Fac du Mirail occupée : 700 personnels et étudiants votent la grève en soutien aux lycéens !
Mon, 12 Oct 2026 23:11:12 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalPlus de 700 étudiants et personnels se sont retrouvés en assemblée générale ce lundi 12 octobre au sein du Mirail occupé. Ils ont notamment voté la grève pour les prochains jours et des revendications communes contre Parcoursup, Bienvenue en France et pour une université débarrassée de la sélection.

Alors que le bâtiment de l'accueil de l'université du Mirail est occupé depuis mardi 6 octobre par les étudiants mobilisés qui entendent apporter leur soutien symbolique et matériel aux lycéens révoltés, il a accueilli ce lundi 12 octobre la toute première AG réunissant à la fois étudiants et personnels. Au total, plus de 700 personnes ont ainsi été au rendez-vous, remplissant presque entièrement le Grand Amphithéâtre, réquisitionné pour l'occasion.
Cette AG réunissant étudiants et travailleurs grévistes est non seulement la première de cette sorte dans le mouvement actuel, mais aussi une avancée extrêmement progressiste par rapport aux mobilisations passées. En effet, l'occupation du bâtiment Gai Savoir lors de la bataille contre la réforme des retraites en 2023 avait par exemple été marquée par une opposition franche entre étudiants bloqueurs et membres du personnels, une division savamment entretenue par la présidence. Cette fois-ci, la situation est donc totalement différente, notamment grâce à la politique d'occupation ouverte qui a efficacement permis de contrecarrer la rhétorique de la présidente.
L'assemblée générale a acté une série de revendications communes aux étudiants et aux travailleurs, sur la base desquelles ces derniers ont voté la reconduction de leur grève jusqu'à leur prochaine AG mercredi. On y retrouve ainsi la suppression de Parcoursup, l'abrogation de « Bienvenue en France », le refus du vote sur les capacités d'accueil limitée, le remplacement de 100% des postes vacants de personnels enseignants et BIATSS, l'abrogation du décret sur l'abaya et de la loi de 2004 sur les « signes religieux ostentatoires », la nationalisation des bâtiments de la fac, la gratuité des transports, la gratuité du service d'enseignement à distance (SED), la suppression des frais à la charge des étudiants, l'application réelle des congés menstruels, la nationalisation de Vinci et la non-comptabilisation dans les critères de Parcoursup du premier semestre ou trimestre de l'année.
L'assemblée générale à adopté une lettre ouverte à la présidence pour dénoncer la répression policière sur le campus et appeler à la mobilisation. La lettre énonce ainsi « Madame la Présidente, notre responsabilité collective n'est pas de reprendre les cours et nos activités administratives et pédagogiques ou de recherche comme si de rien n'était. Non ! Notre responsabilité est de soutenir sans faille - aucune - notre jeunesse en lutte et nous appelons l'ensemble de la communauté à se réunir autour de ce projet pour notre futur à tous et toutes. »
L'assemblée a acté la nécessité de continuer d'amplifier la mobilisation. Pour ce faire, elle a tout d'abord discuté et voté des tactiques visant à permettre à tous les étudiants et lycéens de se mobiliser. Dans cet objectif, il a été voté de faire depuis l'occupation des pôles de « blocage virtuel » des cours en distanciel. Pour amplifier la mobilisation il a aussi été décidé d'avancer dans sa structuration nationale, raison pour laquelle l'AG a appelé à la constitution d'une Coordination Nationale Étudiante qui pourrait être accueillie par le Mirail le 19 octobre. Enfin, il a été convenu que l'extension du mouvement au monde du travail est une tâche-clef. C'est pourquoi il a été décidé d'organiser plusieurs diffusions de tract pour appeler au 17 octobre devant les lieux de travail.
Alors que des menaces voilées de la présidence commencent à poindre sur une potentielle répression de l'occupation dans les prochains jours, l'assemblée d'aujourd'hui montre que nous pourrons résister si nous parvenons à maintenir l'unité entre étudiants, personnels et professeurs.
Nous relayons ci dessous la lettre à la présidence votée par l'Assemblée
Crédits photo : @shootbyeste

