De la voiture bélier aux lacrymogènes : à Dunkerque, les lycéens traqués par la police
Thu, 08 Oct 2026 23:24:42 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe lundi 5 octobre, une jeep de la police nationale a foncé sur des lycéens mobilisés à Dunkerque. Sur les images qui ont fait le tour des réseaux sociaux, le voiture bélier charge les jeunes sans ménagement et aurait pu causer un drame le jour même où un lycéen a perdu sa main à Lens.

Le même jour où un lycéen perdait sa main à Lens dans le Nord suite à l'explosion d'une grenade lancée par la police, un autre drame aurait également pu se produire à Dunkerque. Sur les coup de 12h30, après une matinée entière de répression policière dans le quartier de la Basse-Ville, les jeunes ont été chargés par une voiture bélier de la police. « On va leur mettre dans la gueule » hurle un policer avant de monter dans le véhicule et d'accélérer en direction des jeunes regroupés devant l'église Saint-Martin. La vidéo a rapidement fait le tour des réseaux sociaux et s'ajoute aux six autres cas de voitures bélier recensés par le média Contre Attaque. Un témoignage glaçant de la surenchère de brutalité de la répression depuis le début du mouvement.
Le véhicule, une jeep grillagée, habituellement déployée sur la plage de Dunkerque pour traquer les migrants qui tentent de passer la frontière, était mobilisée ce lundi 5 octobre pour ravitailler les forces de répression en gaz lacrymogènes. Depuis le matin, les lycées Vauban et de l'Epid étaient bloqués par les lycéens qui cherchaient à converger. Les forces de polices ont empêché toute jonction entre les jeunes des deux établissements, mobilisés pour la troisième journée consécutive. Au final, la Basse-Ville s'est transformée en zone de « chasse aux jeunes » avec des tirs tendus de lacrymogène qui ont inondé ce quartier habituellement tranquille de Dunkerque.
Les jeunes ont riposté par des manifestations sauvages allant d'un lycée à un autre. Les forces de répression tentaient de séparer les groupes et cortèges. Entre deux tirs tendus, les feux de poubelles et barricades dressées par les jeunes répondaient tant bien que mal à l'étau policier qui ne cessait de se refermer sur eux. Un jeune est interpellé sur les coups de 11h30 par deux motards de la police avant d'être exfiltré en camion. Les groupes sont dispersés à coup de lacrymogène. Une dernière barricade est alors montée rue de Paris à l'aide de quelques poubelles et grilles de chantier. La jeep de la police charge alors le rassemblement et manque plus d'une fois de percuter les jeunes mobilisés. Dans une ville endeuillée par la mort de Djamel Bendjaballah, écrasé il y a deux ans par la voiture d'un néo-nazi, les images de cette charge d'une voiture bélier de la police témoignent du saut répressif et de la violence décomplexée de la police.
Crédits photo : Capture d'écran FranceInfo.