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Lycée Jean Macé à Rennes : malgré la répression et les menaces, les lycéens poursuivent la mobilisation

Mon, 12 Oct 2026 19:40:55 CEST

Révolution Permanente

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Ce lundi 12 octobre, plusieurs centaines de lycéens étaient présents au blocage du lycée Jean Macé, dans le centre de Rennes. Malgré des intimidations de la part des policiers et des automobilistes ayant tenté de percuter des lycéens, la mobilisation se poursuit pour des conditions d'études dignes et contre le tri social.

Alors que la mobilisation lycéenne continue de traverser l'ensemble du pays, le lycée Jean Macé à Rennes a été bloqué avec succès ce lundi matin. Plusieurs centaines de lycéens ont refusé d'aller en cours pour protester contre les coupes budgétaires, le manque de personnel éducatif et les violences policières.

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Comme lors des précédents blocus, la répression policière s'est poursuivie ce matin, avec plusieurs dizaines de CRS et un canon à eau près du lycée Jean Macé pour intimider les lycéens. Plus tard dans la matinée, au lycée Louis Guilloux, des policiers ont interpellé plusieurs lycéens. Plusieurs agents de police étaient équipés de lanceurs de balles de défense (LBD), soit l'arme utilisée par un policier à Tours qui a éborgné Maël. À la répression policière s'ajoute la répression scolaire : au lycée Descartes, situé au sud de la ville, le proviseur menace de ne pas justifier les absences pour faire pression sur les lycéens qui osent se mobiliser pour de meilleures conditions d'études et un avenir juste. Il s'agit de décourager les lycéens de se révolter.

D'autre part, les lycéens ont du faire face à une attaque très violente de la part d'un automobiliste qui a tenté de les percuter en leur fonçant dessus avec son véhicule, avant de faire demi-tour.

Une semaine plus tôt, les représentants locaux du gouvernement avaient tenté une manœuvre contre le mouvement, en organisant des négociations entre les lycéens, le rectorat et le sous-préfet. « Pendant deux heures, on nous a ri au nez », déplore un jeune mobilisé auprès de Révolution Permanente. « Ils nous ont dit que les 3000 postes de profs supprimés, ça n'existait pas. » Plusieurs lycéens ont dénoncé le discours méprisant et infantilisant des représentants du rectorat et de la préfecture au cours de ces entretiens. Selon le sous-préfet Gabriel Morin, les faits de violences policières contre les lycéens sont « non-documentés ». Un crachat au visage des personnes mutilées, éborgnées et agressées par des policiers ces trois dernières semaines. Une démonstration supplémentaire que le « dialogue » avec les représentants du gouvernement est un outil pour canaliser le mouvement et freiner son extension.

Malgré ces tentatives de canalisation du mouvement par le gouvernement et à la veille d'une journée de grève dans l'Éducation et l'Enseignement supérieur, les manœuvres des directions syndicales qui cherchent à enjamber le 17 octobre et refusent de construire un plan de bataille sérieux constituent de réels dangers pour la poursuite du mouvement et sa radicalisation. Dans le même temps, les manoeuvres de certains syndicats étudiants ou lycéens qui présentent leur propre liste de revendications sans jamais la soumettre aux Assemblées générales qui ont lieu dans le pays font signe vers la nécessité de s'appuyer sur des cadres d'auto-organisation démocratiques dans lesquelles toutes les demandes peuvent être validées par les lycéens et les étudiants en lutte. De ce point de vue, les discours qui présentent l'auto-organisation et les AG comme des formes de lutte moins radicales que les mobilisations de rue et qu'il faudrait abandonner constituent une impasse dangeureuse qui laisse le mouvement exposé à ces formes de canalisations.

Après la semaine noire qui a vu des centaines de milliers de jeunes bloquer leurs établissements et prendre la rue en solidarité avec les lycéens mobilisés, il faut chercher à coordonner par en bas les secteurs en lutte et faire entrer le mouvement ouvrier dans la bataille pour construire une véritable semaine rouge capable d'imposer un rapport de force à une échelle supérieure.

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