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Éducation : les AG en Île-de-France font le plein et appellent à la grève dès jeudi

Wed, 07 Oct 2026 17:00:13 CEST

Révolution Permanente

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Alors qu'une grève était appelée mardi 6 octobre en soutien au mouvement lycéen, plusieurs centaines de personnes se sont réunies dans les AG du 93, du 95 et de Paris, autour de la perspective d'une nouvelle journée de grève le jeudi 8 octobre et d'un élargissement des secteurs en lutte.

Autour de la journée de grève du 6 octobre appelée par les principaux syndicats de l'éducation nationale, de nombreux personnels dans les établissements d'Île-de-France se sont réunis en assemblée générale et ont appelé à coordonner ces AG d'établissements par des AG inter-établissements au niveau départemental. Ainsi, lundi 5 octobre, 200 personnels de l'éducation, parents et lycéens du 93 se sont réunis en AG à Saint-Denis et 100 personnes à Paris. Le 6 octobre, ils étaient 300 réunis à Sarcelles pour l'est du 95 et 200 pour l'AG de la ville de Montreuil.

En banlieue nord, le mouvement se structure par en bas et pose la question de son élargissement

A Sarcelles, 300 personnels de l'éducation, lycéens, parents et travailleurs étaient réunis avec des délégations de nombreux établissements de l'est du Val d'Oise. L'AG a voté pour « la reconduction de la grève le jeudi 8 octobre » ainsi qu'une nouvelle AG le jeudi 8 pour décider de la suite du mouvement. L'assemblée générale dénonce la date du 5 novembre posée par l'intersyndicale, comme une date complètement déconnectée du mouvement en cours, et qui laisse la mobilisation lycéenne dans l'isolement. Le nombre de participants à l'AG montre une extension de la mobilisation qui a été soulignée ainsi qu'une volonté nette de s'organiser. Des interventions ont aussi porté sur la nécessité de se lier au mouvement étudiant et au mouvement ouvrier en réalisant des tracts et des tournées.

A Saint-Denis, 200 personnels de l'éducation, élèves, étudiant·es, parents et habitants de la ville se sont réunis pour définir une stratégie pour construire le mouvement. Parmi les revendications communes adoptées par l'assemblée générale, ressortent « la rénovation de l'ensemble du bâti, les horaires décents, l'embauche massive de personnels pour garantir des profs pour tous les cours ainsi que des pôles médico-sociaux avec suffisamment d'infirmières scolaires ». L'AG s'est accordée sur un départ commun du 93 depuis Saint-Denis pour se rendre à la manifestation parisienne, puis sur un appel à une nouvelle AG le mercredi 7 octobre pour préparer la suite de la mobilisation et notamment la journée du 8 octobre.

La critique de la date du 5 novembre était également partagée dans l'AG de la ville de Montreuil, dans laquelle 200 travailleurs de l'éducation, lycéens, parents sont partis en manifestation depuis l'AG pour rejoindre Paris. Les personnels du lycée Jean Moulin de Montreuil ont notamment partagé la motion qu'ils ont adopté, dans laquelle ils dénoncent la date du 5 novembre de l'intersyndicale et appellent à la grève le jeudi 7 octobre.

Construire la mobilisation par en bas pour ne pas attendre le 5 novembre !

Alors que l'intersyndicale avait initialement appelé à une prochaine journée le 5 novembre, soit dans un mois, c'est dans les AG inter-établissements qu'a d'abord commencé à exister la date du 8 octobre. Une nouvelle journée de grève et de manifestation à laquelle se sont ensuite joints plusieurs syndicats de l'éducation (le Snes-FSU, la CGT, FO et Sud). Une avancée qui permet non seulement de ne pas laisser le mouvement lycéen isolé, mais également de continuer de le construire dans la durée.

En effet, le mouvement en est à sa deuxième semaine et a connu une extension rapide, et les prochaines journées apparaissent cruciales. Le gouvernement multiplie les tentatives pour l'étouffer en déployant une répression massive, des cadres vides de discussion pour le canaliser, et en imposant brièvement le distanciel pour empêcher les réunions devant les établissements. Alors que Sébastien Lecornu annonce des temps banalisés de "démocratie interne" au sein des lycées, tout en laissant lettre mortes l'ensemble des revendications, et que l'intersyndicale n'appelle à une véritable date interprofessionnelle que le 5 novembre, il faut refuser ces mascarade qui vise encore à étouffer le mouvement.

Dans ce contexte, les AGs inter-établissements constituent des lieux où élèves, personnels, parents, mais aussi étudiants et travailleurs peuvent se retrouver pour discuter de la suite à donner à la mobilisation, et notamment de son élargissement aux secteurs du mouvement étudiant et du mouvement ouvrier. Ces cadres constituent également bien souvent les premières expériences d'auto-organisation des jeunes lycéens qui peuvent ainsi y nouer des liens, s'y organiser face à la répression, et y apporter toute leur détermination et la radicalité de leurs revendications.

La volonté de jouer un rôle dans le mouvement et de le construire par en bas, dans les établissements et dans des coordinations locales est une force, et doit se poursuivre dans les AG de jeudi 8 octobre et des prochains jours. Les assemblées générales doivent s'appuyer sur une auto-organisation au sein des établissements, suffisamment représentative pour que les AG puissent se construire partout où ce n'est pas encore le cas.

L'exemple des travailleurs du rail venus en soutien des lycéens de Feyder à Epinay-sur-Seine montre que les assemblées générales peuvent s'élargir au reste du mouvement ouvrier. Cet élargissement sera un élément clé pour déterminer des suites du mouvement. En cela, la date du 17 octobre, qui a déjà cristallisé beaucoup de colère autour de la question de l'inflation des prix du carburant, peut elle aussi devenir un point d'appui dans la massification du mouvement et l'extension de ses revendications, afin d'imposer le rapport de force le plus offensif possible.

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