. Les étudiants et le personnel ont ainsi décidé d'exiger la démission d'Odile Rauzy. Cette revendication s'inscrit dans la dénonciation d'une politique répressive déjà menée par la présidence d'UT3. En 2024, la même présidente avait déjà fait intervenir les forces de l'ordre, en pleine hiver, pour expulser des mineurs isolés étrangers qui occupaient un bâtiment abandonné de l'université.

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Le lendemain vendredi 9 octobre, la police est à nouveau entrée sur le campus avec la complicité de madame Rauzy. Mais cette fois-ci, les étudiants de Paul Sabatier, épaulés par les lycéens et professeurs de Bellevue ont réussi à faire reculer la BAC suite à une chaîne humaine formée d'étudiants et enseignants.

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Cette expérience de solidarité et d'auto-organisation a atteint son point culminant dans l'Assemblée Générale le même jour, qui a réuni 400 étudiants, lycéens et personnels pour organiser la semaine de lutte à venir.

Ça n'a cependant pas suffit à décourager la police, puisque cette dernière a franchi un nouveau pas dans la répression ce lundi 12 octobre en allant jusqu'à forcer les entrées du Restaurant Universitaire Théorème pour pourchasser des lycéens et étudiants, alors qu'il avait été converti en urgence en lieu d'accueil pour les lycéens blessés.

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Devant cette répression toujours plus violente, l'auto-organisation des étudiants de Paul Sabatier, en lien avec les personnels et les lycéens de Bellevue, montre la voie pour massifier et organiser le mouvement. Le fonctionnement par AG permet d'occuper la fac pour des projections de films, l'accueil des lycéens réprimés ou des tractages envers les instituts alentour, malgré la suspension des cours par la présidence en ce début de semaine.

En rejoignant la mobilisation des lycéens et en dénonçant leur répression, les étudiants d' UT3 portent leurs propres revendications. Ils dénoncent la dégradation des conditions d'étude, la sélection et le tri social et raciste, mais aussi l'entrée croissante des entreprises privées dans l'université et la mise des savoirs au service de l'industrie de l'armement, notamment à travers les partenariats avec Thales ou Airbus. Ils revendiquent une université gratuite, ouverte à toutes et tous, et fermée aux entreprises privées.

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Ces revendications s'inscrivent dans une mobilisation déjà engagée sur le campus. Quelques semaines auparavant, des étudiants avaient bloqué un bâtiment de l'UT3 pour dénoncer l'augmentation des frais d'inscription imposée aux étudiants étrangers, mais aussi la menace d'une généralisation de ces frais à l'ensemble des étudiants.

Cette mobilisation historique de centaines d'étudiants dans une fac habituellement peu mobilisée, tout comme les plusieurs jours de blocage de l'école d'ingénieurs INSA juste en face, décidés par une AG de 200 étudiants, montrent comment le mouvement lycéen a montré la voie à d'autres secteurs de la société, les poussant à rejeter le modèle éducatif et sociétale bourgeoise desquels ils sont censés devenir les futurs cadres.

Face à la répression que subissent les lycéens et pour faire appliquer leurs revendications, il n'y a rien à attendre de la présidence ou du gouvernement. Seul un rapport de force suffisamment large permettra de les imposer. Mais pour cela, le mouvement doit aller chercher les travailleurs. C'est dans cette perspective que la mobilisation doit rejoindre l'appel à construire une semaine rouge, en faisant converger les mobilisations lycéennes et étudiantes avec celles des travailleurs.

Cette convergence doit se construire dans des cadres larges d'auto-organisation, notamment à travers les assemblées générales, afin de coordonner les mobilisations et de construire une mobilisation commune avec les travailleurs des différents secteurs, notamment celui de l'aéronautique, organiquement lié aux études scientifiques toulousaines. C'est par cette voie que l'on construira un rapport de force capable d'imposer la suppression de Parcoursup, de Mon Master et de « Bienvenue en France », ainsi que des investissements massifs dans l'enseignement public.

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