Retour

Brésil. Des milliers de jeunes mobilisés à Rio contre l'extrême droite avant le second tour des élections

Fri, 09 Oct 2026 21:24:24 CEST

Révolution Permanente

Ouvrir l'original

Mercredi 7 octobre, des milliers d'étudiants et de lycéens ont manifesté dans les rues de Rio de Janeiro contre Flávio Bolsonaro et ses alliés d'extrême droite. Pour contrer ces derniers, il faut amplifier la lutte afin d'en faire une mobilisation nationale, indépendante et anti-impérialiste. Elle doit refuser toute soumission à Trump et exiger l'abolition immédiate de la semaine de 6 jours.

Mercredi 7 octobre, des milliers d'étudiants et de lycéens ont défilé dans le centre de Rio de Janeiro, à l'appel de l'Union nationale des étudiants (UNE), dont fait partie l'Étincelle révolutionnaire (faísca revolucionária), l'organisation-soeur du Poing Levé au Brésil. Trois jours plus tôt, Flávio Bolsonaro, fils de l'ex-président d'extrême droite, était arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle avec 47 % des voix, contre 45 % pour Lula. Le second tour aura lieu le 25 octobre.

Mais derrière Flávio Bolsonaro, il y a surtout Donald Trump, qui veut faire de l'Amérique latine sa chasse gardée. Après l'enlèvement de Maduro au Venezuela et le durcissement de l'embargo contre Cuba, il multiplie les ingérences au Brésil, à coups de droits de douane qui frappent d'abord la classe ouvrière. Son objectif dans le pays est de mettre la main sur le pétrole et les terres rares, avec Flávio Bolsonaro comme relais.

Comment l'extrême droite a-t-elle pu arriver en tête ? Pour nos camarades du Mouvement Révolutionnaire des Travailleurs (MRT), notre organisation sœur au Brésil, ce n'est ni une affaire de « mauvaise communication « ni la faute du peuple ». La responsabilité revient d'abord à Lula et à sa politique de conciliation de classes : pour battre Bolsonaro en 2022, il s'est allié à des partis de droite au sein d'un « Front large », avec lequel il gouverne depuis. En quatre ans au pouvoir, ce gouvernement n'est revenu sur aucune des contre-réformes de ses prédécesseurs, Michel Temer et Jair Bolsonaro. Il n'a cessé de repousser sans cesse la fin du 6x1, cette semaine de six jours de travail pour un seul jour de repos, pour arranger ses alliés de droite. Et surtout, il a tout fait pour réprimer les luttes. C'est cette politique qui a ouvert la porte à Bolsonaro fils, en lui laissant capter la colère de millions de travailleurs précaires.

Les institutions du régime ne sont d'aucun secours non plus. Une grande partie de la gauche mise pourtant sur le Tribunal suprême fédéral (STF), la plus haute cour du pays. Elle y voit un rempart contre l'extrême droite depuis qu'il a condamné Jair Bolsonaro à 27 ans de prison pour tentative de coup d'État. Mais c'est ce même tribunal qui, en 2016, avait orchestré avec le soutien de l'armée le coup d'État institutionnel contre Dilma Rousseff, la présidente issue du parti de Lula. Il a ensuite permis l'emprisonnement arbitraire de Lula, ce qui l'a écarté de la présidentielle et a ouvert la voie à la victoire de Jair Bolsonaro. Le STF n'est pas notre allié.

Face à Flávio Bolsonaro, la seule voie est donc celle d'une mobilisation indépendante et anti-impérialiste. Cela commence par exiger des directions syndicales et de l'UNE un véritable plan de bataille, pour que les travailleurs et la jeunesse pèsent de tout leur poids dans la situation. C'est la seule manière d'arracher la fin immédiate du 6x1 et frapper au portefeuille ceux qui soutiennent le candidat d'extrême droite. Pour y parvenir, il s'agit de transformer le découragement et le scepticisme en organisation, autour d'un programme pour notre classe. C'est ce qui a manqué ces dernières années. Le MRT appelle donc tous ceux qui refusent la progression de l'extrême droite à s'organiser sur chaque lieu de travail et d'étude. Car quelle que soit l'issue du 25 octobre, il faudra affronter le Congrès, les gouverneurs élus et un régime toujours plus soumis à l'impérialisme, qui s'attaque aux conditions de vie et de travail.

/ / / / / /