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Saignée austéritaire à Bordeaux Métropole : Cazenave annonce 182 millions de coupes budgétaires

Mon, 12 Oct 2026 12:49:18 CEST

Révolution Permanente

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Le président macroniste de Bordeaux Métropole, Thomas Cazenave annonce un plan de 182 millions d'euros de coupes budgétaires. S'appuyant sur un audit d'un cabinet de conseil privé, le maire de Bordeaux invoque une « dette historique » pour appliquer une politique d'austérité et sacrifier les services publics. Il faut préparer la riposte.

Depuis son élection en mars 2026 à la mairie de Bordeaux et à la tête de la métropole, Thomas Cazenave tente d'imposer le récit d'une métropole et d'une mairie au bord de la faillite. Dès juin 2026, ses anciens collègues de la Direction générale des Finances publiques envoyaient une lettre à la métropole pour annoncer qu'elle venait d'être inscrite dans un « réseau d'alerte », une manière de contraindre la collectivité à procéder à des coupes budgétaires.

Le récit ne prenant pas, le macroniste revient à la charge avec l'audit d'un cabinet privé qui invoque une trajectoire financière « rouge écarlate » pour justifier la mise en œuvre d'un plan de 72 millions d'euros d'économies en 2027. Brandissant le spectre d'une mise sous tutelle par la préfecture, l'ancien ministre des Comptes publics évoque même un total de 182 millions de coupes budgétaires à réaliser d'ici à 2033.

D'après les conclusions de cet audit financier commandé au géant privé du conseil EY France, présentées lors des séances budgétaires, la dette atteindrait 2,3 milliards d'euros, faisant de Bordeaux la métropole avec le niveau d'endettement le plus élevé en France.

Probablement payé près de 100 000 euros, cet audit est une illustration des méthodes du macronisme pour faire payer la crise aux classes populaires : confier à des cabinets privés le soin de couvrir des politiques d'austérité en invoquant de soi-disant fatalités techniques. De plus, le recours à EY apparaît particulièrement douteux au vu des scandales majeurs dans lesquels ce géant mondial de l'audit est impliqué, comme la faillite de la banque Lehman Brothers. Le groupe a par ailleurs été régulièrement sanctionné à travers le monde pour des affaires de blanchiment d'argent et de fraudes comptables et fiscales.

De Bercy à la métropole : la continuité d'une attaque généralisée contre les classes populaires

Cette offensive locale n'est que la déclinaison directe des méthodes appliquées au sommet de l'État. Lorsqu'il était ministre délégué chargé des Comptes publics, Thomas Cazenave prônait devant l'Assemblée nationale la maîtrise des dépenses publiques, le petit nom que le néolibéralisme donne à la destruction des services publics et des conquêtes sociales des travailleurs.

À Bercy, cette politique s'était traduite par l'annulation de plus d'un milliard d'euros d'investissements publics, touchant de plein fouet les services de secours. Quelques mois seulement après que les incendies ont ravagé Landiras en 2022, les députés macronistes – dont le maire actuel de Bordeaux – votaient contre une hausse des moyens pour les pompiers. C'est cette même logique d'assèchement des ressources publiques qui se retrouve transposée à l'échelle métropolitaine.

Un chantage à la dette pour détourner la colère

Pendant que Cazenave met en cause la création de 500 postes à la Métropole pour expliquer le déficit, la majorité macroniste locale n'a pas hésité, dès le début du mandat, à revaloriser de plus de 14 % les indemnités de ses propres élus. Ainsi, pendant que les agents municipaux font face au gel des salaires et que les usagers subissent la précarisation des services publics, le maire de Bordeaux perçoit, grâce au cumul de ses deux mandats locaux, près de 8 500 euros bruts par mois. Plutôt que de s'attaquer aux profits ou à la spéculation immobilière qui asphyxie les habitants, l'exécutif bordelais choisit de faire payer la crise aux usagers et aux travailleurs.

Alors que, nationalement, les macronistes préparent une cure d'austérité de 54 milliards d'euros, cette offensive généralisée des classes dominantes pour faire payer la crise aux travailleurs rencontre un obstacle de taille. Une colère grandissante se fait sentir dans tout le pays tandis que la révolte des lycéens secoue la fin du règne de Macron.

Face à cette séquence, le mouvement lycéen et étudiant doit s'atteler à construire une semaine rouge, qui cherche à faire la jonction avec le monde du travail. C'est cette alliance stratégique qui permettra d'unir contre le macronisme et son monde la jeunesse révoltée et l'ensemble des secteurs de la classe ouvrière – agents métropolitains, enseignants, soignants, cheminots, énergéticiens. Malgré les manœuvres des bureaucraties syndicales pour empêcher l'unification des colères dans la rue et enjamber le 17 octobre, il faut s'appuyer sur la détermination des lycéens et des étudiants pour faire de cette date un point d'appui dans la lutte contre toutes les attaques antisociales et antiouvrières du gouvernement.

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